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Cyclisme. Nicolas Edet quitte Cofidis la boîte à souvenirs bien remplie... |
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Nicolas Edet au départ de la Bretagne Classic-Ouest-France 2018. © Thomas Brégardis / Ouest-France
Lors de ses onze saisons chez Cofidis, Nicolas Edet a connu plusieurs Grands Tours, un championnat d’Europe et plusieurs maillots distinctifs. Avant de rejoindre Arkéa-Samsic, le grimpeur sarthois revient sur six de ces moments forts.
Après onze saisons chez Cofidis (2011-2021), Nicolas Edet arrivait en fin de cycle avec la formation nordiste. Il la quittera à la fin de l’année 2021 pour rejoindre Arkéa-Samsic, équipe avec laquelle il a signé pour deux ans. « À Cofidis, j’ai côtoyé de super personnes, dont certains resteront des amis. Je suis très content de ces années passées dans l’équipe, assure-t-il. Mais j’avais besoin de connaitre autre chose, un autre entourage, une autre méthode de travail. C’était le meilleur choix pour moi, pour avoir le surplus de motivation pour reprendre. Ce dont j’ai envie désormais, c’est de montrer que je peux revenir à mon niveau. »
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En attendant, le grimpeur natif de La Ferté-Bernard revient sur les moments les plus marquants de son aventure à Cofidis.
2012 : combatif sur son premier Tour de France
« Devenir coureur professionnel, c’était déjà un premier rêve. Mais participer à un Tour de France, c’était le suivant. En début d’année, ce n’était pas vraiment prévu que j’y prenne part. Je ne faisais d’ailleurs pas partie de la présélection d’une quinzaine de coureurs. Quelques méformes de mes coéquipiers et mes performances sur le Critérium du Dauphiné m’ont permis d’être l’invité de dernière minute… Bien sûr, ç’a été un moment important. Mais je n’avais pas forcément pris la mesure de l’événement, ni de ce qui m’attendait. Il y a la ferveur, les médias… Plein de choses entrent en compte. J’ai découvert pourquoi elle était la plus grande course du monde.

Nicolas Edet a été élu combatif de la deuxième étape du Tour de France 2012. Pascal Pavani/AFP
C’était difficile, il ne faut pas se mentir. J’ai pris part à des échappées, sur la 1re étape en ligne, dans les Alpes et sur les Champs. Et j’ai réussi à le terminer. En arrivant sur les Champs, j’avais la chair de poule ! Avec les années, ces sensations s’atténuent. Car la première fois, c’est spécial. »
2013 : meilleur grimpeur de la Vuelta
« Cette année-ci, j’étais déçu de pas avoir été sélectionné pour le Tour, alors que je juge que j’y avais ma place. En Espagne, j’ai voulu me faire plaisir et montrer que j’aurai dû être sur le Tour. Ma chute sur la 2e étape m’a poussé à être plus offensif que j’aurai du l’être.

Nicolas Edet à l’arrivée du Tour d’Espagne 2013, avec son maillot à pois de meilleur grimpeur. Jaime Reina / AFP
Ce n’était pas l’objectif initial, mais j’ai pris des points au classement des grimpeurs au fur et à mesure de la course. Quand j’ai revêtu le maillot à une semaine de la fin, il est devenu un objectif. »
2016 : sélectionné pour les championnats d’Europe
« J’avais déjà porté le maillot de l’équipe de France en espoirs, et notamment sur le Mondial 2009 où Romain Sicard devient champion du monde. C’est toujours particulier de le revêtir, c’est une fierté. En 2016, j’ai pris part au premier championnat d’Europe pour les professionnels. C’était une bonne expérience, comme équipier d’un Julian Alaphilippe qui commençait à être performant (2e à l’arrivée). De plus, puisque c’était en Bretagne, ç’a permis à ma famille et à mes amis de venir voir la course. Par contre, je regrette encore de pas avoir pu prendre le départ d’un Mondial… »
2018 : victoire du Tour du Limousin
« Je cours pour ces moments-ci, qui n’arrivent pas souvent dans une carrière – et d’ailleurs jamais pour certains -. Je n’ai pas de mots pour décrire ma victoire au général du Tour du Limousin. D’autant plus que c’est une course que j’affectionne particulièrement, car c’est elle qui m’a permis de signer pro chez Cofidis. En 2018, j’ai gagné une étape et le lendemain, le général. Ces 48 heures ont été incroyables. Dans une carrière, il y a beaucoup de moments de doute, où on se dit qu’il nous manque toujours quelque chose.

Nicolas Edet remporte l’avant-dernière étape du Tour du Limousin 2018. Le lendemain, il empochera le général. Thomas Jouhannaud / La République du Centre / PQR
Quelques mois plus tôt, j’avais aussi été déclassé au Tour de l’Ain, alors que j’avais gagné la deuxième étape. Aujourd’hui encore, je juge qu’on m’a volé cette victoire. S’imposer au Tour du Limousin, ce n’était pas une revanche, mais une juste récompense. »
2019 : porteur du maillot rouge sur la Vuelta
« Là aussi, je ne devais pas y prendre part. Mais une gastro-entérite m’a forcé à abandonner le Tour au bout de 6 jours. Finalement, ç’a été un mal pour un bien puisque je me suis présenté sans trop de pression au Tour d’Espagne. J’ai toujours été dans le bon tempo, sans perdre beaucoup de temps. Et puis, j’ai eu une journée parfaite, comme on en connaît peu dans une carrière. Je me suis retrouvé dans un coup que le peloton a laissé filé. Un orage dans le final l’a poussé à ne pas prendre de risque et ça m’a permis d’endosser le maillot rouge de leader. C’est un moment spécial, quelque chose de pas commun.

Nicolas Edet a enfilé une journée le maillot rouge de leader du Tour d’Espagne 2019. José Jordan / AFP
Le lendemain, c’était l’étape reine, avec du dénivelé dès le kilomètre 0. Je n’ai pas pu trop discuter, tout le monde était concentré. Mais je suis fier d’avoir défendu mon maillot sur une étape de montagne, mon domaine, avec mon équipe qui roulait en tête de peloton. C’est une étape dont je me souviendrai toute ma vie. J’y ai perdu mon maillot, mais j’ai ensuite lutté pour le top 10 jusqu’à la fin. Une bordure a finalement mis fin à mes espoirs (18e au final). »
2021 : abandon et fin de saison précoce sur le Giro
« J’ai participé à deux Tour d’Italie et je suis tombé quatre fois. C’est loin d’être le grand tour qui me réussit le mieux. J’ai laissé pas mal de choses sur le bord de la route. Malheureusement, ça fait partie d’une carrière d’un coureur. En 2020, j’ai couru blessé mais ce n’était pas gravissime. Mais ça m’a handicapé dans ma préparation hivernale pour cette saison. Puis je commençais tout juste à être bien, à prendre part à trois échappées, être dans le top 5 du général même, que je chute malheureusement sur la 14e étape. Dès que je suis tombé, j’ai su que c’était grave. Mon bras était à l’opposé de son sens normal. Ce qui est fou, c’est que le matin de l’étape, j’étais loin de penser que ce serait ma dernière course avec Cofidis. Les minutes qui ont précédé ma chute, je me sentais dans une bonne spirale, j’attendais juste que le peloton laisse partir les échappées. Je ne me sentais pas en prise de risque, j’étais prêt à monter le Zoncolan et me mesurer aux meilleurs. Des coureurs ont glissé devant moi… Je n’ai rien pu faire et je me suis encastré dans un muret. Depuis, j’en ai bavé… »
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