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Le temps d’une balade, la forêt de Perseigne révèle ses richesses au grand public... |
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Les promeneurs ont été sensibilisés par Jérôme Dodier, à gauche, aux épicéas atteints par les scolytes, un coléoptère qui s’incruste entre l’écorce et le tronc de l’arbre, qui est alors voué à une mort certaine. © Le Maine Libre
La forêt du nord Sarthe est particulièrement riche sur le plan de la biodiversité et les forestiers sont des guides indispensables pour révéler ses atouts et ses secrets aux yeux du public.
À l’occasion de la Journée internationale des forêts et à l’initiative de l’Atlas de la biodiversité communale (ABC) Perseigne, Jérôme Dodier, technicien territorial de l’Office national des forêts (ONF), et Rémi Jardin, chargé de mission ABC au Parc naturel régional (PNR) Normandie Maine, ont animé lundi dernier, à partir du Belvédère de Perseigne une balade commentée sur le travail, la gestion durable appliquée en forêt de Perseigne et les actions menées pour préserver la richesse environnementale de ce massif remarquable.
Une dizaine de personnes avaient répondu à l’invitation. « Le projet ABC concerne sept communes autour de Perseigne, pour avoir des données sur la biodiversité, pour une meilleure prise en compte des projets d’urbanisme. Toutes ces animations sont gratuites et financées à 80 % par l’Office français de la biodiversité (OFB) et à 20 % par le PNR qui compte 130 communes de quatre départements, Sarthe, Orne, Mayenne et Manche », explique Rémi Jardin.
5 000 hectares de résineux, chênes et hêtres
Avant d’entamer la balade, une présentation du massif forestier de Perseigne a été faite. « La forêt de Perseigne couvre 5 000 hectares, elle est semblable à la forêt d’Écouves dans l’Orne, mais différente des forêts de Sillé-le-Guillaume et Bercé. Ici nous comptons beaucoup de résineux, de hêtres, de chênes sur un sol rocheux à la limite du bassin Armoricain et du bassin Parisien », explique Jérôme Dodier.
« Nous sommes quatre techniciens forestiers affectés à la gestion du massif : chasse avec le comptage des grands animaux, martelage des bois pour leur gestion (abattage, vente), et quatre ouvriers forestiers qui œuvrent à l’entretien de l’espace forestier, voies forestières, élagage, fauchage, cours d’eau… » , poursuit Jérôme Dodier.
Vigilance redoublée sur les risques d’incendie
En cette période printanière, les techniciens forestiers redoublent de vigilance sur les risques d’incendie. Dans une période où les fougères sont sèches facilement inflammables notamment dans les zones de résineux. « L’ONF gère la coupe du bois en sous-traitant l’abattage à des entreprises spécialisées avec des engins mécaniques, ensuite le sélectionner et le proposer à la vente à un tarif de 2 000 à 3 000 € le mètre cube pour le chêne et 30 à 40 € pour les résineux qui n’intéressent plus beaucoup d’acheteurs ».
Une faune riche et variée
Au fil de la balade, Rémi Jardin, a commenté la faune et la flore de l’espace forestier, en signalant la présence de beaucoup d’amphibiens dans les eaux stagnantes ou les cours d’eau. La salamandre et les tritons se reproduisent en grande quantité et nous trouvons dans les cours d’eau de la truite fario, du chabot, de l’écrevisse Louisiane, des oiseaux, comme les pics, l’engoulevent, un couple de cigogne noire et des fourmilières qui sont un gage de bonne qualité environnemental de l’espace.
Non loin du Belvédère sur une parcelle de 10 hectares, un hectare va être consacré à un espace de biodiversité. Nous allons mettre à nu une parcelle pour y implanter de la bruyère, callune, myrtilles et des fleurs comme la digitale, etc.