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Sarthe. La fin du port du masque à l’intérieur divise les Sarthois : « Le Covid est encore là  ! »3 |
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À l’intérieur de la librairie Thuard lundi 14 mars 2022, plusieurs clients ont préféré garder leur masque chirurgical. « C’est à peu près moitié-moitié », indique Anneke Thuard. © Le Maine Libre – Yvon LOUE
Le port du masque n’est plus obligatoire dans la majorité des lieux clos depuis lundi 14 mars 2022. Un soulagement pour certains, en particulier les personnes travaillant avec toute la journée, mais un manque de prudence pour d’autres qui voient des raisons politiques à cette décision gouvernementale.
Cela faisait depuis juillet 2020 que Gérard, 72 ans, n’était pas allé chercher sa baguette de pain avenue Bollée au Mans sans masque sur le visage. Lundi 14 mars 2022, l’obligation du port du masque dans les lieux clos a été levée par le gouvernement, hormis dans les transports et les établissements de santé. On va vite se réhabituer. Il ne faut pas oublier que ce qui est bizarre, c’est de porter un masque et non l’inverse !
, s’amuse le sexagénaire. Mais pas d’excès de confiance non plus chez ce Manceau : Ce serait mentir de dire que je ne suis pas inquiet
, confie-t-il.
Avec lui au même moment dans la boulangerie Fortin, plusieurs clients sarthois sont masqués. C’est à peu près 50/50
, indique la patronne des lieux, Clarisse : Ce sont en général les personnes âgées qui le gardent
. Une prudence que les concernés expliquent notamment par la recrudescence des cas de Covid-19 ces derniers jours dans plusieurs départements, dont la Sarthe.

Patricia, 72 ans, se rend souvent à l’Ehpad et se sent mieux protégée avec un masque. Le Maine Libre
+ Covid-19. Suspension du pass vaccinal, fin du port du masque : ce qui change à partir du 14 mars
Un soulagement pour la majorité des commerçants
À la boulangerie La Boussinière, c’est le jour et la nuit !
. Les clients comprennent ce que l’on dit, et on est bien plus à l’aise pour travailler tout au long de la journée. C’est un soulagement
, expliquent les vendeurs et la patronne. Si l’affiche mentionnant l’obligation du port du masque a disparu de la porte d’entrée de la boulangerie, ce n’est pas le cas du plexiglas entre la caisse et la boutique. On comprend les clients qui peuvent être un peu plus inquiets, donc on l’a laissé. Si plusieurs d’entre eux nous avaient demandé de remettre le masque on l’aurait fait, mais ça n’a pas été le cas
.
Patricia, 72 ans, fait partie de ces clients qui garderont le masque. Opérée il y a peu, elle ne sort jamais sans, FFP2 le plus souvent. Je respire très bien avec, et je suis habituée maintenant. Je trouve ça plus prudent
, explique celle qui se rend souvent en Ehpad. Un point de vue partagé par Serge, même âge. Le nombre de cas est en train de repartir, ce n’est surtout pas le moment de l’enlever !
, s’exclame-t-il.

À la boulangerie Fortin, avenue Bollée, Noémie, Eulalie et Clarisse (la patronne) sont soulagées de travailler sans le masque. Le Maine Libre
À l’intérieur de la librairie Thuard, rue de l’étoile au Mans, chacun apprécie la situation comme il l’entend. Ségolène, l’une des salariés, le porte au poignet, comme un accessoire de mode
, rigole-t-elle. Je suis arrivé en mai dernier, et je n’avais jamais vu mes collègues travailler sans masque
. Anneke Thuard est heureuse de pouvoir enfin remettre du rouge à lèvres. J’ai fait des économies dessus depuis deux ans !
, s’esclaffe-t-elle. Maggie, une de ses libraires salariés, le porte encore sur le nez et la bouche. J’ai dû mal à m’en défaire, je pense que je suis trop habituée
.
Une sensation « bizarre »
Noémie, Mulsannaise de 28 ans, a enlevé son masque direct
ce matin. Vendeuse à la boulangerie Fortin, avenue Bollée, elle trouve sa matinée du 14 mars plus agréable
, sans buée sur les lunettes. Mais tout de même, quelque chose lui semble clocher : J’ai tout le temps l’impression d’avoir oublié quelque chose. Ça fait vraiment très bizarre !
. L’impression parfois d’être dans un rêve où il nous manque des habits
, plaisante Anneke Thuard. Un autre libraire se dit surpris de revoir des dents
.
Mais plusieurs Sarthois rencontrés ne se font pas trop d’illusions. Cette levée de restriction pourrait, selon eux, ne pas être définitive. C’est certain qu’il y a encore du covid. Ma mère l’a attrapé très récemment. La fin de l’obligation de porter le masque, c’est très politique
, racontait Patricia, 63 ans, masque sur le visage dans la galerie du centre commercial des Jacobins. Laurent, quant à lui, en est persuadé : « Ils sont en train de reconfiner en Chine. Après les élections, c’est à nous ! ».
À l’école et au lycée, c’est aussi mitigé
Edgar, 7 ans et demi, est en classe de CE1 à l’école Édouard-de la-Boussinière au Mans. Il était impatient d’aller à l’école ce lundi matin. Depuis vendredi soir, il dit qu’il est pressé de voir ses copains sans masques
, explique son papa Sébastien. Ça m’a fait un tout petit peu bizarre au début, mais c’est mieux comme ça. On n’avait du mal à se comprendre quand on le portait
, glisse le jeune garçon.
Se protéger du regard des autres
Au collège et au lycée, quand les professeurs conservent le masque, c’est clairement en raison de la présence encore bien réelle du virus
voire à la demande de certains élèves, pour les rassurer
. Mais du côté des élèves, porter ou non le masque reste plus complexe : le masque les protège également du regard des autres. C’est gênant, en dehors de la famille, de montrer son visage et de voir celui des autres
, témoigne Fanny, élève de 3e qui dit s’être habituée à le porter.
Humeyra, lycéenne, a décidé de garder son masque par coquetterie
, et non par peur du virus qu’elle juge banal
. C’est devenu un accessoire que l’on peut accorder à notre tenue
. Un peu plus tard dans la conversation, elle admettra que c’est difficile de l’enlever d’un coup
.
+ Sarthe. Contre le masque à l’école, ce collectif de parents saisit la CEDH

Edgar, 7 ans et demi, était content de « voir ses copains sans masque » à l’école Édouard-de la-Boussinière ce lundi 14 mars 2022. Le Maine Libre
Lycéenne également, Alexia n’a pas envie d’être vue sans, d’être jugée
. Je suis timide, c’est sans doute une façon de me cacher
. Son amie Maryne n’a en revanche pas hésiter une seconde : C’est un vrai soulagement, j’avais du mal à respirer avec
. Amaël avait lui aussi très envie de l’enlever, mais je suis quand même venu avec ce matin, je voulais voir ce qu’allaient faire mes camarades. Comme beaucoup l’ont retiré, je ne me suis pas privé
.
Vu sur un site agricole:, par geste barrière on considère plusieurs mois après la fin de problèmes visibles, donc masques jusqu'à juillet.-