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Sarthe. Élections départementales : À gauche, une union inédite sans le Parti socialiste... |
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Il reste à cette union inédite des partis de la gauche sarthoise (toutefois privée du PS), à désigner les binômes qui porteront les candidatures dans au moins une quinzaine de cantons. © Clément Szczuczynski
Sept partis de gauche sarthois ont annoncé ce lundi leur front commun aux élections départementales programmées les 20 et 27 juin 2021. Un rassemblement inédit sous la bannière « Unis », où ne manque que le Parti socialiste.
Europe Écologie Les Verts, La France Insoumise, Parti Communiste, Parti de Gauche, Citoyens Écologiques et Solidaires et enfin Génération.S. feront cause commune autour de candidatures uniques lors des prochaines élections départementales.
Jamais une telle union de la gauche à l’échelle cantonale n’avait vu le jour dans la Sarthe. Au terme de plusieurs mois de négociations, six partis hissent donc un pavillon commun pour mener campagne dans les vingt et un cantons sarthois, dont treize sont actuellement détenus par la droite.
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« Parlons de ce qui nous rapproche » Remi Batiot EELV
Nous ne voulions plus être témoins d’une gauche divisée
souligne Rémi Batiot, d’EELV, insistant sur une alliance historique afin de ravir à la droite les commandes de l’assemblée départementale détenues depuis 1979.
Nous avons entendu les remarques des citoyens qui nous reprochent de toujours parler de nos différences, jamais de ce qui nous rapproche
, poursuit l’élu écologiste de la ville du Mans.
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D’EELV au PC, de LFI au Parti de Gauche, des plus modestes CES et Génération.S., une volonté unanime exprime ce lundi 26 avril le désir de conquérir la prochaine majorité départementale. Selon les nouveaux alliés, la crainte d’une abstention encore plus marquée et les contraintes d’une campagne placée sous les règles sanitaires liées à la pandémie ont encore renforcé la nécessite du rassemblement. Nous avons à cœur de faire basculer la majorité sortante et qu’il n’y ait pas d’élus d’extrême droite
, précise Saïda Safir au nom des communistes.
Les compétences essentiellement sociales du conseil départemental ont aussi contribué à gommer les divergences. Nous pouvons porter ensemble les mêmes valeurs
, indique Mathias Tavel porte-parole de la France Insoumise à l’appui de la plateforme programmatique mise en place par le nouveau collectif. Parmi les principaux axes politiques, un revenu de base pour les moins de 25 ans, des maisons de santé pluridisciplinaires, le développement des produits locaux ou l’interruption du projet commercial de Béner.
Échec des négociations avec le PS
Gilles Leproust, maire communiste d’Allonnes et élu départemental avec Elen Debost (absente ce lundi matin) sur le canton 7, est le seul à représenter ce courant dans l’actuelle assemblée où le PS détient sept des huit sièges de la gauche. Notre rassemblement confirme ce que nous avions amorcé dans le canton d’Allonnes voici six ans. La crise sociale dramatique qui s’annonce exige un engagement fort et nous partons dans cette campagne pour la gagner.
Sous la bannière d’un projet bâti à plusieurs, « Citoyenneté, solidarité et environnement » s’affirment en maîtres mots de la campagne d’une union de la gauche où ne manque que le Parti socialiste.
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Nous avons été transparents envers le PS. Malgré plusieurs rencontres, aucun accord n’a été possible, mais nous lançons toujours un appel au rassemblement
, avance Rémi Batiot. Si dans les rangs de la gauche unie une alliance avec le PS sarthois paraît peu probable, la porte n’est pas fermée
, insiste Isabelle Sévère, élue municipale du Mans, EELV.
Des candidats dans 15 cantons au moins
Quant aux candidats, leur liste n’est pas encore arrêtée. Nous espérons présenter des binômes dans au moins quinze cantons et il est encore possible de nous rejoindre
, insiste Rémi Batiot. La clôture des dépôts de candidature est fixée au 5 mai. Il reste donc quinze jours pour connaître les noms. Rappelons que dans l’assemblée présidée actuellement par Dominique Le Mèner, la gauche détient huit cantons (dont six au Mans) sur les vingt et un.
Précision
Depuis la publication de cet article, Isabelle Sévère, élue EELV, nous prie de préciser que le Parti pirate a indiqué qu’il ne souhaitait pas « être associé à la démarche » de l’alliance des partis de gauche pour les élections départementales.