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Le Mans. À la Journée de la solidarité, les futurs bénévoles ont « l’envie d’être utile »... |
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Le Mans, samedi 7 mai 2022. À l’occasion de la Journée de la solidarité, Béatrice se renseigne auprès de Christian Guibert, bénévole à France Bénévolat. © Le Maine Libre – Adèle JAMONNEAU
« Rester dans l’action », « aider les autres », « voir du monde »… Voilà les motivations des aspirants bénévoles qui faisaient le tour des stands de la Journée de la solidarité dans le but de s’engager dans une association, ce samedi 7 mai 2022 place de la République, au Mans.
Sur la place de la République du Mans, ce samedi 7 mai 2022, Béatrice a fait le tour des stands des associations mancelles. Cette habitante de Connerré âgée de 49 ans n’avait pas entendu parler de cette Journée de la solidarité. Elle se trouve là par hasard. C’est un signe !
, sourit-elle. J’avais l’idée depuis longtemps de m’engager mais je ne savais pas où me diriger. Je connais de nom France Bénévolat depuis un certain temps mais je n’ai pas osé franchir la porte. Je me demandais si je serais assez disponible et si je pourrais apporter quelque chose de concret.
La peur d’un engagement chronophage
On peut faire des dons, mais s’engager pour de vrai, c’est différent. Ça mérite une réflexion. Je ne veux pas faire les choses à moitié
, insiste cette assistante commerciale. Ce qui la motive : Aider les autres, les plus démunis, créer du lien social par rapport aux personnes isolées, encore plus depuis ces dernières années
, dit-elle en allusion aux confinements liés à la pandémie. En résumé : Avoir le sentiment de donner du sens à ses actions. Depuis plusieurs années, j’y pensais, mais je ne me sentais pas disponible. Pendant la crise du Covid, cette envie d’aider s’est renforcée. Je m’étais proposée sur une plateforme de gouvernement, mais je n’avais pas eu de retour.
À présent, elle est mûre pour passer à l’action
.
Christian Guibert, de France Bénévolat, est là pour l’orienter. Il connaît tous les besoins des associations sarthoises : 220 missions sont recensées dans un gros classeur (et sur le site internet sarthe.francebenevolat.org). Reste à trouver ce qui conviendrait à Béatrice en fonction de ses goûts et disponibilités. Il connaît la peur des aspirants bénévoles : Si je mets un doigt, je ne serai plus libre
, cite-t-il. Il y a une appréhension. On leur dit : c’est vous qui décidez, il faut se mettre d’accord avec l’association.

Les stands des associations se trouvaient sur les places de la République et des Jacobins. Le Maine Libre - Adèle JAMONNEAU
« Ça a changé ma vision de la vie »
Josette et Christine en savent quelque chose. Ces deux amies se sont rencontrées au Secours catholique. J’ai fait du bénévolat pour rester active pendant une période de chômage
, raconte Christine, une juriste âgée de 60 ans. Je faisais des cours de français et de l’accueil social pour les gens de la rue, les migrants… Je les aidais pour les démarches administratives. Deux journées et demie par semaine. Il faut de la disponibilité, c’est un vrai boulot.
Elle a d’ailleurs arrêté le bénévolat en retrouvant du travail, il y a trois ans, mais reprendra probablement à la retraite !
À la retraite, j’avais envie d’être utile, de voir du monde, de rester dans l’action. Ça n’a pas de sens de rester chez soi
, estime Josette, âgée de 75 ans, qui est toujours bénévole au Secours catholique, environ deux jours par semaine. Cette activité l’a ouverte sur le monde, raconte-t-elle : On découvre la précarité. Je ne savais pas ce que c’était. Ça a changé ma vision de la vie.
Le bénévolat, conclut Christine, ça évite de tomber dans l’individualisme.