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Pays fléchois. RENCONTRE. Un « petit coin de paradis » pour les pêcheurs... |
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Dave Barbier sur son flot tube. La pêche est l’une des activités phares du Loir. © Dave Barbier
Cet été, Ouest-France plonge dans l’intimité du Loir, en allant à la rencontre de ceux qui y vivent, qui en vivent, qui s’y ressourcent ou qui s’y détendent. Pour ce deuxième volet, nous partons à la pêche, avec un mordu qui y traque le poisson depuis 40 ans.
Depuis qu’il a été rendu à la nature (1), le Loir est (re)devenu un petit paradis pour les poissons. Gardons, tanches, perches, carpes, sandres ou silures prospèrent (presque) en paix dans ce cours d’eau où, depuis plus de cinquante ans, seuls s’aventurent kayakistes et pêcheurs embarqués. Les seconds étant bien moins rares que les premiers.
Courant faible, eau claire et plutôt pure, faune abondante, la rivière se prête à merveille à la cueillette du poisson. En pleine nature, loin de la ville, avec un débit toujours suffisant et, souvent, des copains qu’on croise une canne à la main pour discuter
, savoure Dave Barbier.
+ À lire également : Pays fléchois. C’est mon Loir : « une rivière discrète, presque secrète »
40 ans à taquiner le poisson
Cet habitant de Bazouges-Cré-sur-Loir est un fidèle du Loir : il y pêche depuis quarante ans ! J’ai commencé à 6 ans, avec mon père et mon grand-père
, glisse-t-il. La rivière, ce mordu en apprécie le calme, l’isolement, le côté sauvage
.
Il aime aussi le fait de pouvoir y pratiquer toutes les pêches
. Tranquillement installé le long de la rive, en flot tube (petite embarcation gonflable) pour trouver les carnassiers dans des endroits peu pêchés
, ou en barque, pour musarder sur 2 ou 3 km, porté par le courant, entre le camping et le moulin des Pins
.

Gardons, tanches, perches, carpes, sandres ou silures, on trouve beaucoup d’espèces différentes dans le Loir. Dave Barbier
Le Loir, pour Dave Barbier, c’est aussi, et peut-être surtout, une rivière poissonneuse. Les anciens cuisinaient leurs prises. Les plus jeunes pratiquent le no kill : on relâche les poissons qui, forcément, sont plus nombreux
.
Des prises de 2 mètres
Et on trouve de belles bêtes dans la rivière. J’ai pris un esturgeon d’1,90 m, un silure de près de 2 m, des carpes de 18 ou 20 kg, souffle celui qui est, aussi, le trésorier de l’antenne locale de l’Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA). Le Loir n’est pas navigable et les espèces s’y développent tranquillement. Mais avec la pêche no kill, les poissons sont plus malins. Ils apprennent et se font rarement ferrer deux fois.
Reste qu’il n’est pas exceptionnel, pour lui, d’attraper dans une même journée deux ou trois carnassiers, ou une vingtaine de perches
.
Un « petit coin de paradis »
Bref, le Loir, c’est un petit coin de paradis
, pour notre passionné. Je suis sur l’eau presque tous les week-ends. En semaine, aussi, souvent après le boulot
. Avec sa compagne, parfois. Avec son labrador, également. Seul, le plus souvent.
C’est différent de la pêche en lac, à la Monnerie par exemple. Moins statique, avec plus de courant, un débit d’eau qui varie, parfois très vite
… Il faut plus de travail pour débusquer les prises, avec les herbes, les trous, les dénivelés…
On le devine, Dave connaît parfaitement son Loir. Et en quatre décennies, il l’a vu changé : L’eau est plus claire aujourd’hui, avec moins de pollution. Ce qui change surtout, c’est l’herbe. La rivière gel moins qu’avant, les herbes restent même l’hiver. C’est plus compliqué pour trouver du poisson. Il faut connaître un peu… ».
Mais ses bons spots, ce fin connaisseur de la rivière les gardera pour lui. Évidemment.
(1) : La rivière a été radiée, en 1957, de la liste des voies navigables.