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« Je m’y consacre avec beaucoup de plaisir » : cet éleveur sarthois bichonne des bœufs japonais à la viande d’exception... |
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Jean-Luc Cornuel élève quelques bÅ“ufs de Kobé dans des herbages près de Chaufour-Notre-Dame (Sarthe). © OUEST-FRANCE.
Réputé pour la qualité de sa viande, le bœuf japonais est apparu en France il y a dix ans. À Chaufour-Notre-Dame (Sarthe), Jean-Luc Cornuel élève quelques bêtes et les propose aux professionnels et particuliers.
Faut-il encore présenter cette viande haut de gamme qui se laisse apprivoiser même par les couteaux les moins aiguisés ? Réputé pour sa tendreté et son persillage intense, le bœuf wagyu a depuis quelques années gagné les étals des bouchers et les tables d’amateurs disposés à y mettre le prix.
Le wagyu, qui signifie littéralement bœuf du Japon, ne se rencontre pas encore à tous les coins de pâturages sarthois. Dans ses champs vallonnés, près de Chaufour-Notre-Dame, dans la Sarthe, Jean-Luc Cornuel observe ses quatre bœufs prochainement destinés à l’abattoir. Chez le wagyu, c’est la viande qui a de l’allure mais pas les bêtes, peu semblables aux vaches culardes rencontrées dans les campagnes sarthoises.
« C’est une affaire familiale »
Fils d’agriculteur mais cheminot, puis chauffeur routier pendant une trentaine d’années, Jean-Luc Cornuel a conservé la passion de l’élevage. « J’aurais bien aimé être agriculteur. Maintenant que j’ai plus de temps, je me consacre à l’élevage avec beaucoup de plaisir. »
C’est avec ses deux fils qu’il a décidé, il y a dix ans, de tenter l’élevage de wagyu, une aventure au long cours. Ses deux enfants possédant des chevaux en Normandie, les bovins offraient une valorisation intéressante des herbages. « Nous ne sommes pas de professionnels, c’est une affaire familiale, on ne veut pas d’une exploitation de dizaines de bêtes » préviennent Jean-Luc et son épouse, Roselyne.
Après l’achat de trois vaches Salers est venue la phase de la transplantation embryonnaire et des résultats satisfaisants. Aujourd’hui, les premiers bœufs sont prêts à être abattus puis distribués par la société Chronofresh.
La famille, qui garde les femelles et vend les mâles pour la viande, fait voyager ses animaux ! Aux beaux jours, les bêtes paissent en Normandie, au Breuil-en-Auge, et passent l’hiver dans la Sarthe. Elles mangent exclusivement de l’herbe où tout produit phytosanitaire est exclu, avant une dernière phase d’engraissement dans un centre spécialisé. Le bœuf, recherché par les puristes, est généralement abattu à l’âge de trois ans et demi. Jusqu’à présent, la famille proposait les carcasses aux bouchers : elle développe maintenant une vente en caissettes de 5 et 10 kg à 55 € le kg. Un tarif certes élevé mais synonyme d’une viande haute couture, marbrée de blanc, capable de déloger la traditionnelle volaille des tables de Noël.
Contact : 06 47 35 03 33 ; 06 74 38 06 18.