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Sablé-sur-Sarthe. L’ex-maire Marc Joulaud démissionne du conseil municipal... |
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Marc Joulaud, ancien maire de Sablé-sur-Sarthe, avait fait son retour au conseil municipal lundi 21 septembre 2020, après sa défaite face à Nicolas Leudière. © Archives Ouest-France
Marc Joulaud, ancien maire de Sablé-sur-Sarthe, passé dans l’opposition depuis sa défaite aux élections de 2020 face à Nicolas Leudière, a décidé de quitter le conseil municipal. Il a remis sa lettre de démission quelques jours avant la publication du jugement en appel de « l’affaire Fillon » dans laquelle il est impliqué.
Il se faisait de plus en plus rare aux réunions du conseil municipal ces derniers mois. On ne devrait plus l’y revoir de sitôt. L’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe Marc Joulaud a quitté son mandat de conseiller municipal d’opposition. Il a adressé sa lettre de démission à Nicolas Leudière, fin avril, a-t-on appris auprès du cabinet du maire ce jeudi soir, confirmant une information diffusée par Le Maine Libre quelques minutes plus tôt.
Cette décision est donc intervenue quelques jours avant la publication du jugement en appel de « l’affaire Fillon » dans laquelle il est impliqué aux côtés de François Fillon et son épouse Penelope. Condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis, une amende 20 000 € avec sursis et cinq ans d’inéligibilité en première instance notamment pour détournements de fonds publics, Marc Joulaud s’est vu infliger une peine quasi identique par la Cour d’appel de Paris dont le délibéré a été publié le 9 mai dernier : trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité, sans l’amende.
Pourvoi en cassation
Le trio avait fait part de son intention de se pourvoir en cassation pour examiner une éventuelle violation de la loi ou de la procédure pénale. Cette décision suspend la condamnation pénale de la Cour d’appel le temps que l’affaire soit réexaminée sur la forme. Marc Joulaud aurait donc pu théoriquement continuer à siéger.
Son groupe d’opposition au sein du conseil, Sablé au cœur, avait déjà dû faire face à la démission de Laurent Fournier, en mai 2021. Ancien adjoint de Marc Joulaud, il ne s’épanouissait pas dans le rôle d’opposant. « C’est une démarche purement personnelle », avait-il déclaré à l’époque, laissant sa place à Maryline Chaudet.
Contacté dans la soirée, Marc Joulaud n’a pas donné suite. Son groupe, sollicité via la conseillère municipale Anne-Marie Fouilleux, a préféré réserver sa réponse pour plus tard.
Ce départ pourrait bien marquer un coup d’arrêt définitif à la carrière politique de Marc Joulaud, dans le cas où son inéligibilité de cinq ans venait à être confirmée par la Cour de cassation. Un parcours en politique commencé au début des années 1990, lorsque ce natif de Mayenne a commencé à collaborer pour François Fillon, l’homme qui deviendra son mentor.
Maire à 40 ans
Encore étudiant en droit, spécialisé dans les collectivités locales, Marc Joulaud a rejoint François Fillon après une petite annonce publiée dans la presse locale. Il a été son chef de cabinet à la mairie de Sablé-sur-Sarthe et son assistant parlementaire de 1992 à 1996, puis son directeur de cabinet au conseil général de 1996 à 1998. Il l’a suivi ensuite à Nantes quand François Fillon est devenu président du conseil régional en 1998.
Les élections municipales de 2001 lui offrent son premier mandat : celui qui se destinait à un parcours de collaborateur politique accepte de devenir l’adjoint de Pierre Touchard. En 2002, François Fillon, qui vient d’être nommé ministre du Travail, lui propose d’être son suppléant aux élections législatives dans la quatrième circonscription. Un moment de bascule. Il est élu, puis réélu cinq ans plus tard.

Marc Joulaud avec Pierre Touchard, en 2007. Archives Ouest-France
En 2008, il devient maire de Sablé-sur-Sarthe à 40 ans. Il enchaîne un deuxième mandat en 2014, année où il est également élu député européen. Rattrapé à partir de 2017 par l’affaire des emplois fictifs de Penelope Fillon lorsqu’il était à l’Assemblée, il n’est pas parvenu à conserver son fauteuil de maire en 2020, défait pour une centaine de voix par Nicolas Leudière.
« Faire le choix de rester n’était pas vraiment spontané », confiait-il, à son retour au conseil municipal dans le camp minoritaire, en septembre 2020. Il ne sera finalement pas allé au bout de ce mandat d’opposant.