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Requeil. Entre crise sanitaire et loi Egalim, les professionnels défendent leur bifteck... |
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Lancée sur d’anciens ateliers, en septembre 2019, Qualiviandes 72 fournit aujourd’hui une quarantaine de collectivités. © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Fournisseur d’une quarantaine de collectivités, l’atelier de découpe Qualiviandes 72 a rappelé vendredi 26 février 2021, à l’occasion d’une visite d’élus et du préfet, la nécessité de réajuster les prix d’achat.
C’est l’un des nombreux effets de la loi Egalim – visant à réguler les relations commerciales dans le secteur alimentaire – qui au 1er janvier 2022 imposera notamment 50 % de produits durables
dans l’assiette des scolaires : favoriser les circuits locaux.
L’atelier de découpe (de bœuf, essentiellement) Qualiviandes 72, à Requeil, compte bien en profiter. Créée en septembre 2019 sur d’anciens ateliers ayant fait faillite, l’entreprise est un regroupement de treize éleveurs désireux de maîtriser leur production jusqu’à sa distribution. Cette SAS compte aujourd’hui parmi ses clients une quarantaine de collectivités publiques, dont la cuisine centrale du Mans. Et comptait également des restaurants – tels les Matfeux à Arnage – pour ses morceaux nobles
. Morceaux aujourd’hui dirigés vers des boucheries
ou de la vente aux particuliers
, en attendant une reprise d’activité qui au cours de ses premiers mois d’existence se faisait prometteuse.
Une revalorisation des prix
Si des marchés sont encore à prendre – nous venons de signer avec La Grande épicerie à Paris, qui n’avait pas pris de fournisseur depuis 25 ans
indique Dori Akiki, éleveur et responsable commercial – l’avenir passera aussi par de nouvelles négociations sur les prix, notamment côté restauration collective. La restauration collective ne paie pas le prix de la qualité du produit
estime Nicolas Bouttier, directeur de l’atelier de découpe.
Pour prétendre répondre aux appels d’offres, les éleveurs devront être certifiés (Haute valeur environnementale, ndlr). Cela doit passer par une revalorisation des prix.
Michel Dauton, président de la Chambre d’agriculture de la Sarthe, approuve. Un tel outil ne marchera (économiquement, ndlr) que si les éleveurs s’y retrouvent
résume le sénateur (LR) Louis-Jean de Nicolaÿ.
Une incidence sur le prix de la cantine ?
Faut-il s’attendre à une hausse du prix des repas scolaires en 2022 ? Elle sera réelle
confirme Michel Dauton, mais du fait de la qualité, il y aura moins de perte et le coût consommé devrait rester stable.
François Boussard, président de la communauté de communes Sud Sarthe, abonde : le prix matière intervient pour 10 % à 12 % dans le coût du repas.
Enfin, un Programme alimentaire de territoire (sur le Pays de la Vallée du Loir) devrait aboutir, fléchant les donneurs d’ordre vers ces éleveurs HVE
, notamment.
« Une alimentation saine »
Plus certainement, pas question pour les Pays de la Loire d’embrayer le pas sur un repas unique sans viande, ce ne sera pas la politique de la Région
assure Béatrice Latouche, maire du Lude et vice-président de la collectivité régionale.
Patrick Dallennes, préfet de la Sarthe, l’assure : La viande fait aussi partie de l’alimentation saine
, rappelant toutefois que sa consommation doit se conformer aux politiques publiques de santé
.
+ Sarthe. Menu unique sans viande dans les cantines : le maire du Mans réagit
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