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Covid-19. Réouverture des commerces : « le même stress qu’une veille de rentrée des classes »... |
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Saint-Saturnin, mardi 18 mai 2021. Dans la boutique de lingerie féminine « Rouge-Gorge », des colis viennent d’arriver. Floriane et Fanny s’activent pour recevoir les clients. © Le Maine Libre – Denis LAMBERT
Fermés depuis le 30 janvier, les commerces non-alimentaires de la galerie commerciale de la zone nord, à Saint-Saturnin, rouvrent ce mercredi 19 mai 2021. Un retour aux affaires plus qu’attendu par des commerçants à la fois stressés et impatients.
Depuis le 30 janvier 2021, parce que situées dans un espace de plus de 20 000 m2, les boutiques non-alimentaires de la galerie commerciale de la zone nord, à Saint-Saturnin, avaient dû fermer leur rideau, deux mois avant tous les autres commerces dits non-essentiels.
Depuis près de quatre mois maintenant, les lieux grouillant de clients en temps normal sont plongés dans une somnolence et une semi-obscurité surprenantes. Après une bien longue attente, le temps de revoir la lumière est enfin venu, et ce mardi 18 mai 2021, à quelques heures de rouvrir, l’ambiance est celle d’un retour à la vie. Avec des commerçants forcément soulagés de travailler à nouveau, mais également partagés entre deux sentiments pas forcément incompatibles : le stress d’un côté, et l’impatience de l’autre.
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En ce milieu d’après-midi de veille de renaissance, le rideau est certes toujours baissé mais dans la boutique de lingerie féminine « Rouge-Gorge », on s’active. Floriane, la gérante, et Fanny, employée, se sont lancées dans un sprint. Nous avons reçu des colis il y a deux semaines, et nous sommes donc déjà venues déballer, mais le plus gros est arrivé ce matin même
, indique Floriane. Il y a donc beaucoup de manutention à faire : nous devons tout changer de place et tout réorganiser.
La collection Saint-Valentin renvoyée
En rayon, c’est en effet la collection des beaux jours qui doit être présentée. Les maillots de bain, et des sous-vêtements plus colorés
, qui prennent la place du stock hivernal. Lequel a été en partie ôté des lieux il y a plusieurs semaines. Toute la collection pour la Saint-Valentin a été renvoyée, et un quart de ce que nous avions ici a été transféré vers notre boutique du centre-ville, restée ouverte jusqu’à début avril
, indique la gérante. Ce qui reste de l’hiver sera soldé, à moins 30 et surtout moins 50 % pour cette réouverture.
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Dans la boutique « Parfois », derniers préparatifs avant le Jour J. Charlotte, la gérante, est la fois stressée et ravie de reprendre le travail. Photo LE MAINE LIBRE-DENIS LAMBERT
« Plutôt anxieuse »
Tout près de là , autre enseigne, et même préoccupation : être d’attaque pour ce 19 mai. Nous serons prêts. Il reste seulement un peu de ménage à faire
, explique Charlotte, la responsable de « Parfois », où l’on trouve vêtements, chaussures, maroquinerie, accessoires et bijoux. Pour les stocks, tout s’est bien passé puisque le siège a récupéré les anciennes collections. Nous avons reçu la nouvelle en plusieurs fois, ce qui nous a permis de nous organiser.
Tout roule donc ? Oui, et en même temps, je suis plutôt anxieuse. Nous sommes quand même fermés depuis le 30 janvier, et nous ne savons pas comment les gens vont réagir. Ont-ils changé leurs modes de consommation ? Seront-ils nombreux dès ce mercredi ? Impossible de le prévoir.
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La boule au ventre
Comment cette réouverture va se passer ? C’est la grosse interrogation
, assure de son côté Fabienne, la gérante du magasin pour enfants « Sergent Major ». Dans son commerce, tout est quasiment prêt. Nous avons anticipé la préparation de la boutique la semaine dernière, et là , il reste les derniers préparatifs.
Parmi lesquels l’installation des bandes au sol, un brin de ménage, la mise en place de la vitrine ou le remplissage des fioles de gel hydroalcoolique.
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Nous serons prêts, mais il n’empêche, j’ai la boule au ventre. Peur qu’il n’y ait pas assez de clients ou au contraire trop. Si c’est la foule, il faut vraiment espérer que les gens ne fassent pas n’importe quoi. Nous ne sommes pas là pour faire les policiers, alors il faut compter sur le sérieux des uns et des autres.
Chez « Sergent Major, ce sera cinq clients maximum. Et trois personnes pour vendre. Je cherche à recruter une vendeuse, mais c’est très compliqué. Avec tout ce que nous avons connu dernièrement, les gens ne veulent plus bosser dans la vente ou la restauration
, glisse Fabienne.

Fabienne, la gérante de « Sergent Major », compte sur le sérieux de la clientèle, et sur le respect des mesures en vigueur. Le Maine Libre – Denis LAMBERT
« Se réhabituer au masque toute la journée »
Le sentiment que nous avons est bizarre
, résume Fanny, employée chez « Rouge-Gorge. » C’est un peu le même stress que la veille d’une rentrée des classes
, poursuit Floriane. Aurons-nous beaucoup de monde, et notamment samedi ? C’est dur de prévoir. Maintenant, nous sommes très heureuses que ça reparte.
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Un sentiment partagé par Charlotte : oui, nous sommes plus que contentes. Quatre mois, c’est très long.
Même avis pour Fabienne : nous avons envie de refaire du commerce, même s’il y aura plein de choses à gérer en parallèle.
Autre préoccupation de la gérante de « Sergent Major » : il va falloir se réhabituer à porter le masque toute la journée.
Au moins pour quelque temps…