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Football : Sébastien Corchia, défenseur sans peur et sans reproche... |
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Avant le coup d'envoi de la rencontre face à Nice, Paulo André, en coéquipier expérimenté, a prodigué quelques conseils à Sébastien Corchia, le néophyte. Photo © Blandine Lempérière
Révélation. Appelé pour suppléer Camara blessé, le jeune défenseur issu du centre de formation manceau a su tirer son épingle du jeu. Prometteur.
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Quand une équipe connaît un passage à vide, quand l'effectif est amputé par quelques absences diverses et variées vient souvent l'heure de la jeune garde. Celle qui attend dans le couloir, dans l'antichambre du championnat de CFA, loin des paillettes et des effets de manches de l'élite. En espérant qu'un jour sa chance viendra, que le tunnel d'accès à une pelouse de L1 s'ouvre.
La saison dernière, Samuel Bouhours avait eu les honneurs de cette promotion hivernale. Avec le bonheur que l'on sait. Cette fois-ci, c'était au tour de Sébastien Corchia de découvrir la L1. Une découverte dans des conditions particulières.
Présent au Mans depuis trois ans et dans le groupe pro du Muc 72 depuis le début de l'année 2009 à l'invitation d'Yves Bertucci, le protégé de Denis Zanko a appris qu'il devait « monter au feu » vendredi à l'issue du dernier entraînement. Camara, blessé lors d'un match avec la sélection guinéenne, la porte s'ouvrait pour ce détenteur de trois sélections en équipe de France des moins de 19 ans.
« J'avais un peu de pression, reconnaît-il sans fioriture, mais je voulais bien faire. Geder m'a mis en confiance et même si on a quelques petits problèmes à cause de la langue, quand on parle foot, on se comprend. » Et il a bien fait même avec un client comme Ben Saada sur son porte-bagages.
Dans la semaine précédant la rencontre, au gré des absences des internationaux, l'ancien pensionnaire de l'INF Clairefontaine avait pris de l'importance dans le dispositif de Daniel Jeandupeux. La preuve, face à Nice, c'était lui qui était chargé de tirer l'ensemble des coups de pieds arrêtés. « Nous avions travaillé ce point à l'entraînement. C'était prévu comme ça », résume ce gamin originaire de Noisy-le-Sec. Une marque de confiance lorsque l'on débute à ce niveau.
Le garçon a du cran et du sang-froid. Cela s'est vu. « La présence du public (en CFA, l'affluence n'est pas la même), l'intensité de la partie, la concentration nécessaire, l'impact physique » ne l'ont pas déboussolé. « Cela se passe dans la tête », avoue Sébastien Corchia, d'une voix fluette, impressionné de se retrouver au coeur de la machine médiatique alors qu'une semaine auparavant il jouait face à Luçon dans l'anonymat du Clos-Fleuri.
Il n'a pourtant rien d'un inconnu. De l'autre côté des Alpes d'où il tire ses origines (Corchia est aussi un village d'Emilie-Romagne), Alessio Secco, le directeur sportif de la Juventus de Turin, aurait un oeil sur lui. C'est ce que révélait le journal italien Tuttosport en fin d'année dernière.
De là , à rejoindre la Vieille Dame turinoise, il y a sans aucun doute du chemin à parcourir pour l'ancien joueur du PSG, Bondy ou encore Villemomble. Mais samedi soir, Sébastien Corchia a fait ses débuts, a poussé la porte qui lui a été entrouverte. Et il en a profité pour marquer les esprits. Toujours intéressant dans ces périodes de flottements.
Stéphane BOIS.
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