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Pour lutter contre les rodéos urbains, la Sarthe expérimente un dispositif inédit... |
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La saisie et la confiscation de véhicules, impliqués dans des rodéos urbains, coûte cher aux contribuables. Pour réduire la facture, le parquet du Mans (Sarthe) expérimente un partenariat avec plusieurs communes sarthoises. Le test est mené dans cinq autres villes en France. © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
La saisie et la confiscation de véhicules, impliqués dans des rodéos urbains, coûte cher aux contribuables. Pour réduire la facture, le parquet du Mans (Sarthe) expérimente un partenariat avec plusieurs communes sarthoises. Le test est mené dans cinq autres villes en France.
Le parquet du Mans (Sarthe) souhaite passer la seconde, pour lutter contre le phénomène des rodéos urbains. À l’instar de cinq autres confrères issus d’autres juridictions, la procureure Delphine Dewailly prend part à une expérimentation depuis début avril 2021, « en vue de l’arrivée des beaux jours et de la fin du confinement ».
Parmi les pistes, le Ministère public souhaite systématiser les saisies et confiscations de véhicules impliqués. Priver les conducteurs de leur voiture ou de leur moto serait aussi efficace qu’une « peine amende ou de prison », selon la magistrate mancelle.
La très chère question du gardiennage
Mais pour y parvenir, il y a d’abord la très chère question des coûts de gardiennage à régler. L’enjeu n’est pas neutre, quand on sait qu’en Sarthe, une voiture immobilisée en fourrière coûte 6,42 € TTC contre 3 € TTC pour un deux-roues. Avec à la clef, une facture qui peut vite s’envoler si la procédure judiciaire traîne.
Comment réaliser des économies ? Demander aux collectivités impactées par ce phénomène de jouer elles-mêmes les gardiennes. Dans le département, Le Mans et des communes de sa proche agglomération sont intéressées par le dispositif. « Avec les maires, nous recherchons des endroits où les véhicules pourraient être conservés le temps de la procédure judiciaire, sans qu’une facture ne soit présentée. Le but est qu’ils soient confisqués et deviennent à terme propriété de l’État, avec une remise aux Domaines. »
En parallèle, le parquet a constitué un Groupe local de traitement de la délinquance provisoire (GLTD), dédié aux rodéos. Au programme, des opérations de police et des jugements rapides de « rodéoistes », à l’occasion de « comparutions immédiates » notamment.
Delphine Dewailly se donne jusqu’au milieu de l’été pour récolter les fruits de cette expérimentation.