La sélection littéraire de février 20261 |
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La sélection littéraire de février 2026 © AdobeStock
Ce mois-ci, Maville vous emmène aux quatre coins du monde avec une sélection de récits aux horizons lointains. Des histoires touchantes qui se déroulent sur des continents éloignés, à la découverte de personnages, de cultures et de récits marquants qui s’inscrivent dans l’Histoire. Prêts à embarquer ?
No Home de Yaa Gyasi
On démarre ce tour du monde littéraire entre l’Afrique et l’Amérique avec No Home, un roman bouleversant qui explore sur trois siècle l’histoire du peuple africain. Tout commence au XVIIIème siècle au Ghana. Effia et Esi, deux demi-sœurs qui ne se connaissent pas, vont connaître des destins bien différents : Effia est mariée à un capitaine britannique installé dans un fort colonial. De l’autre côté des murs de ce même fort, Esi est emprisonnée avant d’être envoyée en Amérique comme esclave. À partir de cette séparation, le roman suit alternativement la descendance de chacune des deux sœurs sur plusieurs générations. La lignée d’Effia reste en Afrique et traverse les bouleversements liés à la colonisation, aux guerres tribales et à l’influence européenne. La lignée d’Esi, quant à elle, subit l’esclavage, la ségrégation, puis les luttes pour les droits civiques aux États-Unis. Dans ce roman émouvant, Yaa Gyasi nous éclaire sur des aspects peu connus de l’histoire du Ghana et des Etats-Unis. En retraçant des destins brisés mais résistants, la jeune autrice – qui signe ici son premier roman paru en 2016 – interroge les notions d’appartenance, de mémoire et de filiation. En plus de dénoncer l’injustice, No Home montre comment, malgré la douleur, les individus cherchent à se réapproprier leur récit. Un magnifique roman à découvrir sans attendre.

Editions Calmann-Levy, 450 p., 21,90 € (format broché)
Créatures du petit pays de Juhea Kim
Ensuite, direction Séoul en Corée du Sud, à l’aube des années 1920. D’un côté Jade, jeune courtisane, débarque dans l’effervescence de cette ville moderne qui vit sous occupation japonaise. De l’autre côté, Jungho, fils d’un chasseur de tigres devenu chef de bande d’orphelins, survit grâce à la petite délinquance. Les deux jeunes gens se rencontrent et très vite, une amitié se tisse entre eux tandis que divers personnages gravitent autour d’eux. Au fil des années, alors que les ambitions et les croyances de chacun évoluent, les destins se croisent, s’entremêlent, se distendent… Jusqu’à converger ? Dans Créatures du petit pays, Juhea Kim dresse une fresque historique remarquable qui met en lumière l’histoire souvent méconnue de la Corée du XXème siècle. C’est un récit aussi poignant que raffiné qui offre une lecture mémorable.

Editions Les Presses de la Cité, 512 p., 23 € (format broché)
Le Vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepúlveda
On se retrouve ensuite au cœur de la forêt amazonienne avec Le Vieux qui lisait des romans d’amour. Dans ce court roman aux allures de conte des temps modernes, Antonio José Bolivar, vieil homme solitaire passionné de romans d’amour, connaît bien le peuple des Shuars qui veille sur la forêt. Lorsqu’un chasseur blanc est retrouvé mort, les habitants du village El Idilio accusent à tort le peuple indien mais Antonio José Bolivar, en fin connaisseur de l’Amazonie, sait bien que le véritable coupable n’est autre qu’une femelle jaguar rendue dangereuse par la mort de ses petits, tués par les chasseurs. Contraint de partir sur ses traces, Antonio s’enfonce dans la forêt pour traquer le fauve. Cependant, le vieil homme ne voit pas l’animal comme un monstre, mais comme une victime de la bêtise humaine. La traque se transforme alors en duel tragique entre deux êtres blessés que tout oppose et rassemble. Voici un roman poétique qui interroge sur le regard que l’on porte à la nature et les rapports de force entre les hommes. Le Vieux qui lisait des romans d’amour est tout à la fois un récit d’aventure, une fable écologique et une méditation sur la solitude, la mémoire et le pouvoir apaisant de la littérature. Un immanquable !

Editions Points, 128 p., 6,55 € (format poche)
La Maison de l’orchidée de Lucinda Riley
On poursuit avec un voyage entre l’Angleterre et l’Asie, entre la Seconde guerre mondiale et l’époque contemporaine, avec La Maison de l’orchidée de Lucinda Riley. L’auteure de la saga culte Les Sept Sœurs signe ici une fresque familiale riche en émotions, où les secrets du passé éclairent les blessures du présent. Julia Forrester, pianiste renommée, se réfugie dans un cottage en Angleterre près de sa sœur à la suite d’un accident tragique qui a coûté la vie à son mari et à son fils. Elle accepte également de retourner à Wharton Park, le domaine de son enfance, où son grand-père travaillait autrefois comme jardinier spécialisé dans les orchidées. En explorant les lieux, elle met au jour le journal intime de son grand-père, qui révèle peu à peu de lourds secrets entourant la famille Crawford, propriétaire du domaine, et nous plonge au cœur de la Seconde guerre mondiale. Progressivement, on dénoue le fil d’une histoire d’amour tragique, qui nous emporte jusqu’en Thaïlande dont on découvre les paysages et la vie dans les années 1940. Tout au long du récit flottent des effluves d’orchidées qui nous entraînent dans cet univers dense et saisissant. Une vraie pépite !

Editions Charleston, 752 p., 22,50 € (format broché)
Au temps des requins et des sauveurs de Kawai Strong Washburn
On clôture ce voyage littéraire à Hawaï avec Au temps des requins. Véritable conte des temps moderne, ce roman raconte l’histoire d’une famille hawaïenne marquée par le miracle qui entoure Nainoa, le cadet. A travers les années, à mesure que celui-ci développe des dons et se retrouve adulé par ses parents et les habitants de l’île, le fossé se creuse entre les membres de la famille, notamment avec son frère aîné et sa petite sœur. Chacun prend la parole tour à tour pour raconter ses peines, ses joies, ses frustrations… C’est une œuvre à la fois poétique, politique et profondément humaine que nous livre Kawai Strong Washburn avec ce premier roman éblouissant. L’auteur y explore les tensions entre les racines culturelles et les aspirations individuelles, entre le mythe et la réalité, entre le poids du passé et les possibles du futur… Le tout avec descriptions majestueuses des paysages hawaïens. Bien que le mysticisme soit le point de départ de ce roman, la magie occupe une place minime dans le récit, au profit des sentiments et de la complexité de l’âme humaine. C’est un livre qui parle de la famille, de l’identité, de l’exil et du deuil, mais aussi de la résistance des cultures face à l'effacement. Une belle découverte !

Editions Gallimard, 432 p., 22 € (format broché)
Cette sélection vous a-t-elle plu ? Certains de ces romans vont-ils rejoindre votre pile à lire ? Quelles sont les histoires qui vous ont le plus fait voyager à travers vos lectures ? Partagez-nous vos avis dans les commentaires ci-dessous !
Nolwenn Le Torc'h
Bonjour, Personnellement je retiens 'Le vieux qui lisait des romans d'amour". Merci