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Élections départementales. Un rendez-vous politique crucial en Sarthe... |
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L’assemblée départementalecompte 42 conseillers, représentant 21 cantons depuis 2015 © archives Le Maine Libre
Dans deux mois, les 20 et 27 juin, les Sarthois vont élire 42 conseillers départementaux. Un an après les élections municipales, le rendez-vous est crucial pour les forces politiques présentes dans le département. La clôture des candidatures est fixée au 5 mai.
Même si les Départements ont été les grands sacrifiés de la loi NOTRe, perdant notamment toute compétence sur le terrain économique, les conseils départementaux conservent un rôle important dans la vie quotidienne notamment dans les domaines de l’action sociale (RSA, aide sociale à l’enfance, allocation personnalisée d’autonomie), l’entretien des routes et les collèges. Ils jouent également un rôle important dans l’action culturelle et sportive.
+ Élections départementales. Calendrier, campagne, candidatures : le mode d’emploi
La date des élections étant désormais fixée au 20 et 27 juin, les forces en présence affûtent leur stratégie et bouclent les candidatures. Dans les prochains jours, tous devraient sortir du bois et présenter leurs binômes (un homme, une femme). Aujourd’hui, confinement oblige, ils sont d’une extrême discrétion. Mais, un an après les élections municipales, l’enjeu des départementales est crucial pour l’ensemble des forces politiques présentes dans le département.
La majorité va serrer les rangs
En Sarthe, la Droite détient les clefs de l’exécutif départemental depuis 1979. Et s’il n’a pas encore officiellement fait part de sa décision, tout laisse penser que Dominique Le Mèner sera candidat à sa succession. Élu sous l’étiquette UMP en 2015, à la tête d’une majorité de droite et du centre, il fait partie des ténors qui ont quitté Les Républicains en 2017 après la Présidentielle et l’arrivée de Laurent Wauquiez à la tête du parti. Sa majorité devrait bénéficier d’une certaine notoriété, amplifiée par la crise du Covid, où l’on a vu les élus en première ligne. Mais, un premier accroc a surgi la semaine dernière. Le binôme (Catherine Paineau, Joël Méténier) présenté par Fabien Lorne, sortant qui ne se représente pas, n’a pas l’aval du chef de file de la majorité départementale.
Cette décision a conduit Fabien Lorne à démissionner de sa fonction de président de la commission des finances. Les noms de Daniel Coudreuse, maire de Brûlon et de Valérie Ranou, présidente de communauté de communes (4 CPS), tiendraient la corde. Pour les douze autres binômes qui composent la majorité (LR, divers droite) sortante et les candidats dans les autres cantons, rien n’est encore officialisé. Beaucoup de sortants devraient néanmoins figurer aux côtés du président Dominique Le Mèner.
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À gauche, des inconnues
À gauche, plusieurs inconnues demeurent. Le PS de la Sarthe, qui s’était affaibli en 2015, a d’ores et déjà validé ses binômes fin mars mais garde encore le secret. On sait juste qu’il y a eu un peu de tiraillements sur un ou deux cantons. Affaibli dans les cantons ruraux, sera-t-il présent partout ? Quant aux écologistes, ils tenteront une nouvelle fois de franchir les portes de l’abbaye de l’Epau dans une élection qui ne leur est traditionnellement pas favorable. EELV devrait concentrer ses candidatures principalement dans les cantons du Mans. Mais, tout n’est pas finalisé
, confie une élue, qui donne rendez-vous fin avril. Reste la question du groupe L’Alternative composé de Gilles Leproust (PC) et Elen Debost (EELV), élu à la faveur d’une élection partielle en 2016, après l’invalidation du scrutin de 2015.
LREM sous l’étiquette majorité présidentielle
À l’image des autres partis, La République en Marche reste discret sur ses intentions pendant cette période de confinement. On sait néanmoins que les binômes seront composés pour les deux-tiers de candidats issus de la société civile et pour un tiers d’élus « divers-gauche, divers-droite », du MoDem et de Territoires de Progrès, mouvement créé par l’ancien socialiste, aujourd’hui ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Nicolas Clouet est à la manœuvre depuis plusieurs semaines pour constituer des binômes dans chaque canton. Combien seront-ils ? Il y a des chances que l’on soit présent partout
, avance le chef de file, prudemment. Attendons le 5 mai et la clôture des dépôts de candidatures
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L’ambition est là . Après l’échec retentissant des élections municipales, l’objectif est clair, particulièrement dans les sept cantons de la ville-centre. Il y a une force centriste au Mans. La question des Départementales c’est : qui sera la première force politique d’opposition au Mans et qui sera en 2e position derrière le PS dans cette ville ?
Dans un paysage politique morcelé
, et face à une majorité départementale vieillissante avec des élus qui en sont à leur 3e, 4e voire 5e candidature, est-ce que l’électorat ne veut pas changer ?
questionne également l’ex élu UDI.
Le RN veut y croire
Le Rassemblement national, qui s’appelait encore FN en 2015, présent dans 21 cantons avait créé la surprise, en se qualifiant dans quinze cantons pour le 2e tour. Il avait obtenu des scores flatteurs et avait même dépassé 30 % des suffrages dans les cantons du Lude, de Mamers, de Sillé-le-Guillaume ou de La Suze. En présentant des candidats, pour la très grande partie d’entre eux totalement inconnus, le parti de Marine Le Pen avait profité d’un net recul du PS en milieu rural, de la division de la gauche en Sarthe et aussi d’un contexte national de rejet de la politique menée par le président François Hollande. Cette fois, il n’est pas certain que les binômes qui seront emmenés par Raymond de Malherbe soient présents dans tous les cantons.