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« On peut faire avancer les choses » : le Pays Vallée de la Sarthe planche sur la mobilité douce... |
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Autour des cartes de leur communauté de communes, les élus, ici ceux du Pays sabolien, ont réfléchi aux questions de mobilité sur leur territoire avec l’appui du bureau d’études Codra. © Céline Bihel
Le Pays Vallée de la Sarthe a lancé, début avril, une étude sur la mobilité. Si l’enquête est encore en cours, une première journée d’ateliers a eu lieu samedi 30 avril 2022 à Brûlon. Une seconde est prévue le 2 juillet avec les résultats de l’étude en mains.
Engagé dans un plan « climat » mais aussi dans un projet agricole et alimentaire de territoire, le Pays Vallée de la Sarthe entend s’attaquer au dossier de la mobilité, plus précisément au développement de l’usage du vélo au quotidien.
L’entité qui regroupe les communautés de communes du Pays sabolien, du Val de Sarthe et Loué-Brûlon-Noyen a fait appel à un cabinet d’études d’Île-de-France. Une enquête en ligne sur la mobilité baptisée « Se déplacer au pays » a été lancée. Samedi 30 avril 2022, un premier atelier était proposé, d’abord aux élus, puis aux habitants intéressés, en s’appuyant sur les cinq pôles déjà identifiés : Sablé/Solesmes, Loué/Brûlon, Noyen, La Suze/Roëzé/Spay, Coulans/Voivres/Spay.
Si du côté des élus, 35 sur 62 ont répondu présents, l’affluence attendue auprès des usagers n’était pas au rendez-vous avec seulement 10 % des 160 inscrits. « On se console en se disant que nous avons déjà obtenu plus de 700 réponses à notre questionnaire en ligne », se félicite Céline Bihel, la directrice du Pays Vallée de la Sarthe.
Le porte-monnaie, ce facteur déclencheur
Ces absences n’ont pas empêché de lancer la réflexion. « Les citoyens ont des envies, on peut faire avancer les choses. J’ai envie de dire que c’est encore plus vrai à la lumière du résultat de l’élection présidentielle où l’on a vraiment perçu les revendications d’ordre économique, pointe Anthony Mussard, le maire de Loué. Proposer une alternative avec des mobilités douces, c’est une solution. Si on parle d’écologie, on sait que l’on ne va pas forcément être entendu. Si on parle économie, le message que l’on veut faire passer va certainement trouver plus d’échos en se référant au coût des énergies. »
Bien loin des questions relatives aux ensembles urbains, le milieu rural a ses propres problématiques. Le pragmatisme est de mise. Il y a les désirs. Il y a la réalité. « On sait que ne pourra pas créer des kilomètres et des kilomètres de voies dédiées, assure Anthony Mussard. Il faut déterminer un besoin. La priorité est de cibler les relations domicile-travail, sur un rayon d’environ 8 km. »
À la recherche du temps perdu
À Sablé-sur-Sarthe comme dans la zone industrielle de Brûlon, des projets se font jour. Mais le Pays Vallée de la Sarthe sait que, quelque part, il court après le temps perdu.
Il existait une ligne de tramways entre Le Mans et Saint-Denis d’Orques. Elle n’a plus cours depuis le 1er janvier 1947. « Je construis le réseau des tramways, pour les 50 ans à venir. Au-delà , l’évolution de l’automobile modifiera les besoins », aurait déclaré Louis Harel de la Noë, l’ingénieur concepteur de cette ligne. Il ne croyait pas si bien dire sauf qu’aujourd’hui le coût de l’énergie fossile inverse les tendances.
Les élus cherchent des alternatives. La voie romaine entre Loué et Tassillé pourrait, par exemple, en être une. Ils sont aussi confrontés à des obstacles de taille. « Il est aberrant de voir que lorsque l’on a construit la ligne LGV, et cela date de 2017, c’est récent, nul n’est tenu compte des autres mobilités, peste Michel Briffault, le maire de Coulans-sur-Gée. On a coupé des voies et on a ramené du flux supplémentaires sur d’autres. »
Et de fournir l’exemple de la D357 entre Coulans et Chaufour-Notre-Dame coupée par la ligne LGV et dont le pont actuel ne permet pas d’envisager une piste cyclable pour relayer les deux localités alors que d’ici quelque temps Chaufour sera reliée aux pistes cyclables de Le Mans Métropole…
Malgré cela, le Pays de la Vallée de la Sarthe entend avancer. L’étude en ligne « Se déplacer au pays » sera clôturée le 15 mai 2022. « Avec l’enquête, on pourra mesurer l’implication et les besoins de la population », plaide Anthony Mussard. Rendez-vous est pris le 2 juillet pour le deuxième volet des ateliers.