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Le Bailleul. Hôpital : urgences, bloc et maternité menacés de fermer d’ici à la fin octobre... |
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La nouvelle loi Rist fait peser une lourde menace sur plusieurs services du centre hospitalier du Bailleul. © Le Maine Libre
Les urgences, le bloc opératoire et la maternité sont menacés de fermeture au centre hospitalier du Bailleul en raison de la nouvelle loi encadrant la rémunération des médecins intérimaires. Daniel Chevalier, président de la CDC du Pays sabolien, tire la sonnette d’alarme ce samedi 9 octobre 2021.
Les mots manquent pour dire combien l’heure est grave.
Après les syndicats et les médecins, c’est au tour des élus de monter au créneau pour alerter sur un danger imminent : l’application de la loi Rist, qui, dès la fin octobre, pourrait mettre en péril plusieurs services du centre hospitalier du Bailleul. Les médecins de l’établissement ont exprimé leur inquiétude le vendredi 8 octobre 2021.
L’inquiétude des élus
Président de la communauté de communes du Pays sabolien, Daniel Chevalier qui était présent ce jour-là au Pôle santé Sarthe et Loir, ne cache pas son inquiétude. Elle est partagée par Sylvie Tolmont, députée de la 4e circonscription. Pour Daniel Chevalier, il est urgent de bouger
. En tant qu’élus, nous allons soutenir les actions qui seront menées
, annonce-t-il.

À l’issue de la réunion du conseil municipal, vendredi 8 octobre 2021, Daniel Chevalier, maire de Juigné-sur-Sarthe, a pris le temps d’exposer la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’hôpital du Bailleul. Le Maine Libre
Alerter la population
Mais avant, il faut alerter la population
. Pour lui, la menace qui pèse sur l’établissement du Bailleul est tellement énorme que les habitants ont du mal y croire
. Et pourtant, la situation n’a rien d’irréaliste : La conséquence de l’application de la loi Rist à partir du 28 octobre, c’est la fermeture des urgences, du bloc opératoire et de la maternité sous quinze jours
, insistent les soignants.
« Le remède est pire que le mal »
C’est l’effet pernicieux de cette loi Rist Au départ, cette loi a pour objectif de lutter contre l’explosion des rémunérations des médecins intérimaires, cela peut paraître plutôt bien. Sauf que finalement c’est cette loi qui va aggraver la situation de l’hôpital
. Et Daniel Chevalier de lâcher : Le remède est pire que le mal
. En cas d’encadrement des rémunérations, les médecins intérimaires qui perdront 25 % de leur salaire ne viendront plus assurer de remplacements à l’hôpital du Bailleul. Et sans ces médecins remplaçants, aucun des trois services (urgences, bloc opératoire et maternité) ne pourra fonctionner. Sans anesthésiste, pas de maternité. Et des opérations à déprogrammer
, insiste un soignant. Quand on sait que Le Bailleul est le deuxième établissement hospitalier du département, c’est impensable
, reconnaît Daniel Chevalier.
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Le même droit à la santé au Mans ou à Sablé
Vous n’aurez pas les mêmes chances de survivre à une crise cardiaque ou un AVC selon que vous habitez à Sablé ou au Mans. Il faudra compter 45 minutes de trajet pour être pris en charge au Mans.
Cette inégalité face au droit à la santé est inacceptable pour Daniel Chevalier : Les habitants du Sud Sarthe paient aussi des impôts, tous les citoyens doivent être égaux devant les soins. Ce sont des compétences de l’État qui doivent être les mêmes pour tous les territoires
. D’où cette volonté d’agir dès maintenant
.
Dépasser les clivages politiques
Daniel Chevalier travaille sur le dossier en étroite collaboration avec Nicolas Leudière, le maire de Sablé et Nadine Grelet-Certenais, maire de La Flèche. Les élus s’associeront aux actions qui seront enclenchées, il faut que cela dépasse les clivages politiques. C’est vital pour le territoire du Sud-Sarthe
, rappelle Daniel Chevalier qui, avec le maire de Sablé, a prévu de solliciter la présidente de la Région et le président du Conseil départemental. L’action des élus sera emblématique. Elle doit aussi permettre de faire circuler l’information auprès de la population
, conclut-il. Laquelle ne semble pas encore prendre toute la mesure du danger qui pèse sur son hôpital.