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En milieu rural, la désertification médicale s’accentue « à un rythme effréné »... |
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On compte ainsi deux fois moins de spécialistes pour mille habitants en campagne. . © OUEST FRANCE
C’est le constat de bien des élus locaux et de l’Association des maires ruraux de France. Elle vient d’ailleurs de réaliser une enquête attestant cet état des lieux. La situation s’aggrave. Il faut donc agir.
Sur 3 827 cantons, 91 étaient dépourvus de médecins en 2010 et 148 en 2017, soit 62 % d’augmentation. Par ailleurs, 3 062 cantons ont vu baisser leur densité médicale ces dernières années. Dans 1 108, elle a même diminué de plus d’un tiers.
Quelle est l’ampleur du problème en campagne ?
L’Association des maires ruraux (AMRF) estime que la désertification médicale « s’accentue à un rythme effréné. Le pire est même à venir ». Selon l’AMRF, dix millions d’habitants vivent, aujourd’hui, dans un territoire « où l’accès aux soins est de qualité inférieure à celle de la moyenne des territoires français ».
Comment en est-on arrivé là  ?
Alors que la population augmente, notamment les 75 ans et plus, la croissance du nombre de médecins ne permet toujours pas de suivre. Les territoires ruraux en font les frais. On compte ainsi deux fois moins de spécialistes pour mille habitants en campagne. Ce qui entraîne des retards dans les dépistages.
Quelle est l’ampleur de la pénurie ?
L’étude de l’AMRF rappelle que sur 3 827 cantons, 91 étaient dépourvus de médecins en 2010 et 148 en 2017, soit 62 % d’augmentation. Par ailleurs, 3 062 cantons ont vu baisser leur densité médicale ces dernières années. Dans 1 108, elle a même diminué de plus d’un tiers. « Par leur présence, les médecins généralistes salariés – employés dans les hôpitaux de proximité – évitent l’aggravation des déserts », se félicite l’AMRF. Problème : « 30 à 50 % des postes sont vacants » dans ces établissements.
Quel est l’âge moyen des médecins de campagne ?
Plus de la moitié a plus de 55 ans. Les jeunes praticiens se concentrent davantage en ville. Cette concentration a d’ailleurs doublé entre 2012 et 2020. Par ailleurs, la proportion de femmes (50 % de la population médicale) est plus forte de dix points en ville qu’en campagne.
Quels sont les territoires les plus en crise ?
Le Centre, Champagne-Ardenne, l’Auvergne (mis à part le Puy-de-Dôme), la Bourgogne (sauf l’est de la Côte-d’Or). « Des arrondissements, cantons, départements, régions sont en proie à une désertification médicale avancée », note Emmanuel Vigneron, géographe.
Quelles solutions ?
Les élus ont plusieurs doléances : développer les stages d’internes en médecine dans les zones sous-denses ; accélérer le recrutement de 400 médecins salariés ; développer les plateformes de télémédecine… Autant de mesures pourtant déjà prévues dans l’Agenda rural. Les maires demandent aussi à être « remis au centre des discussions » sur l’offre de soins. Ils plaident également pour une « départementalisation » des Agences régionales de santé, « bien trop éloignées » des territoires aujourd’hui, selon eux.