Accueil Info Info en continu AVANT/APRÈS. Au Mans, dans les années 1960, un quartier de près de 2 000 logements doit sortir de terre rapidement

AVANT/APRÈS. Au Mans, dans les années 1960, un quartier de près de 2 000 logements doit sortir de terre rapidement

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photo  le quartier des glonnières, au mans, est reconnaissable grâce à ses immeubles aux mêmes formes.  ©  (c) région pays de la loire - inventaire général - pierre-bernard fourny 4

Le quartier des Glonnières, au Mans, est reconnaissable grâce à ses immeubles aux mêmes formes. © (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Pierre-Bernard Fourny

LE MANS À TRAVERS LE TEMPS. Le Maine Libre vous propose de revisiter les grands sites du Mans et de sa métropole à travers le temps. Au sud de la ville, le quartier Ronceray-Glonnières est sorti de terre dans les années 1960, alors qu’un fort besoin de logements se fait sentir. Aujourd’hui, plusieurs programmes sont lancés pour le rénover.

Qu’est-ce que le quartier Ronceray-Glonnières ?

Le quartier Ronceray-Glonnières, au Mans, désigne l’ensemble de rues comprises entre l’avenue Félix-Geneslay et l’avenue Georges-Durand et entre le boulevard de la Fresnellerie et la rue du circuit, au sud du quartier Pontlieue. Il occupe un total de 20 hectares et offre près de 1 900 logements.

Au centre du quartier, la rue de Laigné le scinde en deux : on parle du Ronceray à l’Ouest et des Glonnières à l’Est.

Quant est-il né ?

En octobre 2025, une exposition était organisée à la MJC Ronceray retraçant l’histoire du quartier à partir des souvenirs des habitants les plus anciens. Le quartier a aussi fait l’objet d’une étude de l’Inventaire général des Pays de la Loire, publiée en 2021.

Avant 1950, ce coin de la ville n’est encore qu’une étendue de champs avec quelques fermes isolées. Au début des années 1950, l’architecte Pierre Vago est appelé au Mans pour concevoir plusieurs immeubles et l’urbanisation des zones périphériques pouvant accueillir de nouveaux logements en lien avec l’industrialisation de la zone. Il reçoit en 1954 la commande de 811 logements dans le quartier du Ronceray et en 1956 de 1 029 logements aux Glonnières.

Au Ronceray, les bâtiments sont livrés progressivement à partir du 5 novembre 1957 et jusqu’au 29 août 1958. Aux Glonnières, l’ensemble est livré en 1967. Ces cités sont des exemples majeurs du corpus de Pierre Vago et témoignent de l’importance de ce type de programme dans la ville du Mans à partir des années 1950, comme le programme voisin des Sablons, sorti de terre à la même époque. L’ensemble est le premier quartier qui applique le principe d’industrialisation du bâtiment à grande échelle au Mans. Il doit pouvoir accueillir beaucoup d’habitants, principalement des ouvriers, afin de répondre à l’urgence de la crise du logement dans la ville. Par conséquent, on privilégie l’utilisation de matériaux rapides à confectionner et poser, à commencer par le béton.

photo au niveau des immeubles d’habitation, des espaces verts et aires de jeux pour les résidents.  ©  archives le maine libre - denis lambert

Au niveau des immeubles d’habitation, des espaces verts et aires de jeux pour les résidents. Archives Le Maine Libre - Denis Lambert

Les deux quartiers sont pensés comme des ensembles d’immeubles, d’espaces verts, d’aires de jeux et de maisons individuelles reliées entre eux par une seule voie. Ainsi, le trafic routier n’impacte pas le cadre de vie des habitants car les grands axes sont conservés et ménagés de telle manière à ce qu’ils encadrent le quartier sans s’y insérer.

Passez votre souris ou votre doigt si vous naviguez sur un smartphone ou une tablette pour voir, à l’aide de la loupe, l’évolution du lieu entre 1950-1965 et aujourd’hui.

Quelles ont été les principales évolutions ?

Au cours de son histoire, le quartier Ronceray-Glonnières a connu d’importantes transformations, elles aussi répertoriées par l’inventaire général de la région en 2017. En 1979 puis dans les années 2000 les immeubles sont rénovés afin de réhabiliter des constructions qui deviennent rapidement insalubres, notamment les loggias, percements sur les façades et les bardages en tôle. De même, l’implantation des immeubles est quelque peu modifiée du fait de coupure de barres jugées trop longues et donc créant un enfermement visuel du quartier.

Quelques années plus tôt, en 1966, l’école maternelle des Glonnières Maryse-Bastié, située au centre du quartier, est construite en dur. Elle avait d’abord été uniquement composée de bâtiments préfabriqués. Elle aussi est rénovée dans les années 1980, elle est alors grandement modifiée et agrandie.

La mosquée Salmane El Farisi

En 1973, l’arrivée d’immigrés d’Afrique du nord rend essentiel un lieu à vocation religieuse pour la communauté musulmane du quartier », poursuit l’enquête de l’inventaire régional. En 1973, une salle de l’église Sainte-Thérèse est mise à disposition par l’association diocésaine du Mans qui fait don deux ans plus tard à l’association Foi et Pratique d’un terrain allée Goya où sera construite la mosquée Salmane El Farisi - dite mosquée des Glonnières -, une des trois du Mans. Celle-ci est réhabilitée en 2002.

photo la mosquée salmane el farisi a été construite en 1975.  ©  (c) région pays de la loire - inventaire général - thierry seldubuisson

La mosquée Salmane El Farisi a été construite en 1975. (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Thierry Seldubuisson

La MJC Ronceray

C’est aussi dans les années 1970 que la Maison des jeunes et de la culture (MJC) Ronceray est créée dans le quartier, à l’angle des boulevards Jean-Sébastien Bach et de la Fresnellerie. Elle s’inscrit dans le réseau national des MJC dont le but est de créer un lieu ouvert aux habitants, parfois à la campagne mais surtout dans les quartiers populaires, explique Steve Belliard, son directeur depuis bientôt quatre ans. Au Mans, deux structures de ce type existent encore en 2026, celle du Ronceray et la MJC Prévert, dans le Vieux-Mans.

La MJC organise des ateliers, des stages, des expositions, accueille des sports et des pratiques artistiques, propose une salle de spectacle (l’Alambik) membre du réseau Superforma et scène départementale jeune public, co-pilote le cinéma Le Royal avec l’association Ciné Ambul 72, gère l’activité jeunesse du territoire pour les 11-25 ans, accueille la médiathèque Le Mans sud dans ses murs, ouvre ses portes à des seniors qui viennent jouer aux cartes… Bref, avec ses 1 200 inscriptions à l’année, c’est un lieu de vie pour beaucoup de gens du quartier mais aussi de l’extérieur. Tout le monde connaît la MJC, tout le monde y est déjà passé.

Un mot tient particulièrement à cœur au directeur de l’établissement : le collectif. On n’agit pas seuls dans notre coin. On crée du lien. L’idée c’est d’emmener les gens vers des lieux culturels. La culture est souvent imaginée comme élitiste mais là, au contraire, on part de ce que les habitants du quartier connaissent pour les emmener vers autre chose. On met en valeur leurs langues, traditions, cuisines… Et on permet aux habitants de s’impliquer dans les projets. De l’éducation populaire qui fait vivre le quartier. En témoigne la fête interculturelle qui sera organisée le 30 mai pour l’année 2026 mais qui attire tous les ans 2 000 personnes environ.

La ligne de tramway

Faire vivre le quartier mais aussi l’ouvrir à l’extérieur. C’est ce grand changement qui arrive en novembre 2007, lorsque la première ligne de tramway est lancée au Mans avec comme mission, telle que présentée à l’époque, de désenclaver certains quartiers dont celui des Glonnières grâce aux arrêts Goya et Glonnières - Centre Sud. Dix ans après, en 2017, la cheffe de projet qui a œuvré sur le tracé, Alice Goiez, exprime au Maine Libre sa satisfaction : Il a l’avantage de desservir des points névralgiques. C’est le cas avec l’université, l’hôpital, le centre-ville et la gare. Les quartiers des Glonnières et des Sablons, c’était également important. 

photo les espaces de loisirs sont au cœur du quartier.  ©  (c) région pays de la loire - inventaire général - pierre-bernard fourny

Les espaces de loisirs sont au cœur du quartier. (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Pierre-Bernard Fourny

Et maintenant ?

Le quartier vieillissant fait l’objet de plusieurs projets menés par la Ville du Mans, par la métropole mais aussi par les bailleurs sociaux.

Premier d’entre eux, la destruction du collège du Ronceray (vide depuis 2018) pour construire à sa place trois immeubles et 129 appartements. La vente au promoteur Bouygues immobilier a été votée par le conseil municipal le mercredi 11 février 2026. D’abord pensé comme un centre de conservation municipal pour les réserves des musées ou les archives, il a finalement été décidé de le vendre pour en faire des logements. Le projet ne sera pas livré avant 2027.

Autre dossier à suivre, celui de la réhabilitation de 758 logements aux Glonnières, menée par Le Mans Métropole habitat et chiffré à près de 50 millions d’euros. Le chantier concerne 17 barres d’immeubles et trois tours et est prévu entre fin 2026 et 2030, de manière progressive. Un autre programme sera lancé entre l’arrêt de tramway Glonnières-Centre Sud et la boulangerie Ange située avenue Georges-Durand. La Ville a prévu d’y racheter des logements, de les démolir pour reconstruire. En avril 2025, Christophe Counil, adjoint en charge des projets d’urbanisme, précisait que ce programme se ferait à long terme. L’idée c’est qu’on se laisse un peu de temps pour devenir propriétaire de l’ensemble, expliquait-il aux habitants lors d’une visite de quartier en compagnie du maire.

De son côté, le bâtiment de la Chrysalide, incendié lors des émeutes de l’été 2023, doit être reconstruit au même endroit. Il accueillera des locaux de Le Mans Métropole habitat et un accueil petite enfance notamment. Ainsi qu’une éventuelle maison de santé, même si son implantation définitive n’est pas tranchée.

La série Le Mans à travers le temps

Depuis 2024, Le Maine Libre vous permet de retracer l’histoire des différents quartiers du Mans et de l’agglomération mancelle.

Dans cette série, ont déjà été publiés :

- Place des Jacobins-Quinconces : quand le patrimoine rencontre la modernité

- La zone nord du Mans : en 40 ans, un pôle commercial devenu géant

- Du stade Léon-Bollée à un ensemble immobilier

- Gare du Mans : comment l’arrivée du TGV a métamorphosé le quartier

- Les Sablons, une ville dans la ville

- L’université du Mans : un campus développé en pleine campagne

- La place de la République : centre névralgique du Mans

- Au Mans, un parc d’attractions au cœur des champs

- Circuit, stade Marie-Marvingt, Antarès : un quartier dédié au sport aux portes du Mans

- En 130 ans, l’hôpital du Mans a plus que doublé sa capacité d’accueil

- Le parc du Gué-de-Maulny devenu l’un des poumons verts du Mans

- L’Arche de la nature, de décharge à lieu de promenade en pleine forêt

- Au nord-est du Mans, le centre commercial des Fontenelles a doublé sa surface en 30 ans

- « Ce centre commercial à ciel ouvert » sorti de terre dans la ligne droite des Hunaudières.

 
Célia Genest    Maine Libre  

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