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ENTRETIEN. Première année de mandat, chantiers, projets : le maire de Sablé-sur-Sarthe fait le point... |
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Nicolas Leudière, dans son bureau, à la mairie de Sablé-sur-Sarthe, lundi 4 octobre 2021. © Ouest-France
Nicolas Leudière a répondu aux questions de « Ouest-France » à l’occasion d’un entretien de rentrée, alors qu’il entame sa deuxième année dans le costume de maire de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe).
Élu en juin 2021 d’une courte tête face au maire sortant LR Marc Joulaud, Nicolas Leudière, musicien se présentant sans étiquette, entame sa deuxième année à la tête de la ville de Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). En cette rentrée, il a reçu Ouest-France pour faire le point sur les dossiers en cours et les projets à venir.
Comment vous sentez-vous dans le costume de maire, depuis un peu plus d’un an maintenant ?
C’est passionnant. C’est exaltant de voir les projets se construire, même si, comme je le dis souvent, j’aimerais que les choses aillent plus vite. Mais on est contraint par les procédures. Il faut aussi dire que je n’ai pas été aidé, comme tous les maires de France, par le Covid et sa gestion permanente.
Quelques projets se sont tout de même concrétisés…
Nous avons mis le bus gratuit, alors que 22 % des Saboliens n’ont pas le permis. Il y a les portraits en ville et cette ligne rose pour déambuler de manière originale. En partenariat avec la Communauté de communes, nous avons aussi racheté le Sablésien II (le bateau-restaurant de promenade sur la Sarthe, N.D.L.R.). On a également refait le mur du jardin public. En termes de sécurité, nous sommes passés de six à huit policiers municipaux (l’un d’entre eux est toujours en phase de recrutement pour pallier un départ à la retraite, N.D.L.R). Nous avons aussi étendu le nombre de caméras de vidéosurveillance. On en a remis une cet été à l’espace Henri-Royer. Là , on va en disposer une au niveau de l’aire de jeu du parc du château. Et on remet une sur le parking Paul-Doumer.
Mais en mai dernier, l’opposition menée par votre prédécesseur est sortie du bois pour dénoncer un « enlisement »… Que répondez-vous ?
Elle nous reproche de ne pas avoir fait en un an ce qu’elle n’a pas fait en douze ans. Je ne suis pas magicien. Il faut structurer les choses. Sablé est une petite ville avec des problématiques de grandes villes.
L’augmentation des impôts fonciers a notamment fait tiquer…
Ce n’est jamais un choix facile d’augmenter ces impôts. On s’est rendu compte que le taux de Sablé était beaucoup moins haut que dans d’autres communes. La taxe d’habitation va disparaître donc les Saboliens paieront quand même moins, malgré cette augmentation. Ça va nous permettre d’avoir des projets pour l’avenir et une trésorerie pour anticiper une baisse des dotations de l’État.
L’éviction du Directeur général des services commun à la Ville et au Pays sabolien a aussi été critiquée. Il a finalement été décidé de recruter un nouveau DGS partagé…
J’ai été élu pour défendre les intérêts des Saboliens. Je souhaitais que la personne qui mette en œuvre notre politique soit forcément en accord avec ce que l’on souhaitait, sans que cela desserve la Ville ou la Communauté de communes. Je veux avoir confiance dans la personne qui incarne la direction technique, car elle joue un rôle de vigie. Chose que je n’avais absolument pas avec le DGS qui avait travaillé avec l’ancien maire. On s’est entendu avec Daniel Chevalier (le président du Pays sabolien, N.D.L.R.) sur une fiche de poste et sur le profil que l’on souhaitait. L’offre d’emploi est lancée cette semaine. On veut résoudre ça rapidement.
L’autre dossier chaud, c’est l’implantation de la maison de santé. L’horizon se dégage depuis les résultats de l’étude de Novascopia ?
L’échange que l’on a eu avec les médecins dernièrement a été très constructif. Il faut qu’on continue dans ce sens. Il y a deux sites qui se dégagent : un à la gare, un autre à Gambetta. À Gambetta, le bâti est protégé mais ça n’empêche pas un projet. J’avais exclu qu’on rase le bâtiment et les Bâtiments de France m’ont donné raison. Sur le lieu en soi, je n’ai pas de problème. Mais on sait qu’une rénovation aura des coûts supplémentaires. Le choix sera présenté le 26 octobre.

Le site de l’ancienne école Gambetta fait partie des deux encore en lice pour accueillir la future maison de santé selon Nicolas Leudière. Archives Ouest-France
L’un de vos projets phares, c’est la passerelle enjambant la Sarthe, dont les Saboliens entendent parler déjà depuis longtemps. Où en est-on ?
C’est lancé. Là on est dans les études environnementales. Le choix du maître d’œuvre aura lieu au premier semestre 2022. Après il y a l’étude de conception et de réalisation d’ouvrages au deuxième semestre 2022-premier semestre 2023. Ensuite, il y aura la consultation des entreprises et l’attribution du marché. Le début du chantier devrait intervenir fin 2023-début 2024. Les travaux devraient prendre un an, un an et demi. Ça paraît long, mais on ne peut pas tout faire en un an.
Elle s’intègre au « Périph nature », cette boucle alternative à la voiture aussi promise…
Le tracé est en train d’être réalisé. On étudie notamment les zones qui nécessitent plus d’aménagements. On a pris un peu de retard et le prix des matériaux est en train d’augmenter mais j’espère toujours qu’on sera prêt en 2024.
Qu’en est-il des pistes cyclables dans la ville ?
Un premier tronçon de piste cyclable va se faire aux abords du Pole culturel, entre la rue Saint-Denis et le rond-point de la place du Champ de foire, d’ici le premier trimestre 2022, en partenariat avec la Communauté de communes. Pour le reste, une première commission se réunit le 18 octobre. On veut que des professionnels de la route et des habitants soient dans la boucle. Ça va se faire au coup par coup mais on a pris du retard.
Plusieurs chantiers sont aussi attendus concernant les infrastructures sportives…
L’aire de fitness imaginée avec l’association Ambition Sablé va être installée entre fin d’année 2021 et début d’année 2022 dans le parc du château. On attaque aussi le city-stade du quartier Gastines, le seul qui n’en avait pas encore. Le projet de rénovation des installations du tennis-club devrait aussi être terminé d’ici l’été prochain avec un terrain de padel et un terrain de beach-volley. Les travaux de la base de canoë devraient commencer début 2023. Et enfin la couverture du boulodrome doit arriver à la fin de l’été 2022.
L’école Saint-Exupéry va aussi bénéficier de travaux importants…
Une étude a été faite. C’est de la rénovation énergétique par l’extérieur, qui s’accompagne par la végétalisation de la cour. Ce sera lancé l’année prochaine. On part sur un coût de 1,2 million d’euros.
Vous venez de recruter une manageuse de commerce pour tenter de dynamiser le centre-ville. Combien de temps va durer sa mission ?
Marion Lecomte est recrutée pour trois ans, grâce au soutien financier du dispositif Action cœur de ville. Elle a rencontré les commerçants. Elle va décliner différentes actions. On va la laisser travailler.
Une application numérique est aussi dans les tuyaux ?
J’espère qu’elle sortira au mois de janvier-février. Elle hébergera une « market place » pour le commerce. Elle regroupera aussi les horaires de bus, de piscine, les inscriptions à la cantine, aux activités de la ville, etc. On a notamment une aide de la Région pour le développement de la « market place ».
Vous travaillez également sur un projet de galerie d’arts numériques…
Là aussi, c’est en lien avec Action cœur de ville. C’est un équipement qui propose des contenus culturels ludiques et numériques. Une sorte de musée virtuel qui réunit des milliers d’œuvres. On l’installerait dans l’ancien cinéma Carnot. On pourrait avoir une galerie d’arts numériques avec des expos du Louvre ou du musée d’Orsay à Sablé. On a déposé le dossier. Si on est retenu, ça se fera à partir de mi-2022. Ça doit servir aux écoliers et aux Saboliens qui n’ont pas l’occasion de fréquenter les musées.
Quid de l’avenir du festival baroque de L’Entracte ?
C’est un beau festival. Mais c’est un événement qui a 43 ans et il faut savoir se remettre en question. Le public est vieillissant. Qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans ? Le festival baroque fait partie du patrimoine de Sablé mais si on veut qu’il perdure, il faut lui redonner un coup de fouet pour attirer de nouveaux publics, à commencer par les Saboliens eux-mêmes.
L’actuelle convention avec la SNCF sur le passage de la LGV à Sablé s’achève en janvier. Où en sont les négociations ?
Des millions ont été injectés dans cette virgule, on ne peut pas se dire qu’on va diminuer l’offre alors qu’on parle de mobilité, de Parisiens qui viennent vivre en province. On a une gare TGV, c’est un atout incontestable. Il faut que ça continue. On a demandé un report de l’échéance de la convention et une rencontre avec le président de la SNCF. On ne peut pas se baser sur 2020 ou 2021. Il faut qu’on repousse au moins de deux ans cette échéance pour faire le point en 2024.
On a appris cet été que la Bibliothèque nationale française se désengagerait du château. Que va-t-il devenir ?
J’en ai discuté avec la directrice Annie Bonnaud : le départ de la BNF, ce n’est pas avant 2028-2029. Il ne faut pas attendre 2029 pour savoir ce qu’on va mettre dedans. On s’est rapproché de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot car le château appartient à l’État.