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Incendie en Sarthe : la boulangerie du village vend ses baguettes au profit de la famille sinistrée... |
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Les boulangers de Chantenay-Villedieu, Laurent et Isabelle Bougeant, font preuve de solidarité avec le couple de sinistrés en misant sur leurs baguettes tradition. © Ouest-France
Après l’incendie qui a détruit la maison d’un couple d’éleveurs caprins à Chantenay-Villedieu, mercredi 10 janvier 2024, un élan de solidarité est né dans le village sarthois situé entre Sablé-sur-Sarthe et Le Mans. À commencer par les boulangers, qui ont décidé de reverser la recette de leurs baguettes tradition.
La maison qu’ils avaient construite en partie de leurs mains a été rongée par les flammes en quelques minutes, mercredi après-midi, au lieu-dit l’Aulnay, en sortie du village de Chantenay-Villedieu (Sarthe). Victor Binois et Morgane Leroux sont sains et saufs, tout comme leurs deux petits garçons de 3 et 6 ans. Mais ils ont perdu leur nid, posé au milieu de leur exploitation où ils élèvent des chèvres et des volailles de Loué.
Le sinistre a suscité l’émotion dans cette commune de 800 habitants où la famille de producteurs des P’tits biquoux est connue. Si bien que depuis l’incendie, un élan de solidarité s’est naturellement manifesté. C’est la boulangerie qui a initié le mouvement, avec le soutien de l’association Dynamique des artisans et commerçants de Chantenay, la très active DACC.
« C’est normal de faire quelque chose »
Les boulangers Isabelle et Laurent Bougeant ont ainsi décidé de reverser l’intégralité des recettes des ventes des baguettes tradition dont le prix a été relevé spécialement à 1,50 €. L’opération, qui devait commencer samedi, a démarré dès vendredi à la demande des clients. Elle est prévue jusqu’au 21 janvier, voire plus. Et c’est aussi possible de donner en achetant des baguettes classiques.
« Notre meunier nous suit en nous offrant la farine. C’est normal de faire quelque chose pour eux. Nous leur avons demandé leur accord avant. Ils étaient très touchés », indique Isabelle Bougeant, dont le mari Laurent, chef de la caserne des sapeurs-pompiers de la commune, était l’un des premiers à intervenir.
Une vingtaine de soldats du feu des environs ont été mobilisés à ses côtés sur ce feu dont l’origine demeurait inconnue en fin de semaine. Le maire, Régis Cerbelle, est repassé sur place vendredi matin. « Ils sont solides et encaissent. Leur moral n’est pas par terre », salue l’élu.
Il prévoit de mettre à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, le 24 janvier, l’organisation d’une collecte matérielle. « Il faut bien connaître leurs besoins. Faire ça avec méthode », souligne le maire. En attendant, une urne pour recueillir des dons en argent est ouverte à la mairie.
Côté hébergement, le couple d’éleveurs peut compter sur une solution familiale, dans une maison meublée à Avoise, pour les prochaines semaines. Ils espèrent pouvoir obtenir avec leur assurance l’installation d’un mobile-home sur leur exploitation d’ici la fin du mois de février, période de naissances des chevreaux et prélude de leur dixième saison d’activité.