« Connaissez-vous le nouveau geste ? BB, la BB Cream ! » La pub est alléchante. Une blonde diaphane promène son teint parfait dans une rue baignée de soleil. Une seule crème, pas chère, pour cette enviable peau de bébé...
Il y a encore un an, ce sigle BB pour Blemish Balm, ou baume anti-imperfections, aurait suscité de grosses interrogations. Depuis, le raz de marée a opéré. Plusieurs grandes marques, L'Oréal, Erborian, Clinique, proposent leur blemish balm.
Ne confondez pas la nouvelle star de l'industrie cosmétique avec un fond de teint. La BB Cream se veut rien moins que le contenu d'un vanity case (crèmes, sérums, correcteurs, matifiant, fond de teint, poudre) fondu dans un seul tube... La partie soin est apaisante, hydratante et filtre les UV. Le versant maquillage corrige les imperfections, unifie le teint...
Un dermatologue allemand est sans doute l'auteur de la première formule, pour diminuer les rougeurs de ses clientes après un peeling. Puis la BB a rencontré sa plus grande fan : la citoyenne sud-coréenne, réputée pour son obsession de la peau parfaite. La marque Erborian a conçu une formule moins chargée en pigments blancs et a été suivie par de nombreux copieurs.
« Une seule crème ne peut pas convenir à tout le monde »
Alors, heureuses ? Bof. Toutes les compositions ne se valent pas. Plâtrage, brillance excessive, couleur bizarre : certaines clientes ont été déçues. « Une seule crème ne peut pas convenir à tout le monde, confirme le Dr Nina Roos, dermatologue. Toutes les peaux sont différentes et leur physiologie évolue au cours du temps. » Surtout, les peaux grasses, ou ayant beaucoup d'imperfections, ne doivent pas s'y risquer. « On voit des cas d'acné. Des BB Cream trop épaisses peuvent boucher les pores ».
Faut-il bouder les BB creams ? Non, mais on doit connaître leurs limites. Elles s'adressent aux peaux sans problème et ne s'appliquent pas nécessairement tous les jours ni toute l'année. « Dès que l'on se sent moins à l'aise, ou que l'on souhaite plus de précision, il faut revenir aux crèmes, sérum, poudres », estime le Dr Roos. Dernier conseil : évitez d'empiler les couches de cosmétiques. Sinon, gare à l'effet Frankenstein au démaquillage.