|
Le Mans. Faites Lire : « Le livre dans la rue, c’est bien aussi »... |
4
Ce samedi, le livre s’est invité dans les rues, à la rencontre des passants comme ici devant la librairie Bulle © Photo Le Maine Libre – Yvon LOUÉ
Pandémie de Covid-19 oblige, il fallait se montrer imaginatif pour garder ouvert le chapitre de la fête du livre en ce samedi 10 octobre 2020 au Mans. Pari tenu avec « Faites lire ! ».
Entre lectures dans la rue et rues du livre, débats aux Quinconces et dédicaces devant les librairies, ce samedi 10 octobre au Mans s’inspirait davantage du recueil de nouvelles que du roman, grâce à une succession d’histoires courtes semées dans le centre-ville.
À chaque lieu sa version du festival Faites Lire !
avec les moyens du bord destinés à respecter les consignes sanitaires. Ne rien organiser aurait été déprimant »,
note le romancier Serge Joncour, fidèle de la 25e Heure. Le Mans fait partie des week-ends qui rythment la saison. C’est une relation affective !
. L’auteur de « Nature humaine »
était donc ravi ce samedi de pouvoir débattre et rencontrer ses lecteurs, malgré la jauge très réduite imposée aux salles des Quinconces.
« C’est mieux que rien »
C’est mieux que rien
, fut l’expression la plus entendue hier. Des écrivains déjà privés de nombreux rendez-vous de la rentrée face aux salons rognés ou simplement annulés (comme Brive), aux libraires qui se sont mis en quatre pour offrir le meilleur accueil à leurs hôtes, chacun voyait en cette formule allégée du salon du livre un moindre mal.
C’est mieux que rien
, affirmaient aussi les lecteurs venus écouter aux Quinconces les histoires fluviales d’Eddy L. Harris, Emmanuel Ruben et Michel Jullien, ou retrouver Simone Veil et Gisèle Halimi grâce à Annick Cojean.
C’est mieux que rien
, assuraient les admirateurs de François Morel levés tôt ce samedi pour des dédicaces matinales devant chez Doucet ou les curieux qui faisaient la queue devant chez Thuard attirés par le rappeur Gringe.
C’est mieux que rien
, résumaient de concert les amateurs de BD, privés de la célébration grand format que Bulle leur offre à chaque édition de la 25e Heure. Ils ont trouvé leur bonheur parmi la douzaine d’auteurs réunis sous les mini-tentes. Il faut dire que la rue de la Barillerie annexée
par Sam avait fière allure.
« Faites Lire ! » s’est invité aussi avec succès dans les rues piétonnes autour des lectures du Petit Prince. Sur des mini-scènes, les personnages du roman de Saint-Exupéry joués par des comédiens donnaient la réplique aux enfants qui se sont pris au jeu.
Place de la République, les slameurs de l’association Open the gate
ont retenu les passants tandis que la tonique Diana Higbee (en)chantait le héros de Saint-Exupéry place de la Sirène.
Plus de grands barnums ni de foule dans les allées, mais des échanges masqués sans bousculade, des passants attrapés au passage par des lectures, des balades sur les traces de Saint-Exupéry et donc, un parfum de fête diffusé. Sur les pavés, les pages.
Le livre dans la rue, c’est bien aussi
, résumait Pierre-Michel Robineau, directeur de l’action culturelle de la Ville.