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Le Mans. Chronolignes pour des bus plus rapides : objectif 20252 |
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Voies réservées aux bus et nouveaux giratoires : avec les chronolignes, l’avenue Bollée aurait un tout autre visage. © Photo archives Le Maine Libre – Hervé PETITBON
Le projet de remplacement de trois lignes de bus au Mans (qui desservent aussi Coulaines et Pruillé-le-Chétif) par trois chronolignes plus rapides va modifier en profondeur de nombreux axes de circulation de la ville. Selon nos informations, après la consultation des habitants, la métropole s’apprête à voter, ce jeudi 28 janvier 2021, la poursuite du projet.
Au Mans, les lignes de bus 4, 5 et 6 seront remplacées par trois chronolignes, C4, C5, C6, qui seront plus rapides notamment grâce à des voies réservées sur une partie du tracé et de nouveaux giratoires. C’est tout du moins le projet de Le Mans métropole qui prévoit, selon nos informations, une mise en service en janvier 2025. Ce jeudi 28 janvier 2021, le résultat de la consultation préalable du public sera présenté lors de la réunion du conseil de Le Mans métropole, durant laquelle les élus seront amenés à voter pour la poursuite du projet.
Près de 200 contributions des riverains
En septembre et octobre 2020, en plus de présenter le projet des chronolignes dans son bulletin, sur ses réseaux ou encore dans les bus, la métropole a organisé des rencontres avec le public. 34 personnes sont venues lors des quatre permanences et 210 aux quatre réunions publiques. Les habitants pouvaient écrire une contribution, soit en ligne sur le site jeparticipe.lemans.fr, soit sur les registres présents lors des rencontres et déposés dans les mairies du Mans, de Coulaines et de Pruillé-le-Chétif. 92 contributions en ligne et 98 sur les registres ont été enregistrées. Un tiers de ces contributions concerne le partage des voies entre les différents modes de circulation (véhicules particuliers, bus, vélo, piétons). La ligne C4 est celle qui enregistre le plus de commentaires, notamment à cause du passage de la rue d’Eichtal à double sens.
Ligne C4 : ça coince rue d’Eichtal
La future ligne C4 entre Bellevue/Coulaines et Saint-Georges/Saint-Joseph diffère de l’actuelle ligne 4 en trois points. Si le passage par le quai Louis-Blanc et le tunnel Wilbur-Wright au lieu de la rue Delagenière semble être apprécié par les personnes qui se sont exprimées, tout comme le crochet par la gare, le doublement du sens de circulation rue d’Eichtal (la ligne C4 ne passerait plus par le boulevard Anatole-France en direction du centre) inquiète les riverains. Bruit, vibration et sécurité des piétons et cyclistes sont les motifs d’inquiétude. Le Mans métropole va intégrer ces remarques dans les prochaines phases d’études. Déjà , un nouveau schéma, toujours provisoire, fait figurer le passage de la ligne C4 par le boulevard Anatole-France au lieu de la rue d’Eichtal en direction du centre-ville.
Ligne C5 : une nouvelle desserte pour Gazonfier
La ligne C5 (Oasis/Centre des expositions – Gazonfier) change de terminus. Le bus ne devrait plus monter la rue Alfred-de-Vigny pour arriver rue de l’Éventail, mais filer tout droit direction la rue Douce-Amie, nouveau terminus… non loin de la future zone commerciale Leclec-Ikea de Béner. La métropole envisage alors la création d’une nouvelle ligne pour assurer une desserte de proximité de ce quartier
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Ligne C6 : pas de changement
La ligne C6 (Saint-Martin – République en passant par l’Épau), dont le tracé ne change pas de la ligne 6 actuelle, est celle qui a suscité le moins de commentaires.
Une cohabitation et des ronds points qui inquiètent les cyclistes
Pour permettre des gains de temps sur ces trois lignes, d’importants travaux seront entrepris. Il s’agit notamment de la création de nombreux ronds-points (où les bus seront prioritaires), par exemple avenue Bollée (dont l’un des plus importants se situe au carrefour de l’avenue Bollée et de la rocade), deux sur le boulevard Nicolas-Cugnot (rocade) aux croisements avec la rue Diesel puis l’avenue Jean-Mac, deux autres route de Sablé de part et d’autre de la rocade, un autre en ville entre la rue du Port et la rue Barbier…
Également au programme, la création de voies réservées aux bus : avenue Bollée, avenue Félix-Geneslay, une partie du boulevard Cugnot et de l’avenue Jean-Mac.
Le projet prévoit aussi la réfection totale de la chaussée sur de nombreuses portions : celles où il y aura des voies réservées aux bus mais bien d’autres, notamment la totalité de l’avenue Olivier-Heuzé et de la rue de Sablé.
Plusieurs cyclistes ont fait part de leurs craintes concernant la cohabitation entre les différents modes de transport et la traversée des nombreux giratoires. Plusieurs ont stipulé leur préférence pour des pistes cyclables plutôt que de simples bandes cyclables ou des voies partagées. Une revendication entendue par la métropole qui travaillera selon cet ordre de priorité en fonction de l’espace disponible : pistes cyclables, bandes cyclables, partage des sites banalisés avec les bus ou zones 30.
Parkings relais
Durant les concertations, quelques remarques concernaient la possibilité de créer des parkings relais. La métropole a trouvé un terrain route de Pruillé-le-Chétif qui pourrait recevoir un parking relais pour la ligne C4 (faisabilité à étudier) mais n’estime pas justifié d’en créer d’autres, regardant plutôt la possibilité de créer des parkings de proximité, plus petits.
Hydrogène
Quels bus sur ces nouvelles lignes, sachant que la métropole a passé commande de dix bus articulés à hydrogène ? Ces dix bus seront déployés sur une des trois chronolignes. Les autres chronolignes seront desservies par des bus articulés.
Stationnement
Donner plus de place aux différents modes de circulation peut nécessiter de rogner l’espace réservé au stationnement. C’est notamment le cas rue d’Eichtal. La place de l’Éperon pourrait quant à elle devenir en grande partie piétonne. La concertation a fait ressortir quelques craintes à ce sujet, plusieurs personnes soulignant l’importance du stationnement pour les commerces. Les prochaines phases d’études préciseront l’espace disponible pour le maintien de stationnements et de zones de livraison.
Coût des travaux
Le projet actuel dépasse largement la simple création de trois chronolignes, puisqu’une grande partie des voies et des espaces concernés seront totalement repensés. D’où une augmentation de budget de 25 M€ depuis les études préliminaires. Il est question désormais de 48,8 M€ de travaux (33,8 M€ pour les aménagements liés aux chronolignes, 8,4 M€ pour les aménagements cyclables, 6,6 M€ pour les aménagements urbains). Il faut ajouter à cela 5,9 M€ pour les études, 3,9M€ d’acquisitions foncières, d’équipements et autres frais, et 2,1 M€ pour rémunérer le mandataire, soit un total de 60,7 M€.
Calendrier
Ce jeudi, les élus de Le Mans métropole seront appelés à voter pour décider de la poursuite du projet. Selon le calendrier prévisionnel, l’étude d’avant-projet, qui permettra de préciser tous les points soulevés pendant la concertation et d’affiner le budget, devrait se dérouler entre août 2021 et mars 2022, parallèlement à une nouvelle phase de concertation avec le public. La métropole pourra alors décider de la réalisation du projet. Une nouvelle période d’enquête débutera. Les premiers travaux pourraient alors commencer en février 2023 (réseaux), le chantier des chronolignes débuterait en juillet 2023, pour une mise en service en janvier 2025.
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Vu le manque de respect du code de la route par de nombreux chauffeurs sur les ronds-points déjà existants, il va falloir courir vite ou faire du vélo sur les trottoirs pour survivre.