Mousquetons, poulies, sangles...À se fier au matériel que les Finistériens de Locquirec sortent de leurs sacs, une équipe d'escalade se prépare. Mais non. Ils pratiquent la slackline, de slack, 'la ligne molle' en anglais. L'objectif de ce nouveau loisir est de progresser, sans aucun accessoire, sur une sangle d'une largeur de 19 mm à 5 cm légèrement élastique, disposée en hauteur ou très près du sol.
La slackline a été imaginée par des grimpeurs californiens dans les années 1980. Fanch Glorennec, Joseph Corson et Kévin Robic l'ont découverte récemment en Espagne et ont décidé de l'importer sans plus tarder en baie de Morlaix. Ils ont fondé Slokiline, « l'une des rares associations à proposer des démonstrations et initiations en Bretagne », souligne le président, Joseph Corson.
La semaine dernière, par exemple, ils ont rencontré sept jeunes de 9 à 17 ans à Carantec. Quelques-uns avaient déjà entendu parler de la slackline à la télévision. Et pour cause: en janvier, les trois équilibristes finistériens avaient attiré les caméras d'une célèbre émission. « On vous a vus ; vous étiez sur des montagnes », lance l'un des débutants. « Effectivement, mais avant d'en arriver là, on s'est longtemps entraîné sur des arbres », réplique aussitôt le secrétaire de l'association, Fanch Glorennec, amusé.
Plus dynamiqueque le funambulisme
Physique autant que mentale, cette discipline s'apparente à première vue au funambulisme. Sauf que celui-ci « utilise un câble plus statique, alors que la sangle utilisée pour la slackline est dynamique, précise Joseph Corson. Il faut trouver le juste dosage entre le poids que l'on met sur la sangle, et le poids qu'elle renvoie. » Une fois la stabilité trouvée, les figures réalisables sont innombrables.
Les équilibristes aguerris se laissent aller à des variantes, comme la 'highline' (la sangle est tendue à plusieurs mètres de hauteur) ou encore 'la waterline' (exercice réalisé au-dessus d'un point d'eau). Mais les Bretons l'assurent : « A 50 cm du sol, il y a déjà de quoi s'amuser. »
D'autant que le 'terrain de jeu' se situe de préférence à la campagne, au milieu des arbres qui servent de points d'ancrage. « On s'assure d'abord qu'ils sont bien enracinés et près d'un sol plat, avec une belle herbe, afin que les chutes du débutant ne soient pas trop brutales. » Les plus initiés le rappellent constamment aux novices : « La slackline suppose un lien fort avec la nature : on joue avec, mais il faut aussi la préserver. »
Audrey LE GUELLEC.