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Sablé-sur-Sarthe. La BnF s’en va, que va devenir le château ?... |
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Hôtel de luxe, musée éphémère… Toutes les pistes sont ouvertes pour l’avenir du château de Sablé-sur-Sarthe. © Ouest-France
Sablé-sur-Sarthe n’a pas été retenue pour accueillir un nouveau centre de conservation de la Bibliothèque Nationale de France. Le centre, déjà en place, va donc bien quitter le château en 2027. Les élus réfléchissent désormais à une nouvelle affectation du château.
La mauvaise nouvelle est tombée en début de semaine. La candidature portée par la mairie de Sablé-sur-Sarthe et la communauté de commune pour accueillir un nouveau centre de conservation de la Bibliothèque Nationale de France (BnF), n’a pas été retenue.
Pourtant, le projet avait été présélectionné, avec neuf autres candidatures, après un premier examen en mai 2021. Mais dans le sprint final, les arguments saboliens n’ont pas convaincu la BnF. « Le cahier des charges demandait d’être à portée de Paris et avec la ligne TGV cela nous mettait normalement hors concurrence avec des villes comme Nantes par exemple, développe Daniel Chevalier, le président de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe. Sur le foncier on était un peu juste mais nos deux sites rentraient dans les clous. »
« Une course à celui qui pourrait proposer le plus »
Dans ses exigences, la BnF demandait un nouveau bâtiment d’une surface de 15 000m² avec de possibles évolutions ou une réserve foncière. Comme sites candidat, les élus ont porté l’ancienne usine Ateca ainsi que le site actuel du château. Un choix jugé « fantaisiste » par la liste d’opposition Mieux vivre à Sablé, pointant les « 3000m² » de l’usine et le statut de domaine protégé du château.
Mais la plus grande contrainte apparue selon la mairie et la communauté de communes, vient des financements demandés pour ce projet. « Le centre devait au départ coûter entre 70 et 90 millions d’euros, commence Daniel Chevalier. Au fur et à mesure on s’est aperçu que c’était un souhait de voir les collectivités abonder dans le projet ». La candidature présentait ainsi une enveloppe de 20 millions d’euros destinée à participer au financement. « Mais d’autres collectivités ont dû mettre beaucoup plus et ça a dû jouer en leur faveur », pointe le président de la communauté de communes qui fait état « d’une course à celui qui pourrait proposer le plus ».

Sablé-sur-Sarthe accueille déjà un centre technique de restauration de la BnF, au sein du château. ARCHIVES OUEST-FRANCE
Parmi les villes également candidates, en concurrence avec Sablé, Le Mans et Laval ont aussi présenté un dossier. Contactée, la BnF ne souhaite pas communiquer sur l’avancée et les résultats de l’Appel à manifestation d’intérêts (AMI).
Départ de la BnF programmé en 2027
En actant le refus d’implanter ce nouveau centre de conservation de la BNF, l’institution confirme l’épée de Damoclès qui pesait sur les 40 employés du site. D’ici 2027, le centre de conservation actuel va quitter les murs du château. Les salariés restant seront reclassés auprès des autres sites de la BnF. Si le projet avait toutefois abouti, il aurait entraîné la création d’une soixantaine d’emplois supplémentaires, portant les effectifs à une centaine de personnes.

La BnF emploie actuellement une quarantaine de salariés sur son site de Sablé-sur-Sarthe. ARCHIVES OUEST-FRANCE
Se pose alors la question de l’avenir du château. Actuellement géré par l’État, l’édifice devrait devenir une propriété de la commune. Les frais de fonctionnement et de gestions seront alors assumés localement. « Rien qu’en chauffage, le bâtiment représente de très forts coûts qui devront être assumés », déplore Daniel Chevalier.
« Une école hôtelière, un musée éphémère, un hôtel de luxe… »
Alors pour tenter d’alléger la facture, la mairie et la communauté de communes cherchent une nouvelle affectation à ce bâtiment. « Ce pourrait être une école hotellière, un musée éphémère, un hôtel de luxe… Il y a plein de choses qui sont réalisables », lance Nicolas Leudière, maire de Sablé-sur-Sarthe.
Le premier magistrat sabolien pointe « l’intérêt touristique et toute l’économie à développer » autour de la bâtisse. Pour l’instant, aucun projet ne semble acté ou faire l’unanimité. « On n’a pas l’ombre d’une solution mais il ne faut pas en avoir à ce stade, sinon ce serait se couper des projets », abonde le président de la communauté de communes. « On va tout mettre sur la table », complète Nicolas Leudière.
Le maire de Sablé espère déjà pouvoir ouvrir le château aux visiteurs dès le printemps prochain. « On ne va pas attendre 2027 pour que ce château s’ouvre au public. Il faudrait pouvoir le visiter dès maintenant, au moins avec 2 ou 3 salles accessibles au début ».
Les discussions sont donc ouvertes concernant l’avenir de ce château. Pour le duo d’élus, ce refus de la BnF ne constitue pas un mal pour un bien, mais « on ne va pas rester dans notre coin à pleurer. C’est dommage mais désormais il faut rebondir », conclut Daniel Chevalier. Le compte à rebours est désormais lancé pour envisager l’après-BnF.