|
ENTRETIEN. Cette soignante sarthoise devient vice-présidente du collectif national Santé en danger... |
1
Christel Baldet, 47 ans, est infirmière anesthésiste à l’hôpital du Bailleul, dans le Sud Sarthe. © Ouest-France
Infirmière anesthésiste au Pôle santé Sarthe et Loir du Bailleul (Sarthe), la Sarthoise Christel Baldet vient d’être élue vice-présidente du collectif national Santé en danger. Elle revient sur le rôle de cette association qui se mobilise pour un meilleur système de santé en France.
C’est une Sarthoise engagée. Christel Baldet, 47 ans, infirmière anesthésiste au Pôle santé Sarthe et Loir du Bailleul et conseillère municipale à Juigné-sur-Sarthe, vient d’être élue vice-présidente du collectif national Santé en danger. Elle explique ce que fait cette association lancée il y a deux ans pour tenter de faire bouger les choses en matière de politique de santé. Entretien.
Qu’est-ce que le collectif Santé en danger ?
C’est un collectif né en réaction au Ségur de la santé, en juillet 2020. La consultation des acteurs du système de soin français n’apportait pas entièrement satisfaction parmi les soignants. Arnaud Chiche, un médecin anesthésiste-réanimateur du nord de la France, a lancé un cri de colère sur les réseaux sociaux qui a trouvé un écho. C’est le point de départ de ce mouvement apartisan qui alerte et qui défend toutes les professions de la santé.
Combien de membres ont rejoint le mouvement ?
Nous sommes plus de 240 000 membres, tous réseaux sociaux confondus, avec notamment notre groupe sur Facebook qui réunit plus de 220 000 personnes. L’association en elle-même compte 6 000 adhérents. L’adhésion est à 5 €. Le collectif est ouvert à tous, soignants et usagers.
Comment êtes-vous devenue vice-présidente ?
J’ai été officiellement élue lors de la dernière réunion du conseil d’administration, mi-novembre, à Paris. Jusqu’ici, j’étais investie sans titre particulier. Je me chargeais notamment de faire de la communication. En acceptant de devenir vice-présidente, je rejoins Thomas Brosset, l’autre vice-président, qui lui est chirurgien orthopédiste à Cavaillon (Vaucluse).
Quel est votre rôle désormais ?
Ça ne change pas fondamentalement les actions que je mène. Mais ce « titre » me donne une légitimité supplémentaire pour communiquer davantage avec les différentes instances pour interpeller, faire entendre la voix des soignants, notamment auprès des politiques et dans les médias. Je participe par exemple à la rédaction de tribunes et de lettres ouvertes.
Quels sont les axes de travail du collectif ?
Nous n’abordons pas seulement la santé sous l’angle de l’attractivité à l’hôpital mais de manière plus globale. On s’intéresse aussi par exemple à la décarbonation de la santé. Notre actualité du moment, c’est le volet santé du CNR (Conseil national de la refondation), lancé au Mans en octobre par le ministre François Braun. Nous voulons être partie prenante des groupes de travail. Nous avons déployé toutes nos antennes régionales dans les réunions organisées par les préfectures et les Agences régionales de santé (ARS). On ne peut pas dire que rien ne va et rester en dehors de l’action.
Cela fait aussi écho à votre « vrai Ségur de la santé »
Nous avons à cœur de partir du terrain pour remonter des propositions et dépasser les simples constats. C’est ce qu’on avait fait en effet avec six semaines d’auditions en début d’année auprès de différents experts de la santé et de la société civile. Cela avait débouché sur un document remis aux candidats à la présidentielle puis à ceux des législatives.
Quel regard portez-vous sur l’action du nouveau ministre de la Santé ?
Avant d’être ministre, François Braun était médecin urgentiste et président d’un syndicat d’urgentistes. Il nous a suivis et partage complètement nos orientations. Nous avons envie de croire en lui, mais sans naïveté.
Quelle serait la mesure la plus urgente à mettre en place pour le système de santé français ?
Revaloriser les salaires et mettre en place des ratios soignants-soignés plus éthiques afin de redonner du sens et de l’attractivité. La santé, ce n’est pas une entreprise avec des méthodes de taylorisation. Il faut prendre soin des soignants pour prendre soin des patients.