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Le Mans. Chronolignes : les riverains de la rue d’Eichtal « n’en dorment plus »... |
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Les riverains de la rue d’Eichtal, que doit traverser la future chronoligne C4, au Mans, s’inquiètent pour leur sécurité. © Ouest-France
Les aménagements nécessaires à la création de chronolignes, au Mans (Sarthe), ne font pas que des heureux. Cyclistes et riverains de ces futures lignes de bus rapides élèvent la voix contre les risques en matière de sécurité.
Les chronolignes, ces « lignes de bus boostées pour être vraiment performantesÂ
, ne font pas que des heureux. Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement, lundi 28 septembre 2020, pour participer à la première réunion d’information publique, en présence des porteurs de projet mais aussi, à la dernière minute, de Stéphane Le Foll.
Le maire du Mans et président de la métropole, qui ne devait pas être présent, a finalement été dépêché sur place pour répondre aux inquiétudes des habitants.
En particulier celles des riverains de la rue d’Eichtal, à quelques pas de l’ancienne manufacture des tabacs du Mans. Une rue passagère, très utilisée, jusqu’ici en sens unique. Que devra traverser, pour rejoindre la gare, la future chronoligne C4.
« Vous parlez de sécurité, nous entendons danger »
Parmi les riverains inquiets, venus en nombre à la première réunion de concertation, un père de famille prend le micro et soupire :  Aujourd’hui, les habitants de la rue d’Eichtal ne dorment plus. Nous sommes tous stressés, angoissés, à l’idée de, demain, avoir une voie à double sens en bas de chez nous.Â
Le projet prévoit en effet la création d’une voie à double sens dédiée aux bus, en complément de celle dédiée à la circulation automobile, mais aussi la suppression de 11 places de stationnement, dont une réservée aux personnes à mobilité réduite, et la disparition de la piste cyclable.  Vous parlez de sécurité, nous entendons danger, poursuit, tourmenté, le riverain. Lorsqu’on sort nos poubelles, on se fait décoiffer par les bus ! Et on nous annonce des passages plus rapides, plus fréquents, en double sens ?Â
Équilibrer l’espace disponible
Un  vrai sujetÂ
, convient le maire, qui reconnaît que  l’alerte était nécessaire » et que « le débat est ouvert mais pas tranché ».
Les propositions fusent du côté des participants :  Pourquoi ne pas réduire la circulation des voitures pour inciter aux transports doux tout en évitant de supprimer des places de stationnement ?Â
, propose une cycliste mancelle. Comme elle, ils sont nombreux à élever la voix en faveur d’aménagements cyclables sécurisés.  Si les cyclistes roulent sur les trottoirs, c’est parce qu’ils ont peur de rouler sur les pistes cyclables ! Nous sommes séparés de la circulation motorisée par de simples bandes de peinture.Â
 L’aménagement urbain est limité par l’espace disponible, rétorque le président de la métropole. Il faut trouver un équilibre entre des trottoirs plus larges, des voies bus, des voies voitures, des pistes cyclables et des places de stationnement… La collectivité est comptable de la promotion du vélo, mais aussi de la vie des gens !Nous sommes obligés de faire des arbitrages.Â
Reste à savoir en faveur de quel mode de transport ces derniers pencheront.