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Sarthe. Contre le masque à l’école, ce collectif de parents saisit la CEDH... |
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Le collectif Les Parents atterrés réclame que soient analysées les conséquences du masque porté en quasi-continu par les enfants. © Jérôme Fouquet/Ouest-France
Le port du masque à l’école a-t-il des conséquences néfastes à l’apprentissage des savoirs ? Fustigeant l’obligation faite par l’État français, Le collectif sarthois Les parents atterrés a saisi la Cour européenne des Droits de l’Homme.
« Une mesure restrictive des droits et des libertés doit être à la fois appropriée ou adaptée, nécessaire et proportionnée » : en 2017, lorsque Jean-Marc Sauvé, alors vice-président du Conseil d’État, prononçait ses paroles devant des étudiants, la Covid-19 n’avait pas bouleversé la planète.
C’est bien sur cette notion d’équilibre que le collectif des Parents atterrés fonde sa contestation du port du masque à l’école. Le collectif sarthois, animé par Nicolas Landy et Hélène Dupont, poursuit son combat contre ce qu’ils estiment être une violation des droits à la santé et à l’instruction des enfants à l’école élémentaire. Depuis des mois, nous réclamons une évaluation qui mesure le rapport coût/avantage d’une telle mesure, qui ne devait durer que quelques semaines
, dénonce Nicolas Landy.
Un bilan pour savoir
Sans réponse de l’Éducation nationale, alors que le collectif a recueilli, assure-t-il, de nombreux documents émanant de médecins et de spécialistes de l’Éducation, le combat juridique se poursuit devant la Cour européenne des Droits de l’Homme. Une décision logique alors que le 1er juin, Les Parents atterrés ont été déboutés de leur demande auprès du Conseil d’État.
Les avocats Jean-Baptiste Vigin et Claire Murillo vont maintenant devoir convaincre la juridiction européenne que la France ne peut plus continuer, aux dépens d’apprentissages de qualité dans les petites classes, à contraindre les enfants dès 6 ans à porter le masque du matin au soir. Nous ne sommes pas anti-masques,
prévient Nicolas Landy. Seul ce bilan coût/avantage, réalisé dans des conditions d’indépendance, de transparence et de pluralisme, permettrait de savoir si les restrictions de liberté considérables et dommageables imposées aux enfants sont justifiées.
Le collectif, qui porte ce message émanant de 74 départements, se trouve face à une Cour européenne qui enregistre quelque 60 000 requêtes chaque année, pour n’en retenir qu’environ 20 %. Comment espérer être entendus ? En observant la démarche du collectif du Maine-et-Loire, Parents d’Angers. Leur demande a été jugée recevable. Le collectif sarthois espère maintenant que la juridiction basée à Strasbourg jugera utile d’unir les demandes.