Des livres, des plantes, des plats rappelant l'enfance ... De plus en plus de cafés-restaurants jouent l'ambiance cocon, comme un deuxième salon.
Quel est le point commun entre le café-librairie Les Biens-Aimés à Nantes, le café-cantine Albertine à Rennes et One Way, galerie d'art et salon de thé à Angers ? Tout est fait pour qu'on s'y sente "comme à la maison".
"Au One Way, il y a des livres un peu partout, des plaids et des bibelots sur les étagères, décrit Léa, étudiante angevine, qui l'a fréquenté plusieurs fois depuis l'ouverture en novembre. J'y suis restée au moins un heure à chacun de mes passages."
De plus en plus sophistiqués
Comment un café devient une "maison bis" ? Parfois, le lieu s'y prête. Comme à La Rennes du Bal (à Rennes, forcément), une maison particulière réaménagée en bar.
On peut aussi jouer sur la déco, qui se veut chaleureuse et en évolution permanente, des artisans locaux prêtent parfois des objets : "cela permet de faire vivre le lieu. Pour faire rester les gens, on crée une ambiance à laquelle ils pourront s'identifier", observe Caroline Le Hen, architecte d'intérieur à l'atelier 19 Degrés, à Rennes. Parfois, un léger désordre, mais contrôlé, rend le lieu encore plus humain.
Mais le décor ne fait pas tout. La carte, souvent faite de produits locaux cuisinés sur place, est essentielle. Pour Jean-Louis Lambert, sociologue de l'alimentation, le retour au "fait maison" illustre un besoin de se rassurer : "Ne pas savoir ce que l'on mange inquiète. Le fait maison renvoie une image réconfortante."
Et comme le note Nicolas Guéguen, dans Psychologie du consommateur (Dunod), certains usent et abusent de terme (type tarte, "façon grand-mère") qui renvoient à l'enfance, à l'authenticité, au confort.
Pour fidéliser les clients, souvent de jeunes urbains, ces établissements misent également sur des à-côtés. Le Wi-Fi gratuit, des revues à consulter ou des animaux à câliner...
Ces cafés et restaurants, de plus en plus sophistiqués, sont des lieux de vie à part entière. Quand ils ne servent pas de lieu de travail pour les travailleurs indépendants ne disposant pas de bureau. "Les appartements sont chers et petits en ville. Ce n'est pas étonnant que les gens investissent des endroits plus grands que leur salon pour se détendre", remarque Caroline Le Hen.
Josette Halégoi, psychosociologue et co-auteure d'Une vie de Zinc, le bar, ce lien social qui nous unit confirme : "Les bars et cafés ont toujours fait office de deuxième maison d'une certaine manière. Le comme à la maison est une adaptation à notre époque", souligne t-elle.
Avant de mettre en garde : "Plus on va aller vers des lieux sécurisants, qui ciblent un public précis, moins on va garder la mixité inhérente au café."