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Inspiration Sarthe. Le Mans : sur Instagram, il présente l’actualité sous un filtre positif... |
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Pierre-Loup, Maxence et Mathieu, avec l'enseignant de l’EDHEC de Lille qui les accompagne sur le projet. © Photo Smile
À l’occasion de l’arrivée du printemps, « Le Maine Libre » vous propose une série d’articles qui met en avant les initiatives de Sarthois. Parmi elles, celle de Mathieu Bourné, jeune Instagrameur qui a pris le contre-pied des médias traditionnels en pleine épidémie de Covid-19. Le Manceau a lancé un compte dédié uniquement aux bonnes nouvelles. Et ça fonctionne.
Cofinement, Covid-19, décès, mal-être, anxiété. Mathieu Bourné, tout juste 20 ans, a saturé. Au lendemain du deuxième confinement, en novembre 2020, en pleine épidémie de coronavirus, le Manceau a coupé la télé. J’en ai eu ras-le-bol des infos anxiogènes »,
se souvient celui qui consommait l’information de manière furtive, passant des chaînes d’info en continu aux fils d’actu des réseaux sociaux, une oreille tendue sur RTL. Et les nouvelles captées de-ci delà l’ont complètement plombé.
« Donner une bouffée d’oxygène »
Après ce constat, partagé par ses camarades étudiants, combiné à une bonne dose d’ennui lié au bouleversement du planning de son école de commerce à Lille (Nord), Mathieu a eu envie de donner une bouffée d’oxygène aux gens
. II a rapidement réalisé que les médias traitaient également des actualités beaucoup plus positives, malgré une crise sanitaire sans précédent. Avec Maxence, étudiant comme lui, ils ont une l’idée de passer les infos au tamis, de n’en garder que les plus optimistes, et de les publier.
« Rassembler les jeunes autour de l’information »
Smile (1) était né. Le projet – « s’informer en souriant » – a pris corps sur le réseau social Instagram. Le plus adapté pour notre idée. Il y a tout le monde sur Instagram, c’est le réseau le plus créatif, en pleine croissance, très dynamique. Pile notre cible.
La cible, justement, c’est au départ, les étudiants. Les jeunes en ont marre du Covid. On n’est pas en mesure de se plaindre, il y a des situations bien pire que la nôtre. Mais aujourd’hui, on galère pour trouver des stages, on doit affronter une crise économique, une crise écologique, on a très peur du chômage. On va devoir relever des défis dans les années qui viennent. On ne peut plus voir nos grands-parents, même simplement faire du sport, ou faire la fête
liste Mathieu Bourné, lui-même en deuxième année à l’EDHEC, après avoir obtenu son bac au lycée Montesquieu, au Mans. On a voulu rassembler les jeunes autour de l’information. Tout en faisant prendre conscience aux gens qu’il y a aussi des choses qui vont bien.
Une information filtrée, donc, comme un baume sur des esprits angoissés.

Le Manceau Matthieu Bourné a co-créé Smile avec un ami étudiant. Photo Smile
Trois infos sélectionnées
Smile propose deux temps forts dans la journée. Une story matinale et un post en fin de journée. Trois infos sélectionnées, sorte de revue de presse « feel good ». Smile balaie les grandes thématiques de l’actu internationale, nationale et même locale, passant de la création d’un périphérique pour vélos à Caen à la (re)découverte d’une espèce éteinte en Indonésie.
Les codes reprennent ceux utilisés par des précurseurs dans le genre, dont Hugo Travers, fondateur d’HugoDecrypte - chaîne Youtube de décryptage de l’actualité prisée des jeunes ; il a également investi Instagram ou il recense près de 950 000 abonnés uniquement sur son compte principal. Et ça fonctionne. En moins de quatre mois, Smile a attiré quelque 9 000 abonnés. Et voit plus loin.
À l’origine, Maxence et Matthieu, rejoints par Pierre-Loup, étaient épaulés par l’un de leurs enseignants. Depuis peu, Emma et Célia ont intégré l’équipe, qui se partage la rédaction des posts et stories, l’animation du compte et l’élaboration des projets.
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Toutes les infos, piochées dans les médias traditionnels, sont sourcées. On vérifie au moins avec deux trois sources avant de choisir de publier »,
détaille Matthieu Bourné. Qui prévient en rigolant : Attention, je ne veux pas du tout devenir journaliste ! D’ailleurs, je n’écris même plus les posts ! Moi au départ, je suis plus passionné de tennis.
Mathieu a simplement saisi la balle au bond pour s’essayer à la création de projet dans un contexte ou tout le monde a le moral dans les chaussettes.
Et si cette activité menée en parallèle de ses études reste chronophage, pas question de se décourager. C’est une question d’organisation, et de passion. Vous pouvez tout faire si vous vous en donnez les moyens.
Optimiste sur Smile, Mathieu l’est aussi dans la vraie vie.
(1) Smile signifie « sourire » en anglais.