Accueil Sport 24 Heures du Mans. Jamiroquai, Texas, Shaka Ponk… Retour sur les concerts du circuit depuis 1999

24 Heures du Mans. Jamiroquai, Texas, Shaka Ponk… Retour sur les concerts du circuit depuis 1999

...
photo  le samedi 16 juin 2012, le groupe français de rock alternatif et rock électronique shaka ponk était la tête d’affiche du grand soir des 24 heures du mans.  ©  archives ouest-france 9

Le samedi 16 juin 2012, le groupe français de rock alternatif et rock électronique Shaka Ponk était la tête d’affiche du grand soir des 24 Heures du Mans. © Archives Ouest-France

Grande fête populaire, l’épreuve automobile des 24 Heures du Mans a associé la musique dès son origine, en 1923. En 1999, une scène « moderne » voit le jour avec The Wailers. Depuis, comment la programmation est-elle pensée ? Quels artistes ont marqué les esprits ? Retour sur 24 ans de concerts sur le circuit, avec ceux qui ont œuvré en coulisses : Fabrice Bourrigaud, directeur du Musée des 24-Heures, et Bruno Leroy, programmateur musical et président de Bebop.

Entre la quatrième et la cinquième heure de course, une note, une corde de guitare grattée viennent rompre le ronflement cadencé des moteurs. Les concerts du samedi soir, au cœur de la course des 24 Heures du Mans (Sarthe), commencent. C’est l’événement dans l’événement.

Depuis 1999, des concerts, sous forme moderne, sont organisés par l’Automobile club de l’Ouest (ACO), organisateur de la course, et Bebop, association organisatrice d’événements musicaux, présidée par Bruno Leroy.

Lire aussi : 24 Heures du Mans. Mika, Zazie, Bob Sinclar… Les affiches des concerts dévoilées

Une tradition séculaire

La musique et les 24 Heures du Mans sont en fait une « tradition » qui remonte aux origines, et « qui a été redéployée dans les grandes largeurs dans les années 2000 », note Fabrice Bourrigaud, directeur du Musée des 24-Heures-du-Mans et responsable des concerts pendant une dizaine d’années depuis 2001.

« Il y a tout l’ADN sur l’affiche de 1923, qui donne une dimension de grande fête populaire. C’est ce qu’on continue à faire 100 ans après. En 1923, on parle de feu d’artifice, de jazz-bands. Et ça va continuer dans les années 1950-1960, avec le Grand orchestre de l’ORTF, puis avec les podiums Europe 1. Il y a une scène dans le village pour ça. »

En 1967, Johnny Hallyday, l’idole des jeunes, n’a pas encore 25 ans et donne un concert en plein air sur le circuit.

The Rubettes, groupe britannique au firmament, font se déhancher les spectateurs, en 1976. Bruno Leroy, alors adolescent, en fait partie. Leur première chanson, Sugar Baby Love, sortie en 1974, avait été un succès et s’était classée n° 1 au Royaume-Uni. La popularité du groupe a traversé la Manche : Allemands et Français se délectent de leurs airs, rock et pop, entêtants.

photo 1967 : johnny hallyday, l’idole des jeunes est sur le circuit du mans avec ses amis guy ligier et jo schlesser, engagés tous les deux sur une ford mk 2b.  ©  archives ouest-france

1967 : Johnny Hallyday, l’idole des jeunes est sur le circuit du Mans avec ses amis Guy Ligier et Jo Schlesser, engagés tous les deux sur une Ford MK 2B. Archives Ouest-France

Un public anglophone à séduire le week-end

photo « la légende ub 40, avec des vétérans en forme », relatait « ouest-france » au lendemain du concert du groupe de reggae, le samedi 12 juin 2010.  ©  archives ouest-france

« La légende UB 40, avec des vétérans en forme », relatait « Ouest-France » au lendemain du concert du groupe de reggae, le samedi 12 juin 2010. Archives Ouest-France

Pour les Anglo-saxons en particulier, bercés par une culture faite d’ampli de guitares et d’huiles de moteurs, les 24 Heures du Mans sont un rendez-vous. « Pendant que les voitures tournent, il faut pouvoir proposer autre chose au public. C’est plus qu’une course, c’est une expérience », explique Bruno Leroy. « Les Allemands faisaient déjà de gros concerts sur le circuit de Nurburgring », note-t-il par ailleurs.

Cette époque moderne de concerts émerge en 1999, avec The Wailers and the band, ersatz du groupe de reggae de Bob Marley, décédé. Au début, chaque édition ne donne pas lieu à de grandes têtes d’affiche. Mais au fil des ans, l’objectif poursuivi par les programmateurs s’affine.

BB Brunes en 2009, Raphaël en 2011, Pony Pony Run Run en 2012, Cali en 2015 : lors des soirées d’essais du mercredi et jeudi, « il y a une cible qui est plus locale, régionale, détaille Fabrice Bourrigaud. La programmation plus française, plus jeune et plus familiale ».

« Et comme l’événement est très international, poursuit le directeur du Musée, comme on a une masse de public britannique le week-end, on a souvent eu un groupe qui tourne mondialement, plutôt anglo-saxon, sur le concert du samedi. »

photo à 20 h, samedi 22 juin 2013, le groupe earth wind and fire experience, autour du guitariste originel al mc kay, jouait sur la scène du circuit des 24 heures du mans (sarthe). une formation qui n’a pas grand-chose à voir avec la composition originale du groupe des années 1970 et 1980.  ©  archives ouest-france

À 20 h, samedi 22 juin 2013, le groupe Earth Wind and Fire Experience, autour du guitariste originel Al Mc Kay, jouait sur la scène du circuit des 24 Heures du Mans (Sarthe). Une formation qui n’a pas grand-chose à voir avec la composition originale du groupe des années 1970 et 1980. Archives Ouest-France

photo le groupe kool & the gang, mélangeant jeune génération et papys du funk, a joué le samedi 17 juin 2017.  ©  archives ouest-france

Le groupe Kool & the Gang, mélangeant jeune génération et papys du funk, a joué le samedi 17 juin 2017. Archives Ouest-France

Des artistes déjà en tournée

Le directeur du Musée des 24-Heures, mordu de rock’n’roll, garde un souvenir « un peu spécial » des concerts de The Stranglers (2009 et 2022) de Texas (2018) et de Franz Ferdinand (2019). « Pour moi, c’est le top du top. » 

Même chose pour Bruno Leroy, qui ajoute à la liste Shaka Ponk, nommé Révélation scène de l’année aux Victoires de la musique 2010, « ils étaient venus le samedi, en 2012, alors que le groupe était en train d’exploser ». À l’instar de Superbus, nommé Révélation public en 2006 et désigné album pop rock de l’année en 2007, quelques mois avant leur passage un soir d’essais des 24 Heures du Mans.

photo en 2007, pour la 75e édition des 24 heures du mans (sarthe), le groupe superbus mené par jennifer ayache, s’est produit le mercredi, à l’issue de la journée d’essais.  ©  archives ouest-france

En 2007, pour la 75e édition des 24 Heures du Mans (Sarthe), le groupe Superbus mené par Jennifer Ayache, s’est produit le mercredi, à l’issue de la journée d’essais. Archives Ouest-France

La stratégie est simple : s’adresser à des artistes qui ont déjà une tournée prévue et qui pourraient ajouter une date en venant au Mans. « L’avantage, à une certaine époque, c’est qu’en Angleterre, ils avaient tous le même agent », sourit Bruno Leroy, le président de Bebop.

Jamiroquai, le concert « surprise » d’Audi UK

« Le plus gros déclic, c’est Audi. » En 2003, la branche anglaise du constructeur voulait « frapper un grand coup » en offrant un festival gratuit et inédit, « organisé minutieusement » avec l’ACO et Bebop, les vendredi 13 et samedi 14 juin 2003. « Il y avait une grande banderole « Free concert » (concert gratuit) », se remémore Bruno Leroy. Le nom de la tête d’affiche du samedi est tenu secret le plus longtemps possible.

Début juin, celui de Jamiroquai circule, mais on parle aussi de Paul McCartney ou de Robbie Williams. Le 11 juin, la venue du célèbre groupe de pop est officiellement confirmée.

« La présence du groupe n’est pas franchement insolite dans l’enceinte furieuse d’un circuit de légende , écrivait Ouest-France, dans son édition du lendemain. Jay Kay, le chanteur, n’a jamais caché son amour des voitures de prestige. Certains se souviennent même l’avoir déjà croisé dans les coulisses des 24 Heures du Mans. »

Au parc 13, ce qui est devenu l’entrée Sud aujourd’hui, plusieurs entreprises spécialisées travaillent à transformer cet espace brut en un lieu sécurisé pour accueillir un concert avec 30 000 spectateurs, et pour mettre au point une sonorisation capable de rivaliser avec les moteurs des cinquante voitures en course. « On ne peut pas faire un concert d’acoustique », souligne Fabrice Bourrigaud.

FL Structures, basée à Strasbourg, est l’une de ces sociétés. C’est elle qui monte, entre autres, « une scène de 280 m2 avec plus de douze tonnes de sonorisation et d’éclairage », raconte le site spécialisé britannique LSIOnline . En 2023, c’est d’ailleurs encore FL Structures qui installe, « à partir du 20 mai, la structure porteuse du podium du Centenaire », nous confirme son PDG, Raphaël Kreiss.

Le concert de Jamiroquai est un succès. Pendant deux heures quinze, le groupe offre un show énergique devant une foule qui maîtrise, en majorité, la langue de Shakespeare, mais si compacte qu’il en devenait difficile de bouger une épaule.

Stade trop vide, scène trop haute : les pépins à gérer

photo jamiroquai en 2018, pour son deuxième passage aux 24 heures du mans (sarthe), quinze ans après le concert qu’il avait donné en partenariat avec le constructeur audi uk. ce concert avait commencé par une bonne demi-heure de retard, mais l’attente valait la peine : le groupe a égrainé ses tubes « automaton », « space cowboy », « superfresh », « supersonic »…  ©  archives ouest-france

Jamiroquai en 2018, pour son deuxième passage aux 24 Heures du Mans (Sarthe), quinze ans après le concert qu’il avait donné en partenariat avec le constructeur Audi UK. Ce concert avait commencé par une bonne demi-heure de retard, mais l’attente valait la peine : le groupe a égrainé ses tubes « Automaton », « Space Cowboy », « Superfresh », « Supersonic »… Archives Ouest-France

Audi UK n’a pas souhaité remettre le couvert en 2004. Jamiroquai l’a fait, quinze ans plus tard. Il devait se produire le vendredi 15 juin 2018, au sein du stade de football MMArena (stade Marie-Marvingt aujourd’hui). Mais les tickets pour remplir l’enceinte sportive de 25 000 places partent difficilement. La décision est prise, mi-mai, de rapatrier l’événement sur le site du circuit.

Une aubaine pour les seuls détenteurs d’un billet du concert, qui ont pu accéder à la course et à l’ensemble des concerts de la semaine – ou se le faire rembourser. Moins pour les commerçants du centre-ville, qui, le lendemain dans les colonnes de Ouest-France, regrettaient que ce concert « ait aspiré la clientèle qui reste habituellement en ville après la parade » des pilotes.

Ce rapatriement a aussi permis d’assurer la sécurité des spectateurs et « rester maître des flux », relève Fabrice Bourrigaud.

2018 n’a pas été la seule édition des 24 Heures du Mans où il a fallu gérer des imprévus de quasi dernière minute. En 2022, le DJ français mondialement connu Martin Solveig devait se produire le vendredi, sur la scène près de la passerelle Dunlop. « L’aviation civile a interdit la scène, qui était trop haute, quatre, cinq semaines avant l’événement. On a eu peur, relate Bruno Leroy. Le concert a finalement eu lieu au Garage vert près d’Antarès. C’était plus proche du camping, il y a eu beaucoup plus de monde. Ça a été une bonne chose de faire ce déplacement.  »

Pour les artistes aussi, une expérience « unique »

Se produire aux 24 Heures du Mans est aussi une date à part pour les artistes, qu’ils soient des rookies ou fans de l’épreuve. Fabrice Bourrigaud se rappelle de « de discussions avec Jean-Jacques Burnel », le bassiste, compositeur et chanteur franco-anglais des Stranglers. « Il y a le ballet des voitures, on entend le son des moteurs, de temps en temps les interventions du speaker, qui sont des choses auxquelles les artistes ne sont pas habitués, développe-t-il. Ils ont tous souligné ce côté un peu unique. »

En 2019, Peter Kingsbery, voix de Cock Robin, faisait la comparaison entre la course et le concert auprès de l’ACO : « Comme un pilote, je ne peux me permettre une erreur. Un spectacle, c’est une performance, c’est de l’endurance. […] J’apporte beaucoup d’importance aux répétitions, comme les essais qui sont utiles pour la course. »

En fouillant dans sa mémoire, Fabrice Bourrigaud note qu’« un certain nombre d’artistes ont montré de l’intérêt pour la course, la vie dans les stands, ou pour découvrir la magie du Mans la nuit ». Ou encore pour la gastronomie locale. Notre interlocuteur avait discuté avec la chanteuse de Texas, Sharleen Spiteri, en sortie de scène. Elle avait découvert et dégusté, avec intérêt, le vin blanc sarthois, le jasnières.

photo à 22 h 40, samedi 16 juin 2018, la tête d’affiche tant attendue 2018, texas et sa chanteuse sharleen spiteri, a donné un concert aux 24 heures du mans (sarthe) sur la scène près de la passerelle dunlop. beaucoup de spectateurs le considèrent comme l’un de leurs meilleurs souvenirs.  ©  archives ouest-france

À 22 h 40, samedi 16 juin 2018, la tête d’affiche tant attendue 2018, Texas et sa chanteuse Sharleen Spiteri, a donné un concert aux 24 Heures du Mans (Sarthe) sur la scène près de la passerelle Dunlop. Beaucoup de spectateurs le considèrent comme l’un de leurs meilleurs souvenirs. Archives Ouest-France

photo ici en tête d’affiche du samedi 14 juin 2014, alpha blondy, showman infatigable, était déjà venu un soir d’essais des 24 heures du mans (sarthe) en 2006.  ©  archives ouest-france

Ici en tête d’affiche du samedi 14 juin 2014, Alpha Blondy, showman infatigable, était déjà venu un soir d’essais des 24 Heures du Mans (Sarthe) en 2006. Archives Ouest-France

La vedette reste la course

Attention néanmoins à ne pas voler la vedette aux voitures qui s’affrontent sur le bitume. « Les 24 Heures du Mans ne sont pas un festival, rappelle Fabrice Bourrigaud, même si c’est le grand festival de la Sarthe », sourit-il. Pas question, donc, d’avoir les Rolling Stones. Question de finances, et d’« équilibre à trouver ».

Il faut « faire une programmation de qualité, à la hauteur de ce que sont les 24 Heures du Mans. Mais la vedette, l’essence même, c’est quand même la course. »

 Zoé BOIRON.

 
Ouest-France  

  • merci d'indiquer un nom de film
    merci d'indiquer un titre'
    • Choisir un resto :
    merci d'indiquer un nom de restaurant

    merci de saisir l'adresse du restaurant
    merci de saisir la ville du restaurant

    • Choisir un bar :
    merci d'indiquer un nom de bar

    merci de saisir l'adresse du bar
    merci de saisir la ville du bar

    merci d'indiquer un titre à votre avis
  •  
  • merci d'indiquer un contenu à votre avis
    merci de saisir une note
    L'accueil / la qualité du service
    merci d'indiquer une note pour l'accueil

    L'ambiance / le décor

    merci d'indiquer une note pour l'ambiance

    Le rapport qualité / prix

    merci d'indiquer une note pour le prix
  • Vos données personnelles font l’objet d’un traitement informatique par la société Additi Multimedia, sur le fondement de l'exécution d'un contrat et sont utilisées notamment pour prendre en compte, modérer et répondre à vos commentaires sur les contenus mis en ligne sur le site. Elles seront conservées conformément à notre politique de données personnelles, sauf dispositions légales particulières. Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’opposition, de limitation et de portabilité, en vous adressant directement à pdp@sipa.ouest-france.fr ou par courrier à "Délégué à la Protection des Données Personnelles SIPA Additi Multimedia - ZI Rennes Sud-Est,– 10 rue du Breil – 35051 Rennes cedex 9". Vous avez également le droit d’introduire une réclamation auprès de la CNIL. En savoir plus
Newsletter maville

Abonnez-vous à la newsletter - Le Mans

Votre e-mail, avec votre consentement, est utilisé par la société Additi Com pour recevoir les newsletters sélectionnées. En savoir plus

Quiz et jeux

Retour en haut