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« Je n’ai pas envie de mourir au travail » : ils sont déterminés à refuser la réforme des retraites... |
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La famille Chéron a manifesté ce mardi 7 février 2023 au Mans lors du troisième jour de mobilisation contre la réforme des retraites. © Alix FROISSART – Le Maine Libre
Venue de Cherré-Au (Sarthe), quatre membres de la famille Chéron manifestent ce mardi 7 février 2023 au Mans lors du troisième jour de mobilisation contre la réforme des retraites. Ils témoignent sur leurs conditions au quotidien et expliquent ne pas vouloir tout sacrifier au travail.
Venus de Cherré-Au (Sarthe), ils manifestent en poussant la poussette du petit Valentin. Gilles, 59 ans, ouvrier dans l’agroalimentaire, sa femme Katia, 53 ans, serveuse polyvalente, leur fille Anaïs, 27 ans, préparatrice en pharmacie, et dans la poussette, le petit Valentin, âgé de 18 mois, Le fils d’Anaïs. « On est tous concernés », dit Gilles. « On était dans la rue à la dernière manifestation, et pour la réforme précédente en 2015. »
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« 62 ans, OK ; mais 64, non ! »
« Je n’ai pas envie de mourir au travail. Physiquement, ce n’est pas possible. Les conditions de travail ne sont pas renforcées. À la fin de la journée, je suis claqué. Alors je ne vous dis pas à la fin de la semaine. J’ai été opéré du dos, j’ai une prothèse artificielle. C’est le résultat de 25 ans de travail à porter des charges lourdes. Maintenant, j’ai un poste adapté, je ne porte pas de charges lourdes. Mais je marche toute la journée. »
« Moi aussi, j’ai une plaque dans le dos », ajoute Katia. En self d’entreprise, elle fait « de la manutention, à porter des plateaux ».
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« 62 ans, OK ; mais 64, non ! », lâche-t-elle. Anaïs est « debout toute la journée ». Cette famille ne veut pas tout sacrifier au travail. « Je suis motard, j’ai envie de profiter de ma retraite pour faire des balades avec ma femme sur la Harley », conclut Gilles. Sans la réforme, il sera à la retraite « en mars 2026 ». « Si la réforme passe, je devrais faire trois, six ou neuf mois de plus. Mais je n’en ai pas envie. Je partirai peut-être quand même. Je verrai dans quel état je serai. »
Il ajoute : « C’est un vrai paradoxe. Ils veulent retarder l’âge de départ à la retraite. Mais dans les entreprises, ils ne veulent pas des anciens. On est plus cher, moins rentable. Alors qu’est-ce qui va se passer ? »