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Covid-19 . Le Mans : cinémas, théâtres et salles de concert attendent fébrilement leur tour... |
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Les lieux de culture ne rouvriront pas le 7 janvier 2021. © Photo Le Maine Libre – Clément SZCZUCZYNSKI
Cinémas, théâtres et salles de concert n’auront pas à attendre le 7 janvier 2021 pour connaître leur sort. Le porte-parole du gouvernement a annoncé le vendredi 1er janvier qu’ils ne rouvriraient pas tout de suite, à cause de l’épidémie de Covid-19. Même si tout le monde le redoutait, la pilule a du mal à passer. Les responsables locaux espèrent des perspectives claires pour les semaines à venir.
Le monde culturel, à l’arrêt depuis la fin du mois d’octobre 2020 après avoir déjà été privé de public pendant le premier confinement lié à l’épidémie de Covid-19, ne rouvrira pas ses portes le 7 janvier 2021, comme l’avait avancé le Premier ministre Jean Castex le 10 décembre 2020 lors de sa conférence de presse. Une date que les professionnels et le public attendent depuis longtemps mais qui était une clause de revoyure. Les chiffres liés au coronavirus ne sont pas bons, « le virus circule encore activement sur le territoire », a rappelé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce vendredi 1er janvier 2021 sur TF1 en expliquant l’impossibilité de rouvrir les musées, cinémas et théâtres pour le moment.
Des représentants du monde culturel manceau réagissent. Si le report de l’ouverture de leurs établissements n’est pas une surprise, ils n’en restent pas moins affectés et souhaitent pouvoir connaître plusieurs semaines en avance la date de reprise pour pouvoir s’organiser.
Cinéma Pathé Quinconces
Luis Claro, directeur : « Depuis la fin novembre, on nous dit que la situation ne s’arrange pas. Mais tout le monde savait qu’après les fêtes elle ne serait pas meilleure. Il n’y a aucune perspective. Ni pour nous, ni pour les restaurateurs.
On relativise, nous sommes en bonne santé. Mais sur le long terme, il y aura énormément de la casse. Nous n’avons pas travaillé entre mars et juin 2020 puis depuis la fin du mois de novembre. Nous ne sommes pas des saisonniers, on ne peut pas travailler seulement six mois dans l’année. Je ne pense pas que le cinéma est l’activité la plus contagieuse.
Et quand on aura le droit de rouvrir, il faudra éviter le couvre-feu, qui n’est pas une solution. 60 % de nos clients viennent après la séance de 20 heures. »
Cinéma CGR Saint-Saturnin
Laurent Barriquault, directeur : « Je n’ai pas de réaction épidermique après cette annonce car ce n’est pas une surprise. Je m’y étais préparé psychologiquement. Je n’imagine pas les restaurants rouvrir fin janvier… Nous vivons une situation surréaliste, d’autant qu’aucun foyer Covid n’a été détecté dans les cinémas ou les théâtres. J’espère au moins que l’on pourra rouvrir en février pour pouvoir recevoir le public pendant les vacances d’hiver et que l’on bénéficiera d’un délai de prévenance. Rouvrir un cinéma est un vrai travail. Nous devons discuter avec les distributeurs pour voir quels films mettre à l’affiche : ceux qui l’étaient déjà en octobre, ceux qui étaient prévus mais n’ont pas pu sortir depuis le confinement et ceux qui doivent sortir en février. Il y aura sans doute un décalage pour ceux-là . »
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Les spectacles de La Flambée
Alain Heuzard, président : « Nous nous étions préparés à cette annonce en reculant notre programmation à la fin du mois de janvier. On espère qu’une ouverture sera alors possible. Les artistes et les techniciens sont prêts. Nous n’attendons que le feu vert du gouvernement. La volonté des artistes est telle et l’attente du public si importante que la reprise devrait être belle. »
Scène nationale Les Quinconces-L’Espal
Virginie Boccard, directrice : « Nous avons compris que nous n’allons pas pouvoir rouvrir le 7 janvier. Maintenant, nous avons des réunions cette semaine avec les organisations syndicales et professionnelles et avec la ministre de la Culture et le Premier ministre. Différentes modalités sont discutées pour savoir dans quel contexte nous pourrions rouvrir, quels protocoles pourraient être aménagés. Il y a un travail de concertation qui est à l’œuvre et qui n’avait pas eu lieu jusqu’à présent. Cela me donne le sentiment d’avancer. Après, sur le contexte sanitaire, je ne sais pas quelle sera la tendance… Nous sommes dans un temps de suspension. […] Mais, si j’étais très en colère en décembre de l’annonce faite quatre jours avant la non-réouverture, là c’est différent car nous avions pris acte que nous n’allions pas rouvrir à cette date du 7 janvier. Maintenant, avec les discussions en cours, je reprends espoir. Il faut aller de l’avant ».
Théâtre de l’Éphémère
Didier Lastere, directeur : « Nous avons programmé en partenariat avec Les Quinconces-l’Espal quatre représentations des Femmes de la maison, de Pauline Sales, joué par la cie A l’Envi. Nous attendons le 7 janvier pour en savoir davantage même si nous n’avons pas d’espoir. On est tellement habitués à des changements de stratégie au dernier moment… Le plus douloureux c’est que les échéances sont toujours très courtes dans le temps, cela ne nous donne aucune visibilité. Nous sommes dans l’attente fébrile de quelque chose qui ne vient pas. Psychologiquement, c’est très difficile à vivre. Le Scarron continue à tourner en interne avec des compagnies en résidence, mais nous ne pouvons pas présenter notre travail, rencontrer notre public. C’est à la fois douloureux et épuisant. Les prochaines saisons vont être extrêmement complexes car nous n’allons pas toujours pouvoir reporter les pièces. Et que dire des intermittents qui après une année blanche vont se retrouver dans une galère noire en août. Combien vont être au RSA ? »
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Le Mans jazz
Charlotte Rivière, directrice de Le Mans jazz qui gère Europajazz et la salle Chorus : « Nous reprenons aujourd’hui (lundi 4 janvier) et notre premier concert est programmé le 9 janvier. Je ne sais pas encore ce qui va être décidé mais je suppose que tout le mois de janvier va sauter. On aimerait qu’il soit possible de se projeter sur février et mars. […] C’est une totale non-considération du monde du spectacle et de la culture. Nous sommes relayés comme des acteurs non essentiels, pour reprendre le mot à la mode. Depuis le 16 mars 2020, nous avons annulé au total 140 représentations ! C’est très lourd. Et c’est sans compter tout ce que ça implique au niveau psychologique pour les artistes. Autrefois, on employait souvent le terme d’exception culturelle en France. Aujourd’hui, elle n’est plus là … En même temps, c’est difficile de se mettre en colère contre les responsables de l’État qui doivent prendre des décisions dans une situation de pandémie exceptionnelle. Certes nous avons la chance en France d’être soutenu au niveau financier, c’est formidable. Mais comme l’a dit avec beaucoup de justesse Charles Berling, les aides de l’État ne suffisent pas. Nous aimerions avoir un traitement plus équitable et respectueux. Alors qu’il y a des lieux bondés, on dit non à nos lieux qui savent accueillir le public. Je voudrais être positive mais sans vision, c’est difficile ».
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