Accueil Info Info en continu La Ferté-Bernard. Avec un compte à plus de 14 000 abonnés, « Instagram m’a permis de me découvrir »

La Ferté-Bernard. Avec un compte à plus de 14 000 abonnés, « Instagram m’a permis de me découvrir »

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photo  julie brunet a ouvert son compte instagram public il y a deux ans et demi.  ©  françois pobez 1

Julie Brunet a ouvert son compte Instagram public il y a deux ans et demi. © François Pobez

Julie Brunet a plus de 14 000 abonnés sur son compte Instagram. Elle veut faire partager à sa communauté le quotidien d’une jeune femme de 23 ans et casser les codes d’un réseau jugé parfois trop superficiel.

Derrière le pseudonyme de joliebrunette_ et ses plus de 14 000 abonnés sur Instagram, le réseau social de partage de photos, il y a Julie Brunet, 23 ans. Originaire de Dollon et après ses années de lycée à La Ferté-Bernard, elle étudie l’anglais, le russe et le chinois à Lyon et partage, depuis un an, son quotidien et des sujets qui la touchent en prônant le naturel et le positif. Elle nous explique pourquoi cette activité compte pour elle.

Le Maine Libre : Comment votre compte Instagram s’est-il développé ?

Julie Brunet : « En arrivant à Lyon, j’ai fait un premier shooting photo avec un photographe, j’ai partagé les photos sur Instagram et de fil en aiguille j’ai pu développer mon activité de modèle. Mais avec le Covid-19, j’ai commencé à publier beaucoup plus de photos de mon quotidien et j’ai gagné plus de 10 000 abonnés. On me dit souvent que j’ai un côté optimiste, que je suis capable de parler de tout et que je partage ma joie de vivre. On attire forcément plus de monde si on est positif et ouvert. »

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Quel est votre public ?

« Ce sont principalement des hommes. Je ne m’attendais pas à ça et j’aimerais être suivie par plus de femmes mais justement je m’en sers : je partage beaucoup de choses sur la féminité, la contraception, la beauté au naturel… Je reçois en retour des messages d’hommes qui me remercient, ça les intéresse, ils voient le quotidien d’une fille lambda. »

Quels sont les messages que vous transmettez ?

« Créer mon compte, ça m’a permis de me découvrir, j’ai beaucoup évolué. Je prône le naturel : pas de filtre, de retouche ou de maquillage. Aujourd’hui je suis des comptes que je ne suivais pas avant, ceux de femmes qui cassent les codes d’Instagram et qui rappellent que les réseaux sociaux ne sont pas la réalité. C’est ce que j’essaie de montrer à ma petite échelle : il y a beaucoup de superficiel, il faut faire attention, surtout pour les adolescentes, plus influençables. C’est important qu’elles ne se comparent pas à des mannequins à plusieurs millions d’abonnés qui n’ont que des photos retouchées ou filtrées. »

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Combien de temps par jour y passez-vous ?

« Je reçois beaucoup de messages et j’y passe des heures pour tous leur répondre. Ce n’est pas le même temps que sur mon compte privé où je regarde les publications des autres. Là je ne peux regarder que les messages que je reçois, les statistiques, les réactions sur ce que je publie… C’est devenu un loisir. »

Est-ce que ça pourrait devenir votre métier ?

« Je n’ai pas de but précis. Des comptes qui ont plus de 10 000 abonnés, il y en a plein et c’est trop peu pour en vivre. Alors on verra bien ce que ça donne. J’aimerais que ça évolue encore plus, avoir davantage d’abonnés mais pour l’instant je n’arrive pas à me dire que ça pourrait être un métier, j’en suis loin. Les instagrameurs font des collaborations avec des marques, moi je n’ai pas assez d’abonnés et si j’en avais assez, qu’est-ce que je pourrais leur partager ? J’en n’ai absolument aucune idée ! Je vis au jour le jour, j’avance et je verrai. Pour l’instant, ce que ça m’apporte me suffit. »

Et qu’est-ce que ça vous apporte justement ?

« Je reste totalement dans l’improvisation, sur un coup de tête je vais parler d’un sujet par rapport à une question qu’on me pose par exemple. J’interagis avec mes abonnés, je réponds à leurs questions, on partage des conseils, des points de vue. J’ai une petite communauté et je sais que je peux compter dessus si j’ai une question. J’ai toujours aimé aller vers les autres, j’ai besoin de partage et de contact : Instagram ça m’apporte tout ça, surtout en période de Covid-19. Avec le premier confinement, je me suis beaucoup raccrochée à ça. Les gens aussi étaient chez eux, ça nous a rapprochés. »

Quels sont les côtés négatifs de ce réseau ?

« Je n’en ai pas beaucoup, j’ai de la chance. Il y a juste les messages de drague des hommes qui veulent faire connaissance et tentent leur chance. C’est pas méchant, mais quand on en reçoit 10 ou 15 par jour, c’est lourd. »

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Comment votre entourage a-t-il vécu votre soudaine popularité sur Instagram ?

« Ma famille ne regarde pas forcément mon compte. Mes parents sont un peu réticents quand je poste des photos de vacances en maillot de bain par exemple, ils me rappellent de faire attention parce que beaucoup de personnes peuvent le voir. Mais ils suivent ça de loin. Mes amis sont fiers de moi et contents, ils ne pensaient pas qu’un jour j’arriverais à avoir cette communauté. »

Cette activité est-elle toujours bien comprise ?

« Certaines personnes ne comprennent pas que ça puisse prendre une telle ampleur. Aussi parce qu’ils ne comprennent pas qu’on passe autant de temps sur les réseaux sociaux et sur son téléphone donc ils ne pensent pas qu’on puisse y développer une activité, ils ne voient pas l’utilité. »

Que leur répondez-vous ?

« Je me sens utile dans l’échange avec mes abonnés : on partage, on s’apprend des choses. J’essaie de faire passer certains messages notamment aux hommes qui me suivent et quand j’ai des réponses me remerciant, je me sens fière et utile. Le principal c’est que je fasse quelque chose qui me plaît. Tant que ça génère du positif, c’est que c’est bon. »

 
Célia GENEST    Maine Libre  

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