Nous sommes très loin de l'Allemagne et des pays du nord de l'Europe, où un foyer sur quatre en possède. À peine 5 % des foyers français (1,5 million) sont équipés d'une machine à fabriquer des boissons pétillantes. Mais il n'y en avait presque aucun, il y a cinq ans, et les ventes explosent. « On table sur un triplement d'ici à 2016 », assure Philippe Chancellier, responsable de la société nantaise OPM, distributeur de SodaStream pour la France.
Quelle que soit la marque, le principe est globalement le même : une machine équipée d'un cylindre de CO2 alimentaire, une bouteille renforcée remplie d'eau du robinet. Tout est mécanique, on presse, pfffft, l'eau se charge en gaz. Reste à rajouter une dose de sirop concentré. On peut régler finement le taux de gaz sur certains modèles. Les appareils de base démarrent autour de 60 ?, jusqu'à 180 ? pour les plus évolués.
Le diabolo, très français
Malgré les tentatives de concurrents, SodaStream reste le leader quasi hégémonique (97,5 %, en France) d'un marché qui a profité pleinement de l'engouement pour le « fait maison ». La société fondée en 1903 en Angleterre a créé ses premières machines en 1955, a été rachetée par un fonds de pension israélien dans les années 2000 avant d'entamer, depuis 2008, une progression à la vitesse d'un jet de soda bien secoué. Quarante-trois pays éclaboussés jusqu'ici.
« Les saveurs comme cola et orange restent en tête, mais il y a des spécificités françaises, souligne Philippe Chancellier. La menthe et la grenadine (pour se faire des diabolos) ne se vendent qu'ici. » D'autres sont plus étranges, la saveur mojito (sans alcool) aurait été un best-seller l'an dernier. « Les premiers acheteurs étaient les familles avec enfants, mais les cocktails sans alcool et les machines les plus design ont séduit un public adulte. » Économie et écologie, les arguments des machines à gazéifier sont dans l'air du temps. Oui, il y a moins de déchets, le système de remplacement des bouteilles de CO2 (pour 12,50 ? dans 8 000 points de vente) est bien rodé.
Cependant, l'économie par rapport aux colas ou eaux gazeuses du commerce ne dépasse pas 20 à 50 %, selon la marque qu'on prend en référence. Mais c'est (presque) fait maison.
Testé pour vous
Ligne élégante et laquée, le modèle Source de Sodastream (149 ?) a de la gueule. La bouteille se clipse facilement. On appuie sur la partie mobile, une lumière indique le degré de gazéification. On enlève la bouteille sans s'en mettre partout. La limonade et le cola sont plutôt bons, le pamplemousse rose a ses adeptes, pas tout le monde : « On dirait un médicament », grogne un collègue. On a dû trop forcer sur le gaz, certains d'entre nous ont un peu mal au ventre.
Philippe RICHARD.