|
AVANT/APRÈS. En 130 ans, l’hôpital du Mans a plus que doublé sa capacité d’accueil... |
5
Mai 2013. Le bâtiment du Fontenoy est reconnaissable par sa forme en X. © Archives Le Maine Libre – Denis LAMBERT
LE MANS À TRAVERS LE TEMPS. Le Maine Libre vous propose de revisiter les quartiers et grands sites du Mans selon les époques. Parmi eux, l’hôpital du Mans, construit en 1891 et fruit d’une transformation quasi continue.
Qu’est-ce que l’hôpital du Mans ?
Le centre hospitalier du Mans propose aujourd’hui 1 600 lits – contre 700 à l’origine – répartis en plusieurs pôles. En plus de 130 ans, il s’est étoffé et accueille chaque année 3 500 naissances, 100 000 hospitalisations, autant de passages aux urgences, 22 000 interventions chirurgicales et 330 000 consultations.
Il est aussi présenté comme l’un des plus grands centres hospitaliers non universitaires du pays et le premier employeur de Sarthe avec ses 4 700 professionnels.
Passez votre souris ou votre doigt si vous naviguez sur un smartphone ou une tablette pour voir, à l’aide de la loupe, l’évolution du lieu entre 1950-1965 et aujourd’hui.
Quand a-t-il été construit ?
Pour remonter à ses origines, il faut faire un bond de quatre siècles en arrière. À la fin des années 1650, le roi Louis XIV fait publier un édit imposant la création d’établissements uniques  destinés à accueillir les pauvres valides ou invalides, sous le titre d’Hospital GénéralÂ
, rappelle l’association Patrimoine Le Mans Ouest dans une brochure parue en septembre 2017 et intitulée « L’histoire de l’hôpital du Mans ». Il est construit en centre-ville du Mans,  entre l’actuelle rue Gambetta et la butte du GreffierÂ
. Le chantier dure plus d’un siècle, tous les malades y seront transférés à l’été 1789.
Plus tard, alors que la ville est en plein essor, il faut rénover l’établissement pour accueillir davantage de patients. Mais les terrains du cœur de ville gagnent en valeur : l’hôpital déménage le 12 juillet 1891 à sa place actuelle, sans faire l’unanimité. On craint que les vents n’apportent les maladies en centre-ville. Pourtant, deux ans plus tard, l’établissement est classé comme l’un des  plus beaux hôpitaux de France ».
Il compte alors douze pavillons.  On y accède par des galeries métalliques couvertes donnant sur la cour d’honneur. Ces galeries sont en partie encore existantes.Â
À l’écart, des pavillons  plus petitsÂ
accueillent une première maison mortuaire, une maternité et un service réservé  aux idiots et aux idiotesÂ
. Le pavillon Marjolin est créé en 1906 pour la chirurgie infantile ainsi qu’un premier ancêtre de maison de retraite. En 1929, une première école d’infirmières s’installe à l’hôpital. L’institut de formation en soins infirmiers et d’aides soignantes y est encore implanté.
Quelles sont les principales évolutions ?
Au début des années 1930, un service de chirurgie arrive dans le pavillon Sergent. À partir de 1945, le nombre de patients recommence à croître. La date correspond aussi à celle de la commercialisation de la pénicilline et à la création de la Sécurité sociale :  La médecine et la chirurgie vont connaître des progrès exceptionnels nécessitant une modernisation et restructuration des Hospices du Mans.Â
Un nouveau bâtiment chirurgical est construit avec 200 lits, il ne déménagera que près de 40 ans plus tard pour intégrer le Fontenoy puis le bâtiment Monet en 2001. Le bâtiment Sergent – désaffecté depuis des années – est quant à lui détruit en 2016.  Ce pavillon chirurgical dans lequel les très nombreux blessés du terrible accident des 24 Heures du Mans en 1955 avaient été accueillis, a disparu du paysage du site hospitalier. Une page de l’histoire de l’hôpital du Mans s’est tournée.Â
Dans les années soixante, l’hôpital s’étend avec de nouveaux bâtiments dont une maison de retraite médicalisée mais qui reste insuffisante.  On choisira alors le site d’Allonnes pour y installer le service de gériatrie Charles-Drouet, ouvert en 1973Â
. Dans la décennie suivante, plusieurs bâtiments sortent de terre comme le pavillon Pasteur (néphrologie) ou le bâtiment Reilly (endocrinologie, diabétologie, hématologie et oncologie). C’est aussi à cette période qu’est créé le service d’urgences médicales (1974) ainsi que le Samu (1970).
L’inauguration du Fontenoy, le 4 novembre 1983, crée l’effervescence au Mans. Sa structure en X – avec un hall d’entrée qui dessert tous les services – en fait un bâtiment reconnaissable. De nouveaux chantiers s’engagent ensuite : la gériatrie à Léonard-de-Vinci et Michel-Ange, la néphrologie, le centre de transfusion sanguine, la nouvelle chaufferie, l’internat et le service de pédiatrie.

Le Fontenoy a été inauguré en novembre 1983. Archives Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Le bâtiment Claude-Monet est inauguré en 2001 pour héberger les activités de médecine puis un bloc de chirurgie ambulatoire en 2003. Le bâtiment Pablo-Picasso, qui accueille les malades d’Alzheimer, est, lui, ouvert en 2008 alors que les anciens pavillons Sergent, Behier et Henri-Ey sont détruits.

Le bâtiment Aliénor a accueilli ses premières patientes en mai 2009. Archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
En 2009, le pôle Femme-Mère-Enfant « Aliénor » ouvre rue de Degré avec en son sein une maternité de niveau 3 et tous les services associés. Ce bâtiment est le fruit d’une longue évolution depuis l’accueil des premières femmes enceintes dans un hospice manceau en 1821, la création d’une première maternité en 1880 ou la construction d’un bâtiment dédié en 1954, rue de la Maison-Neuve, au gré de l’évolution de la société (autorisation de l’interruption volontaire de grossesse, évolution de la contraception, des techniques de fécondation, de la surveillance de la grossesse et de la préparation à l’accouchement).

Mai 2017. Au premier plan, le Fontenoy avec sa forme en X, prolongé par Monet. Derrière, en bleu, le pôle femme-mère-enfant Aliénor. Le bâtiment Madeleine-Brès a ensuite été construit dans le prolongement de Monet, devant lequel a enfin été érigé Plantagenêt. Archives Le Maine Libre – Denis LAMBERT
En 2020, le nouveau bâtiment d’hospitalisation Madeleine-Brès sort de terre, avant le bâtiment Plantagenêt en 2021 (consultations, ambulatoire, hospitalisation de jour). Un an plus tard, c’est le centre d’enseignement et de soins dentaires qui reçoit ses premiers patients.
Dernier né, le centre de cancérologie de la Sarthe accueille ses premiers patients en octobre 2022. Il résulte d’un partenariat inédit noué avec les cliniques Victor-Hugo et Jean-Bernard.
Par ailleurs, l’hôpital, qui avait déjà son arrêt de tram, bénéficie depuis la fin du mois d’août 2023 d’une halte ferroviaire, sur les lignes Le Mans – Laval et Le Mans – Caen.

Le centre de cancérologie de la Sarthe a ouvert en 2022, route de Degré. Photo archives Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Passez votre souris ou votre doigt si vous naviguez sur un smartphone ou une tablette pour voir l’évolution du lieu, à l’aide de la loupe, entre 1950-1965 et aujourd’hui.
Et maintenant ?
En 2021, l’hebdomadaire Le Point classait le centre hospitalier manceau en 49e place des hôpitaux de France, sur 262 évalués. L’établissement ne compte pas arrêter sa transformation. En septembre 2023, par exemple, le conseil communautaire de Le Mans Métropole a voté un plan d’investissement jusqu’en 2025. 9,5 millions d’euros qui doivent soutenir huit projets d’un coût total de 48,5 millions d’euros.
Le @CHLeMans se classe 49ème au tableau d'honneur des meilleurs hôpitaux de France. Retour sur le #PalmaresHC 2021 par le magazine @LePoint.
— Centre Hospitalier du Mans (@CHLeMans) September 28, 2021
Un grand merci à toutes les équipes du @CHLeMans pour leur investissement ! ??
#lemansvotrehopital pic.twitter.com/oT3d07aTYJ
Parmi eux : la construction d’un nouveau bâtiment pour les internes, la construction d’une crèche mais aussi l’achat d’un robot de chirurgie pour attirer de jeunes professionnels et assurer la pérennité de l’établissement.
Autre projet à côté de l’hôpital, celui porté par la fondation Georges-Coulon, qui envisage d’ouvrir d’ici à 2028 un établissement à côté du centre de cancérologie, doté de 123 lits, dont 48 pour la cancérologie, 50 en gériatrie, et 25 polyvalents.
Le Mans à travers le temps
La rédaction du Maine Libre consacre une série aux évolution des quartiers du Mans. Les autres épisodes de la série sont à découvrir :
- La zone nord du Mans : en 40 ans, un pôle commercial devenu géant
- Les Sablons, une ville dans la ville
- Gare du Mans : comment l’arrivée du TGV a métamorphosé le quartier
- Place des Jacobins-Quinconces : quand le patrimoine rencontre la modernité
- Du stade Léon-Bollée à un ensemble immobilier
Découvrez également en vidéo les infos à retenir, en vidéo, sur ces lieux emblématique du Mans, sur notre compte Instagram.