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AVANT/APRÈS. De décharge à lieu de promenade en pleine forêt : l’évolution de l’Arche de la nature... |
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L’Arche de la nature n’est devenue Arche de la nature qu’en 1996. © Archives Le Maine Libre - Hervé PETITBON
LE MANS À TRAVERS LE TEMPS. Le Maine Libre vous propose de revisiter les grands sites du Mans et de sa métropole à travers le temps. Comment a évolué l’Arche de la nature depuis les années 1950 ? On rembobine.
Qu’est-ce que l’Arche de la nature ?
L’Arche de la nature se définit sur son site internet comme  un espace naturel de 500 hectares géré par Le Mans métropole et situé aux portes du MansÂ
. En réalité situé à cheval sur les communes d’Yvré-l’Évêque, Changé et Le Mans.
Ouverte gratuitement toute l’année, elle permet aux randonneurs, joggeurs et cyclistes d’y arpenter ses nombreux sentiers mais aussi aux familles de venir se cultiver et rencontrer des animaux. Le temps d’une escapade en pleine nature à quelques minutes du centre-ville manceau.
Quand a-t-elle été créée ?
Des randonneurs habitués du lieu se sont récemment interrogés sur son histoire. De leurs interrogations est née une monographie, publiée en octobre 2025 sur son site internet. On y apprend  qu’une partie des prairies, terres et bois composant l’Arche de la nature appartenaient autrefois à l’Abbaye de l’ÉpauÂ
. Construite à la demande de la Reine Bérengère au début du XIIIe siècle, elle est initialement entourée de près de 30 hectares d’espaces verts auxquels s’ajoutent au fil des ans de nouvelles terres achetées par les moines.
L’abbaye devient propriété du Département en 1959. Ses bâtiments retrouvent une fonction bien définie, mais pas les terres qui l’entourent. Dans les années 1960, carrières non déclarées, carcasses de voitures ou dépôts de déchets s’y amoncellent.  Les propriétaires des parcelles s’étaient illégalement appropriés les chemins ruraux tel que le Chemin aux BÅ“ufs, poursuit la brochure. Entre 1962 et 1972, 15 % de la forêt est déboisée.Â
C’est en 1972 que la communauté urbaine du Mans (ex Le Mans métropole) achète 250 hectares situés à Changé.
Son président, Jacques Maury, affiche alors l’ambition de  lutter contre la destruction de l’environnement et offrir un espace aux habitants de l’agglomération mancelle pour respirerÂ
. Des circuits sont aménagés pour les promeneurs et les sportifs, ainsi que des aires de pique-nique, de jeux ou de stationnement.
La collectivité achète 200 hectares supplémentaires en 1994, cette fois à Yvré-l’Évêque. Les bois de Changé deviennent alors les bois de l’Épau, puis l’Arche de la nature en 1996 quand les élus décident  de consacrer ces 450 hectares de verdure à la découverte de la natureÂ
.
Passez votre souris ou votre doigt si vous naviguez sur un smartphone ou une tablette pour voir, à l’aide de la loupe, l’évolution du lieu entre 1950-1965 et aujourd’hui.
Quelles sont les principales évolutions ?
Aujourd’hui, l’Arche de la nature est divisée en plusieurs sections autour de la Maison de l’eau, la Maison de la prairie et la Maison de la forêt. La monographie rédigée grâce aux randonneurs amateurs explique que  l’idée est de proposer des activités pédagogiques et ludiques autour de trois thématiques : eau, forêt et bocageÂ
. C’est ainsi que sont nées les premières fêtes qui animent encore le site aujourd’hui : fête de la pomme ou fête du pain.
LA MAISON DE L’EAU
Elle est la première des trois à voir le jour, en 1997, installée dans l’ancienne usine des eaux inaugurée en 1906. Depuis janvier 2024, une nouvelle unité de production d’eau potable a été inaugurée juste à côté. Un projet à 28 millions d’euros pour alimenter 110 000 foyers.

La Maison de l’eau a ouvert en 1997. Archives Le Maine Libre - Yvon LOUÉ
À la Maison de l’eau, les visiteurs peuvent découvrir de grands aquariums, l’histoire de l’ancienne usine des eaux et son fonctionnement et une exposition permanente sur l’énergie. En lien avec l’énergie toujours, une éolienne Bollée a été installée à l’entrée de Maison de l’eau en 2007, des panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité depuis 2009 et une micro-centrale hydroélectrique est en fonction depuis 2015.
Depuis mars 2024, la Maison de l’eau est protégée au titre des monuments historiques par la direction régionale des affaires culturelles,  une belle reconnaissance pour notre patrimoineÂ
, se réjouissait Le Mans métropole. Des travaux ont été lancés en parallèle fin 2024 et fin 2025 pour installer une passe à poissons leur permettant de passer le barrage sur l’Huisne, rénover des parties du barrage (dévidoir et clapet de 1943) et remettre en état les berges.
LA MAISON DE LA PRAIRIE
Peu de temps après la Maison de l’eau, la Maison de la prairie a ouvert ses portes entre 1997 et 1998 et accueille des animaux  de races rustiques à faible effectifÂ
dans sa ferme conservatoire, de ses ruches, de ses arbres ou de son potager, agrandis au fil du temps.

La Maison de la prairie permet de découvrir des races rares, comme le porc de Bayeux. Archives Le Maine Libre - Denis LAMBERT
Le programme de conservation est installé dans une ancienne ferme  qui figure sur le plan cadastral de 1845Â
, selon la monographie publiée sur le site de l’Arche de la nature.
LA MAISON DE LA FORÊT
La dernière venue de l’Arche de la nature a été inaugurée en juin 2013 au cœur de 300 hectares de forêt.
 Sur une superficie de 180 m², les visiteurs peuvent découvrir en suivant un chemin forestier les nombreux animaux sauvages (vivants ou naturalisés) et les essences végétalesÂ
, expliquent ses gestionnaires sur leur site.

La Maison de la forêt a été inaugurée en juin 2013, coût pour Le Mans métropole : 1,79 million d’euros. Archives Le Maine Libre - Denis LAMBERT
La série Le Mans à travers le temps
Depuis 2024, Le Maine Libre vous permet de retracer l’histoire des différents quartiers du Mans et de l’agglomération mancelle.
Dans cette série, ont déjà été publiés :
- Place des Jacobins-Quinconces : quand le patrimoine rencontre la modernité
- La zone nord du Mans : en 40 ans, un pôle commercial devenu géant
- Du stade Léon-Bollée à un ensemble immobilier
- Gare du Mans : comment l’arrivée du TGV a métamorphosé le quartier
- Les Sablons, une ville dans la ville
- L’université du Mans : un campus développé en pleine campagne
- La place de la République : centre névralgique du Mans
- Au Mans, un parc d’attractions au cœur des champs
- Circuit, stade Marie-Marvingt, Antarès : un quartier dédié au sport aux portes du Mans
- En 130 ans, l’hôpital du Mans a plus que doublé sa capacité d’accueil
- Le parc du Gué-de-Maulny devenu l’un des poumons verts du Mans