Elle concernerait plus de 80 % des femmes ! Le point avec le Dr Blanchemaison, médecin vasculaire et phlébologue, spécialiste du sujet.
Qu'est-ce que la cellulite ?
On en sait aujourd'hui beaucoup sur ce phénomène : une unité de l'Inserm travaille même dessus, tant la demande est forte ! On qualifie de cellulite un aspect peau d'orange visible à l'oeil nu, soit spontanément, soit en pinçant la peau. À l'exception de quelques hommes sous traitements hormonaux, elle ne concerne que les femmes. En fait, c'est du gras, mais pas n'importe lequel : une couche superficielle, localisée juste sous la peau.
Outre une prise de volume des adipocytes (cellules graisseuses), deux phénomènes interviennent : une rétention d'eau (mauvaise circulation sanguine et lymphatique) et une fibrose (modification des fibres collagènes). Selon le phénomène prédominant, on distingue trois types de cellulite : adipeuse (l'excès de stockage des graisses domine), fibreuse (un dysfonctionnement du collagène domine), avec rétention d'eau (une mauvaise circulation domine).
Est-ce dangereux pour la santé ?
La cellulite n'est pas une maladie, mais une disgrâce esthétique : elle ne peut évoluer vers des complications. La raison de son caractère inoffensif est qu'elle se répartit de façon gynoïde (hanches, fesses, cuisses, intérieur des genoux surtout). C'est différent pour les hommes : chez eux, la répartition des graisses, abdominale, expose à un risque d'infarctus.
Quels facteurs favorisent ce phénomène ?
On a identifié cinq grandes causes. La première est génétique : certaines personnes présentent naturellement un déséquilibre entre la lipolyse (fonte des graisses) et la lipogenèse (stockage des graisses) ; d'autres encore, un métabolisme de base (dépense énergétique au repos) peu élevé. La seconde cause est hormonale, puisque c'est l'équilibre entre oestrogènes et progestérone qui décide de la répartition des graisses dans le corps : chaque épisode de la vie hormonale (puberté, grossesse, ménopause, prise de contraceptif...) est donc susceptible de favoriser la cellulite.
La troisième cause est circulatoire : plus la circulation sanguine et lymphatique s'effectue mal, plus le risque de voir apparaître les capitons est important. La quatrième est alimentaire : la quantité d'aliments ingérés, mais aussi leur qualité, influence le stockage de gras dans le corps. La cinquième, enfin, est musculaire, une récente étude ayant montré le rôle de la tonicité des muscles dans la régulation de la masse grasse.
Peut-on éviter ou limiter son apparition et sa progression ?
Oui. Déjà en limitant la prise de poids ! Mais pas seulement : beaucoup de femmes minces souffrent aussi de cellulite. Il faut certes moins manger, mais surtout mieux manger, en limitant notamment les graisses saturées (beurre, crème, viandes grasses), cuites (cuisson au beurre, fromages à pâte dure...) et hydrogénées (plats préparés, viennoiseries, biscuits...).
Il est également indispensable de conserver un minimum de tonicité musculaire : il ne s'agit pas de faire du sport à outrance, mais simplement de marcher au moins trente minutes à une heure par jour. Enfin, il est conseillé aux personnes souffrant de troubles circulatoires de les limiter (porter des bas de contention, bouger, éviter les vêtements moulants, fuir les atmosphères surchauffées...).
Comment la gommer quand elle est déjà installée ?
Il existe un large panel de solutions, dont certaines ont fait leurs preuves au fil des années : l'usage de crèmes en massage, les compléments alimentaires à base de plantes, les soins - manuels (massages) et mécaniques (machines) - en institut de beauté et en kinésithérapie (Cellu M6, drainage lymphatique, palper rouler...), les soins en thalassothérapie et en cures d'hydrothérapie (aquadrainage), les traitements chirurgicaux (liposuccion) et médicaux (injections, laser...).
Ce qui est primordial, c'est de choisir le (ou les) traitement adapté à son type de cellulite : ainsi, la liposuccion n'est réellement efficace que sur les cellulites adipeuses, le drainage lymphatique sur les cellulites avec rétention d'eau, la mésothérapie sur les cellulites fibreuses... Il faut aussi être conscient que ces méthodes ne marchent que si elles sont suivies au long court et qu'elles s'accompagnent d'une bonne hygiène de vie. Enfin, il ne faut pas se précipiter sur d'éventuelles nouvelles techniques miracles, mais plutôt privilégier celles existantes qui ont déjà fait leurs preuves.