Il n'a pas bonne presse, et les régimes alimentaires prônant son éviction pullulent.
À tort ou à raison ?
C'est quoi, le gluten ?
Un mélange de protéines que l'on trouve avant tout dans le blé, donc dans les aliments qui en contiennent - et ils sont nombreux - : pain, pâtes, farine, pizzas, tartes, gâteaux, pâtisseries, biscuits salés et sucrés, céréales du petit-déjeuner... Il est également présent comme additif dans une foule de produits transformés tels certains allégés, yaourts, crèmes glacées, sauces, fromages à tartiner... Enfin, comme le blé, le seigle, l'avoine et l'orge en renferment aussi.
Pourquoi pose-t-il problème ?
Chez certaines personnes (souvent génétiquement prédisposées), le gluten déclenche une réaction anormale. Il ne s'agit pas d'une allergie, mais d'une intolérance alimentaire. Considérée comme une vraie maladie, appelée « maladie coeliaque », elle concerne environ 1 % de la population et se traduit par des lésions au niveau de l'intestin grêle. Cet état déclenche des troubles digestifs (diarrhée, ballonnements, douleurs...) et empêche l'absorption des nutriments (vitamines, minéraux...), ce qui engendre à la longue des carences donc de la fatigue, de l'anémie, de l'ostéoporose...
Peut-on être intolérant au gluten sans avoir la maladie coeliaque ?
Oui, car le gluten peut favoriser des fermentations intestinales chez certains sujets. On parle alors de « non coeliaque gluten intolérance ». Cela se manifeste par le syndrome de l'intestin irritable, c'est-à-dire une mauvaise digestion et des ballonnements. Contrairement à la maladie coeliaque, cette forme d'intolérance est sans danger pour la santé : elle génère simplement un inconfort digestif.
Quand doit-on suspecter une intolérance ?
On ne soupçonne une maladie coeliaque qu'en cas de diarrhée chronique, d'anémie ou de fatigue anormale : dans ce cas, un prélèvement sanguin ou une biopsie par coloscopie permettent de poser le diagnostic. Pour savoir si on souffre de la « non coeliaque gluten intolérance », il suffit de limiter voire supprimer les aliments incriminés pendant quelques jours pour observer si les troubles digestifs diminuent.
Que faire si l'intolérance est avérée ?
En cas de maladie coeliaque, c'est l'éviction totale du gluten et de tous les produits qui en contiennent : pâtes, pain, céréales, biscuits, pâtisseries....
On les achète estampillés « sans gluten » (dans les magasins et rayons diététiques, mais aussi désormais à des prix plus abordables sous des marques distributeurs), on épluche les étiquettes et on cuisine aux fécules de maïs et de pomme de terre à la place de la farine de blé. Pour conserver un apport suffisant en féculents, on privilégie riz, sarrasin, maïs, quinoa, légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots secs...), pommes de terre.
En cas de simple inconfort digestif, il n'y a pas besoin de supprimer le gluten, juste d'ajuster sa consommation.