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Le circuit court, le choix de la Ferme de Coubrier1 |
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Olivier Corbin avec les porcs qu'il élève avec sa mère, à Dollon, pour le compte de la ferme de Coubrier. Sa famille a elle aussi reçu les visiteurs venus pour l'opération Printemps à la ferme.
Un « Printemps à la ferme » par un beau soleil, c'est une balade qui sent bon. Ce week-end, la Ferme de Coubrier présentait ses charolaises à Thorigné-sur-Dué et ses porcs à Dollon.
Reportage
Bien sûr, le soleil printanier a pu inciter à venir se balader dans une ferme. Quoi que... La viande de la Ferme du Coubrier, à Thorigné-sur-Dué, semble très connue dans la région. Fidèles à « l'opération Printemps à la ferme », Christine Honoré et Jean-Michel Gautier, les deux associés, ont mis à contribution parents, amis pour faire en sorte que la fête soit réussie. Tout est parfaitement huilé, rodé.
Une navette pour Dollon
À l'arrivée en voiture, un monsieur vous indique où stationner. À l'entrée, dans la cour de la ferme, tandis qu'un TGV passe sous vos yeux, une personne vient vous accueillir. « Vous pouvez faire un tour ici, entrer dans la boutique, visiter le laboratoire et apercevoir les vaches. Si vous voulez voir les porcs, il y a une navette dans dix minutes ! »
Assises sur un muret de pierres, une dizaine de personnes patientent. Une camionnette ne va pas tarder, elle fait des allers et retours entre les deux exploitations.
Car l'élevage des porcs a été confié à des prestataires, Olivier Corbin et sa mère. À quelques kilomètres de Thorigné, à Dollon, ils élèvent quelque 300 porcs à l'année, uniquement pour la Ferme du Coubrier.
Eux aussi ont joué le jeu de la visite tout ce week-end, ils ont accueilli 800 visiteurs. La particularité de ces cochons ? Ils sont élevés en plein air, été comme hiver. Des céréales (blé, orge, maïs) pour les nourrir, un espace de l'ordre de 2 000 m2 pour vingt porcs, des abris pleins de paille pour les grands froids, « zéro antibiotique, souligne Christine Honoré, pour les porcs comme pour les vaches ». Et au final, indique Olivier Corbin, « des bêtes élevées jusqu'à six mois, musculaires, qui font beaucoup de viande ».
Il suffit de faire demi-tour et d'entrer dans la boutique du Coubrier : pâtés, saucisses, poitrines fumées, jambons, boudins, rôtis et pour le boeuf, de belles côtes bien appétissantes. La Ferme du Coubrier a fait le choix du circuit court.
Elle fait abattre ses vaches de race charolaise à la Socopa à Cherré, ses porcs et ses veaux chez Charal à Sablé-sur-Sarthe. Les carcasses lui reviennent, un salarié les débite et trois fois par semaine, la boutique met en vente. Il y a même, une fois par mois, une livraison chez les particuliers jusqu'au Mans. Aucun de ces produits ne se trouve en boucherie, supermarché ou sur un étal de marché.
Pas de label
« Au départ, on avait fait des essais de label de plein air, commente Christine Honoré. On s'est vite rendu compte que nos porcs n'étaient pas rémunérés à leur juste valeur. L'hiver, ils faisaient du gras et ça ne plaisait pas. Alors, on a pensé à la vente directe. »
Et depuis vingt ans, la ferme fonctionne ainsi, des habitués et des gens de passage s'arrêtent toutes les semaines. Label, pas label, bio ou pas bio, les exploitants s'en fichent. « Nous, ce qu'on fait, c'est de l'artisanat. On sait ce qu'on donne à manger aux bêtes, on peut montrer toute la traçabilité... »
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La Ferme de Coubrier, à Thorigné-sur-Dué : 02 43 89 91 70. Boutique ouverte mercredi, vendredi et samedi de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30.
Ouest-France