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Santé. Une forte mobilisation pour la survie de l’hôpital du Bailleul

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photo  nadine grelet-certenais, maire de la flèche, demande au gouvernement de « rétrograder » sur la loi rist.  ©  yvon loue 6

Nadine Grelet-Certenais, maire de La Flèche, demande au Gouvernement de « rétrograder » sur la loi Rist. © YVON LOUE

La loi Rist fait peser une lourde menace sur le Pôle Santé Sarthe et Loir (PSSL), au Bailleul. Pour sauver leur hôpital, professionnels, syndicats, élus et usagers ont participé à la manifestation organisée ce jeudi 21 octobre 2021 sur le parvis de l’hôpital du Bailleul. La loi qui devait entrer en application le 28 octobre ne sera pas appliquée avant 2022.

Jeudi 21 octobre, au rond-point de l’échangeur de l’A11 au Bailleul, des routiers klaxonnent en solidarité avec les manifestants qui se dirigent, banderole au vent, vers l’hôpital. Postés au rond-point, quelques gilets jaunes applaudissent à leur tour. Ils ont profité de cette manifestation pour exprimer de nouveau leur ras-le-bol : ça fait deux ans qu’on le dit que l’hôpital du Bailleul va fermer. Il est grand temps que les élus et la CGT se réveillent…

Une foule très hétérogène

La manifestation n’a pas encore commencé que déjà, le parking de l’hôpital affiche complet. Les voitures sont maintenant stationnées le long de la Départementale 306. Des conditions inédites pour une manifestation d’un genre nouveau. Dans la foule, près de 500 personnes agglutinées sur le parvis de l’établissement, se retrouvent au coude à coude : du personnel en grève de l’hôpital (aussi bien médical qu’administratif), des délégués syndicaux, les élus locaux et départementaux toutes tendances politiques confondues, les trois sénateurs de la Sarthe, Jean-Pierre Vogel, Thierry Cozic et Louis-Jean de Nicolaÿ, et bien sûr, des usagers…

C’est du jamais vu au Bailleul : la grève a été suivie par près de 30 % du personnel. C’est historique, faudra bien l’écrire dans votre journal ! lancent des grévistes.

Dépasser les clivages politiques

Le maire de Précigné, Jean-François Zalesny le dit tout net : dans une affaire pareille, il ne peut pas y avoir de clivages. On est tous unis.

La loi Rist qui s’attaque au mercenariat médical en plafonnant le niveau de rémunération des médecins intérimaires, aura pour conséquence la fermeture de plusieurs services : urgences, bloc et maternité, au PSSL. Parce que la survie de l’hôpital du Bailleul est en jeu, les clivages tombent. Si on pousse tous dans le même sens, on pourra faire avancer les choses, c’est-à-dire améliorer cette loi », déclare Rémi Mareau, conseiller municipal de l’opposition à Sablé soutenu par La France Insoumise et Europe Écologie les Verts. Même réaction d’Eric David, le maire du Bailleul et retraité de l’hôpital : nous sommes tous concernés, c’est un sacré sujet.

Pour permettre à tous les citoyens d’être égaux face à l’accès aux soins, Nadine Grelet-Certenais, maire de La Flèche, implore le gouvernement de rétrograder. Quelques heures après cette manifestation, on apprendra que le ministre de la Santé a décidé de surseoir à l’application de la loi Rist, donnant un peu d’oxygène aux hôpitaux concernés.

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« Une loi impossible à appliquer »

Pour tous, qu’ils soient conseillers municipaux, maires, conseiller départementaux, députés ou sénateurs… il ne reste qu’une solution : travailler ensemble pour que ça s’arrange, comme le déclare Michel Gendry, le maire de Parcé-sur-Sarthe, même si cela demandera du temps, selon Guy-Michel Chauveau. L’ancien député-maire de La Flèche, qui, dans les années 2000, a participé à la fusion des deux hôpitaux de Sablé-La Flèche pour donner naissance au PSSL, ne veut pas voir ici le seul problème de l’hôpital du Bailleul, c’est un dossier global, cet hôpital se retrouve dans la même situation que beaucoup d’autres établissements, pour lesquels l’application de cette loi est impossible.

photo pascal grandet, de l’association audace 53, est venu exposer la situation de l’hôpital en mayenne : « même la maternité de laval est menacée de fermeture pendant cinq jours ».  ©  yvon loue

Pascal Grandet, de l’association Audace 53, est venu exposer la situation de l’hôpital en Mayenne : « même la maternité de Laval est menacée de fermeture pendant cinq jours ». YVON LOUE

Rendez-vous à Paris le 4 décembre

Pour preuve, une délégation est venue du Nord Mayenne pour rappeler la mobilisation de ces derniers jours à Mayenne : nous avons décidé avec les élus, les maires, les conseillers départementaux, les députés, les sénateurs, toutes tendances confondues d’aller à Paris, au ministère le samedi 4 décembre. Mayenne, Le Bailleul, Guingamp, Bourges, Oléron, Dole, Vitré, Fougères… ce sont partout les mêmes difficultés, partout les mêmes menaces. Nous demandons une entrevue à Olivier Véran, a annoncé, au micro, Pascal Grandet, président d’Audace 53, association des usagers pour la défense de l’hôpital et des services publics du Nord-Mayenne. La date du 4 décembre a été enregistrée par les élus.

photo « il est important d’élargir la lutte, nous vous accompagnerons à paris le 4 décembre », a lancé daniel chevalier, à l’adresse de pascal grandet, de l’association audace 53.  ©  yvon loue

« Il est important d’élargir la lutte, nous vous accompagnerons à Paris le 4 décembre », a lancé Daniel Chevalier, à l’adresse de Pascal Grandet, de l’association Audace 53. YVON LOUE

Elargir la lutte

Nous vous accompagnerons à Paris, car il est important d’élargir notre lutte, a lancé Daniel Chevalier, président de la communauté de communes du Pays sabolien et à l’initiative de ce rassemblement au Bailleul. Parmi les manifestants, certains se disaient prêts à suivre aussi le mouvement jusqu’au bout : S’il le faut, on montera à Paris pour apporter notre soutien, déclarait Jacques, un retraité venu manifester sa colère face à un tel gâchis.

photo le dr philippe bourrée, président de la commission médicale d’établissement (cme) interpelle les politiques au niveau national : « c’est triste pour la france qui avait un très bon système de soins »  ©  yvon loue

Le Dr Philippe Bourrée, président de la Commission médicale d’établissement (CME) interpelle les politiques au niveau national : « c’est triste pour la France qui avait un très bon système de soins » YVON LOUE

Ce gâchis, c’est celui que constate sur le terrain le Dr Philippe Bourrée, président de la CME (Commission Médicale de l’Établissement) du PSSL : l’hôpital public est en grande souffrance. Il y a un glissement du public vers le privé, si c’est une stratégie politique, il faut nous le dire. A ce jour des territoires entiers se retrouvent sans médecins hospitaliers. Avait-on anticipé ? J’interpelle les politiques, c’est triste pour la France qui avait un bon système de santé. Et ici, le PSSL est un bel outil. Avec la loi Rist, c’est un château de cartes qui s’effondre !

photo usagers et personnel soignant sur le parvis de l’hôpital pour une manifestation d’un genre inédit.  ©  yvon loue

Usagers et personnel soignant sur le parvis de l’hôpital pour une manifestation d’un genre inédit. YVON LOUE

en HT sur le print Beaucoup d’angoisse

Si cette loi est inapplicable aux yeux du Dr Bourrée, la direction prépare le terrain à l’hôpital du Bailleul, comme l’a fait savoir Marianne Belleguic, secrétaire CGT du PSSL : en réunion dernièrement, on nous a exposé trois mesures : en cas de fermeture de ces services, on commencerait par écrémer les heures sup, ensuite, le personnel des services concernés serait redéployé sur d’autres services et, pour finir, le scénario du pire, ce serait la mise à disposition du personnel dans d’autres établissements. D’où l’inquiétude dans le personnel : on est tous inquiets, vous imaginez les km à faire si c’est pour aller travailler au Mans ou à Angers, sans parler de la peur de l’inconnu, du changement de structure. Il y a vraiment beaucoup d’angoisse.

photo un mouvement historique au centre hospitalier du bailleul avec près de 30 % de grévistes dans le personnel soignant comme administratif.  ©  yvon loue

Un mouvement historique au centre hospitalier du Bailleul avec près de 30 % de grévistes dans le personnel soignant comme administratif. YVON LOUE

La loi ne sera pas appliquée avant 2022

Jeudi, en fin d’après-midi, le ministère de la solidarité et de la santé a annoncé un report de l’application de la loi Rist qui devait entrer en vigueur le 28 octobre. Après échanges avec les acteurs du système de santé concernés ainsi que des représentants professionnels et de syndicats, le ministre des Solidarités et de la Santé a décidé que la mise en œuvre de la réforme de l’intérim médical se ferait en deux étapes, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Dès le 27 octobre : par le renforcement des travaux préparatoires, avec notamment la réalisation d’une cartographie précise de la situation actuelle de l’intérim médical sur le territoire, et l’organisation dans les territoires des modalités d’accompagnement des acteurs dans la mise en œuvre de la réforme sous l’égide des directeurs généraux des agences régionales de santé (directions d’hôpitaux, communautés médicales, élus) ».

Le ministère ajoute que la réforme devrait s’appliquer dès que possible en 2022et rappelle que la rémunération liée à l’intérim médical est aujourd’hui plafonnée par décret à 1 170 € / 24 heures depuis 2020. Malgré ce plafonnement, la pression sur les établissements de santé et la permanence des soins laisse encore place à un mercenariat de l’intérim médical qui met en difficultés les finances des hôpitaux publics et le fonctionnement des équipes médico – soignantes.

Florence LOYEZ.

 
Maine Libre  

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