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TÉMOIGNAGE. Emploi en Sarthe : fin de carrière désenchantée pour un patron de PME du bâtiment... |
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Jacky Gérault, patron de Climelec, à Trangé. © Ouest-France
Manque d’ouvriers spécialisés, déplacements qui ne séduisent plus les salariés, crise sanitaire, flambées des matières premières… Dure réalité pour certains patrons comme Jacky Gérault, patron de Climelec Bâtiment à Trangé (Sarthe). Qu’il conservera encore deux ou trois ans.
Jacky Gérault, patron de Climelec Bâtiment à Trangé, raconte les difficultés d’être dirigeant d’entreprise au lendemain de la crise sanitaire.
« Depuis le Covid, mon entreprise ne vaut plus rien ! Seize ans que je dirige Climelec Bâtiment, avec trente salariés et trois sous-traitants. J’imaginais vraiment un avenir meilleur. On ne trouve pas de monteurs de bardage. Les oiseaux rares du bâtiment, et c’est comme ça partout. Une difficulté qui s’ajoute à celles de gars en déplacement qui, depuis la crise sanitaire, ne veulent plus dormir à l’extérieur de chez eux. Un chantier à Orléans ? Je suis obligé de prendre un sous-traitant. C’est dommage, l’ambiance avec les gars est bonne et les chantiers sont là . On est spécialisés dans la construction de bâtiment industriel et de logement. Je cherche un repreneur. J’avais trouvé, mais avec le Covid, la banque s’est désistée.
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400 % de marge en moins en un an
La hausse du prix des matériaux s’est aussi imposée à nous. En un an et demi, les isolants ont pris + 20 %, l’acier + 50 %, la visserie et les fixations + 30 %, pour qui, pour quoi, on ne sait pas ! Je pense que ce sont les grandes marques mondiales du bâtiment comme ArcelorMittal ou knauf qui font flamber les prix et en profitent. Résultat, nos devis passés ne correspondent plus à la facturation d’aujourd’hui. J’ai perdu un million d’euros, d’octobre 2019 à septembre 2020. Et pour 2020-2021, 400 % de marge en moins.
La solution ? Revoir les « contrats non révisables » pour répercuter la hausse sur les factures. Les chantiers publics acceptent de supprimer cette clause. Mais les investisseurs privés et les bailleurs sociaux, eux, ne veulent pas. Il faut absolument que l’État nous autorise à la supprimer. Mon entreprise, je compte la garder encore deux ou trois ans.»