|
AVANT/APRÈS. Gare du Mans : comment l’arrivée du TGV a métamorphosé le quartier... |
5
Fin juin 1988, Michel d’Aillières (président du conseil général de la Sarthe), Jean-Claude Boulard (président de la communauté urbaine du Mans) et Robert Jarry (maire du Mans) visitent les travaux de la gare TGV. © Archives Le Maine Libre
LE MANS À TRAVERS LE TEMPS. Le Maine Libre vous propose de revisiter les quartiers et grands sites du Mans selon les époques. Parmi eux, ceux autour de la gare, du côté sud mais aussi du côté nord. Le bâtiment est devenu un point de liaison entre un quartier d’affaires encore en évolution et le centre-ville du Mans.
Quand la gare du Mans est-elle construite ?
Au début des années 1840, la ligne ferroviaire Paris-Brest se dessine et Le Mans parvient à obtenir un arrêt, au détriment d’Alençon. La gare du Mans est inaugurée en mai 1954. À cette époque, il faut entre 5 h et 6 h 30 pour rallier Paris. En 1937, la ligne est électrifiée mais les trains à vapeur continuent à circuler.
Le 28 juin 1988, une nouvelle révolution est en marche dans le paysage ferroviaire sarthois. Michel d’Aillières, Jean-Claude Boulard et Robert Jarry visitent les travaux de la gare SNCF du Mans, une réunion relatée en Une du Maine Libre.  On rase avant de construireÂ
, titre le quotidien.  Depuis hier, on démonte les entrepôts, on enlève les vieux rails, on fait place nette sur le site de la future gare TGV.Â
Â

L’arrivée du TGV était très attendue par les élus, persuadés qu’il permettrait d’attirer une nouvelle population en reliant Le Mans à Paris en moins d’une heure. Archives Le Maine Libre
Ce chantier est décisif.  Le programme de la première tranche comprend la gare TGV, un hôtel deux étoiles, 7 000 m² de bureaux dont 2 000 m² de haute technologie et de nombreux commerces.Â
Les premiers TGV commerciaux y arrivent à la rentrée 1989. S’ensuivront la construction du souterrain offrant une entrée nord et une entrée sud à la gare en 1991 puis le développement de tout un quartier.
Passez votre souris ou votre doigt si vous naviguez sur un smartphone ou une tablette pour voir l’évolution du lieu entre 1950-1965 et aujourd’hui.
Qu’est-ce que le quartier de la gare ?
Avec le TGV, Paris n’est plus qu’à une heure du Mans. C’est donc naturellement qu’un centre d’affaires s’installe côté sud de la gare : le technopôle Novaxis est inauguré en janvier 1990 et aura  un effet aménageur indiscutableÂ
, comme explique Le Maine Libre dans un article de septembre 2004.  Les plus pessimistes prévoyaient que le site resterait une coquille vide. Mauvaise pioche. « Aujourd’hui, il n’y a pas un seul m
² disponible à Novaxis et le turn-over est quasiment inexistant. C’est pourquoi, il faut démarrer de nouveaux bâtiments pour répondre à la demande »
, souligne alors le promoteur auprès du journal. Novaxis puis Novaxud vont alors sortir de terre et accueillir de nombreuses entreprises, à l’image de Oui Care qui y installe son siège, dans un bâtiment high-tech, en février 2021.

MMA était dans les premières entreprises à s’installer à Novaxis. En 2023, l’entreprise a quitté la quasi-totalité de ses bureaux au profit de son siège du quartier de la Californie. Archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
Quelles sont ses principales transformations ?
En 2008, 75 000 m² de bureaux accueillent 3 000 salariés et 80 entreprises dans le quartier Novaxis, dont le GIE Sesam-Vitale, MMA ou l’ingénierie du matériel roulant de la SNCF. Novaxud est construit entre 2006 et 2008. Depuis, le quartier n’a cessé de se transformer. Deux nouveaux bâtiments sont inaugurés en 2021 et sont occupés par Enedis, Vinci Energies et la compagnie d’assurances Aviva. En 2022, MMA annonce quitter trois des quatre bâtiments qu’il occupe pour recentrer ses activités sur le site de la Californie au Mans. Ces bâtiments pourraient attirer la Ville du Mans pour  y regrouper tout ce qui concerne le développement économique de la villeÂ
, précisait Stéphane Le Foll en février 2023.

La réhabilitation a été faite en respectant l’architecture initiale de l’hôpital. Archives Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
À quelques pas de la gare, côté sud toujours, l’ancien hôpital psychiatrique du Mans, fondé en 1828, a depuis peu retrouvé une deuxième vie. Situé dans la rue qui mène de la gare au parc du Gué-de-Maulny, il porte son nom : Etoc-Demazy. L’hôpital a fermé ses portes en 2011, tous les patients étant aujourd’hui traités à l’établissement public de santé mentale (EPSM) à Allonnes. Il aura fallu trois ans et demi de travaux pour que les 1 000 m² et les douze bâtiments protégés soient réhabilités en 88 logements par Histoire et Patrimoine. Ils ont accueilli les premiers habitants en 2020.
Le côté nord de la gare, lui, se développe en 2007 avec l’arrivée du tramway en novembre. Le pôle d’échanges multimodal facilite la vie des usagers du tramway, des bus, des trains, des cars mais aussi des taxis, des deux-roues et des piétons en mettant en lien tous ces modes de transports et en proposant des places de stationnement. Les travaux sont lancés en 2006 et l’ensemble du pôle entre en service début novembre 2009. Coût total : 60 millions d’euros.

Le quartier sud de la gare s’est développé avec l’arrivée du TGV. Archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
Et maintenant ?
Le quartier d’affaires pourrait aussi devenir étudiant, c’est en tout cas l’annonce qu’a faite Stéphane Le Foll en septembre 2021 :  Un second campus de 26 000 m² qui prendra place sur les quelque 34 000 m² de terrains encore disponibles dans la zoneÂ
, précise alors Le Maine Libre. Le deuxième complexe universitaire doit ouvrir en 2026. En plus de  développer l’offre d’études supérieuresÂ
, il permettra de garder les jeunes en Sarthe selon le maire. En parallèle, un autre bâtiment était annoncé, avec une ossature en bois et huit étages pour accueillir des bureaux, un restaurant d’entreprise et des instituts de formation. Lancé en 2016, ce projet n’a pas encore vu le jour.
Plusieurs milliers d’étudiants devraient fréquenter ce campus et l’arrivée de cette nouvelle population sera l’occasion de transformer  la
 sortie sud de la gare afin d’en faire une véritable entrée sur la ville, et non plus un accès secondaireÂ
, affirmait Stéphane Le Foll. Le boulevard Marie-et-Alexandre-Oyon, qui serpente le quartier sur 680 mètres en passant devant la gare, sera lui aussi transformé pour  faciliter les connexions entre les quartiers, sécuriser les déplacements pour les piétons et les cyclistes, créer des îlots de fraîcheurs qui sont totalement absents actuellement, aménager des espaces publics plus attractifs pour les commerces et entreprisesÂ
. Une passerelle pourrait se greffer à ce projet pour permettre de relier le quartier d’affaires (et le futur campus) au centre-ville en passant au-dessus de la gare. Actuellement, il est possible d’y accéder en passant sous les voies, mais uniquement pendant les horaires d’ouverture de la gare.