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Sarthe. Comment cette soignante au PSSL bataille pour l’hôpital avec le collectif Santé en danger... |
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Christel Baldet, infirmière anesthésiste au Pôle Santé Sarthe et Loir (PSSL) du Bailleul, est membre du collectif Santé en danger (SED). © Photo : Ouest-France
Christel Baldet, infirmière-anesthésiste au Pôle Santé Sarthe et Loir du Bailleul (Sarthe), se mobilise au sein du collectif Santé en danger. Avec les autres adhérents, elle bataille pour faire émerger des propositions qui viennent du terrain, à quelques semaines du scrutin présidentiel.
« Il ne faut pas que je m’énerve », plaisante-t-elle ce matin-là , dans la cafétéria du Pôle Santé Sarthe et Loire (PSSL), où le rendez-vous a été fixé. Lorsqu’on la lance sur la thématique de la santé, Christel Baldet est survoltée. Cette infirmière-anesthésiste de 46 ans met beaucoup d’énergie pour alerter sur les problèmes dont souffre l’hôpital du Bailleul et plus globalement l’hôpital public.
Régulièrement, elle alarme le conseil municipal de Juigné-sur-Sarthe, où elle est élue, sur la situation du PSSL, toujours en proie à des fermetures des urgences. Syndiquée depuis peu chez Force ouvrière (FO), elle n’hésite pas à prendre part aux manifestations de soignants, comme à Paris, le 4 décembre dernier.
En ce moment, elle donne de son temps au collectif Santé en danger, lancé en 2020 autour d’Arnaud Chiche, médecin anesthésiste-réanimateur du Pas-de-Calais. « Ce collectif est né à la suite du premier Ségur de la Santé, qui s’est avéré insatisfaisant », fait valoir la soignante.
Depuis mi-février, l’organisation, qui compte plusieurs milliers d’adhérents à travers le pays et plus de 200 000 membres sur Facebook, a lancé sa propre série de consultations. Un « vrai Ségur » de 40 jours afin de nourrir des propositions « pour sauver la santé ».
« Il faut plus de volonté politique »
« Nous interrogeons des acteurs de terrain, des usagers, des représentants de la société civile… C’est en visio-conférence et accessible à tous, indique Christèle Baldet. L’idée, c’est d’être dans la proposition de solutions et non plus dans le simple constat. Avec des propositions ascendantes, qui viennent du terrain. »
Pour elle, le constat est en effet déjà clair : l’État doit mieux faire dans l’organisation de l’offre de soins. « Nous avons l’un des budgets santé les plus importants de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) mais il manque des plans. Il n’y a que des visions à court terme, il faut plus de volonté politique », analyse-t-elle. Elle pointe notamment le rôle des Agences régionales de Santé (ARS) : « Dans ma mission à l’hôpital, j’endors et je réveille. J’ai une obligation de résultat. Quid des gens de l’ARS qui ont la mission d’organiser les soins sur le territoire ? »
Dans ce contexte, quelles solutions émergent, par exemple, contre les déserts médicaux, ce mal qui ronge un département comme la Sarthe ? « On ne peut pas se contenter de proposer de meilleurs salaires pour attirer de nouveaux médecins. Il faut travailler sur l’attractivité globale, en mettant l’essentiel des services dans un rayon de 15 km », développe-t-elle.
Elle met aussi en avant l’idée de « guichets uniques » pour « mailler le territoire », où « tous les acteurs du soin seraient représentés pour fluidifier l’organisation, faire du lien entre les professionnels de santé, assurer de l’information et de la prévention auprès des populations ».
La quête des parrainages
Quand elle ne participe pas aux visio-conférences, Christel Baldet tente de convaincre les élus locaux de parrainer Arnaud Chiche à l’élection présidentielle. « Il n’a pas l’intention d’être élu mais sa candidature permet de parler de sujet de la santé », signale-t-elle. Localement, seul le maire sans étiquette de Parcé-sur-Sarthe, Michel Gendry, a décidé de parrainer le médecin, qui compte 12 parrainages. « C’est symbolique. C’est une façon de le mettre en avant dans les médias et de reconnaître le travail des soignants. Le sujet de la santé est l’un des plus importants avec l’environnement selon moi », explique Michel Gendry, l’édile parcéen. Tout en saluant le rôle de Christel Baldet : « Elle bataille dur. Elle m’a sensibilisé à cette démarche de parrainage et je n’ai pas hésité longtemps. »