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Élections municipales sous surveillance numérique : jusqu’ici, tout va bien…... |
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Viginum, le service chargé de la lutte contre les déstabilisations en ligne, va publier «un bulletin d’information chaque semaine» concernant d’éventuelles tentatives « d’ingérences numériques étrangères » pendant les élections municipales, a annoncé jeudi 5 février le président de la République. © AFP
Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a créé un réseau chargé de repérer les tentatives « d’ingérences numériques étrangères » pour perturber les élections municipales en France. Il publie un bulletin d’information chaque vendredi. Pour l’instant, rien à signaler.
Le président de la République a annoncé, ce jeudi 5 février, que Viginum, le service chargé de la lutte contre les déstabilisations en ligne, allait publier « un bulletin d’information chaque semaine » concernant d’éventuelles tentatives « d’ingérences numériques étrangères » pendant les élections municipales. C’est déjà le cas.
Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a constitué un « réseau de coordination et de protection des élections » le 21 janvier dernier. Il rassemble plusieurs « administrations et autorités indépendantes compétentes en matière électorale », dont Viginum, le ministère de l’Intérieur ou l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique).
«Évaluer, chaque semaine, l’état de la menace»
Ce réseau s’est donné pour mission « d’évaluer, chaque semaine, l’état de la menace d’ingérences numériques étrangères durant la période électorale, d’envisager les mesures de réponse adéquates face aux risques éventuels de déstabilisation du scrutin et d’informer les citoyens en garantissant le respect des principes et d’intégrité du débat démocratique en période électorale ».
Il a choisi de faire un état des lieux chaque vendredi jusqu’aux élections (les 15 et 22 mars pour les municipales) a publié deux premiers bulletins, le vendredi 30 janvier et ce vendredi 6 février. « À ce stade, aucune tentative ou opération d’ingérence numérique étrangère ciblant spécifiquement les élections municipales 2026 n’a été caractérisée », peut-on lire dans l’un comme dans l’autre.
Viginum « observe régulièrement le déploiement de quatre grandes stratégies malveillantes en période électorale, susceptibles d’être utilisées pour cibler les scrutins de mars 2026 ». Ces quatre stratégies seront rappelées dans chaque bulletin :
Un, « décrédibiliser la procédure électorale » (en prétendant que les élections sont truquées).
Deux, « alimenter la défiance vis-à-vis des médias du pays visé » (en diffusant de fausses informations sur des sites imitant ceux de vrais médias).
Trois, « exposer la réputation d’un(e) candidat(e) ou d’un parti politique » par des campagnes de calomnies en ligne (ou, à l’inverse, de promotion par une puissance étrangère).
Quatre, « instrumentaliser certaines thématiques afin de polariser le débat public numérique » (en essayant de faire « monter » artificiellement des sujets clivants, qui divisent les Français).
Un commentaire présentant l’état de la menace pour la semaine analysée accompagne chacune de ces quatre menaces.
Le risque de faux sites «évalué comme faible»
Concernant la stratégie numéro 2, Viginum rappelle qu’un réseau pro-russe avait lancé en France une campagne visant les médias dès le mois de février 2024, « probablement [pour] se prépositionner dans l’espace informationnel francophone » (et perturber les élections européennes cette année-là). Plus d’une centaine de noms de domaines en «. fr » imitant des sites de presse locaux et alimentés par des articles générés par IA avaient été créés.
Dans les bulletins du 30 janvier et du 6 février, le risque que présentent ces faux sites est toutefois « évalué comme faible », la « très grande majorité d’entre eux » n’étant plus actifs. Pour le moment. Prochain bulletin météo des tentatives d’ingérences numériques en France vendredi prochain, 13 février…