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Confinement. Sarthe : « Les cafetiers et restaurateurs ont l’impression qu’on les sacrifie »... |
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Philippe David préside l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de la Sarthe. © Archives Le Maine Libre – Denis Lambert
Les restaurants devront attendre au moins jusqu’au 20 janvier 2020 pour ouvrir. Aucune date n’est avancée pour la réouverture des bars. « C’est extrêmement préoccupant pour l’ensemble de la profession », estime le président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de la Sarthe, Philippe David.
Le Maine Libre : Les restaurants devront attendre au moins jusqu’au 20 janvier pour ouvrir. Aucune date n’est avancée pour la réouverture des bars. Qu’en pensez-vous ?
Philippe David, président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) de la Sarthe : « C’est extrêmement préoccupant pour l’ensemble de la profession. De nouvelles aides ont été annoncées mais on n’en connaît pas les modalités d’attribution. C’est un mauvais coup porté à la profession. D’autant que les restaurateurs réalisent un chiffre d’affaires important à Noël. Quant aux hôtels, ils ne sont pas fermés administrativement, mais ils fonctionnent à 10 ou 20 % de leur chiffre d’affaires habituel. Il y a des gens exsangues, qui n’ont plus de trésorerie. Les indépendants perdent non seulement leur chiffre d’affaires mais aussi leur patrimoine, la valeur de leur affaire. Ce sont des gens qui ont pris des risques, qui ont emprunté. Aujourd’hui, ils sont en train de tout perdre. »
Vos adhérents vous font-ils part de grosses difficultés à boucler leurs fins de mois depuis le reconfinement (lié à l’épidémie de Covid-19) ?
« Oui, ils ont l’impression d’être les laissés pour compte, des boucs émissaires. On est arrivés au bout du bout. La grogne monte partout en France. »
Quel est le sentiment qui prédomine ?
« Les cafetiers et restaurateurs ont l’impression qu’on les sacrifie alors que ce n’est pas forcément dans leurs établissements que le virus circule le plus (il y a énormément de gens qui, en privé, n’ont pas fait attention…). D’autant qu’ils ont mis en œuvre des mesures drastiques en matière de distanciation. Ils ont l’impression d’être abandonnés. Concernant les bars, il y a une différence entre les cafés de quartiers ouverts en journée et les bars de nuit. Les premiers pourraient rouvrir avant, dans le respect des gestes barrières. On attend de travailler. C’est pénalisant moralement, psychologiquement. Certains me disent : « Je ne travaille pas, je n’existe pas. »
Les 1 500 € mensuels de l’État sont considérés comme insuffisants par beaucoup.
« Ce n’est pas avec 1 500 € par mois que vous payez l’intégralité de vos charges. Je connais des gens qui ont 2 800 € de loyer par mois. C’est comme les prêts garantis par l’État, il va falloir les rembourser après… »
Que conseillez-vous aux restaurateurs et cafetiers en difficulté ?
« D’aller voir leur comptable ou leur expert-comptable pour monter un dossier. Ils connaissent les procédures, les décrets. Ils peuvent étudier leur cas particulier pour voir s’ils ont droit aux différents dispositifs. »
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