Ne pas manger de protéines animales permettrait d'augmenter nos capacités physiques. C'est ce qu'assure Ann Shellard, dans un article publié sur le site du journal britannique The Guardian. La journaliste, sportive régulière, en a fait l'expérience. Elle témoigne être parvenue à « courir plus vite et avoir un meilleur sommeil sans perdre d'énergie ».
Certains sportifs de haut niveau réussissent des exploits physiques tout en respectant un régime végétarien. C'est le cas de Lizzie Armitstead, cycliste britannique médaillée d'argent aux Jeux olympiques de Londres, en 2012. Végétarienne depuis l'âge de 10 ans, elle atteste dans son livre, Running with the Kenyans (Courir avec les Kenyans), que les athlètes kenyans, maîtres des épreuves de course de fond, ne mangent que très peu de viande.
Excès dangereux
Aurore Vial, diététicienne nutritionniste, relativise l'affirmation d'Ann Shellard. Certes, un régime alimentaire végétarien adapté à un sportif ne risque pas de nuire à ses performances, mais aucune étude n'a prouvé ses bénéfices.
Les viandes rouges ne sont néfastes qu'en cas de consommation excessive. « Ces viandes sont souvent plus grasses et donc plus riches en acides gras saturés, difficiles à traiter par les reins et le foie. »
Mais avancer, comme la nutritionniste américaine Jana Yowell, qu'une alimentation trop riche en protéines pourrait favoriser l'ostéoporose - fragilité du squelette due à une diminution de la masse osseuse - est à prendre avec la plus grande prudence. Au contraire, les protéines protègent de l'ostéoporose, et seule une ingestion massive de viande pourrait avoir un effet négatif.
Pour Aurore Vial, un régime végétarien ne comporte pas de dangers s'il contient céréales, légumes secs, laitages et protéines végétales en quantité suffisante. Des compléments alimentaires tels que la levure de bière, le germe de blé ou les protéines de soja peuvent aussi enrichir une alimentation dépourvue de protéines animales.
« Le végétarisme peut présenter un danger pour les gens qui n'ont pas les bons outils en main », met en garde Aurore Vial. Le manque de certains acides aminés risque d'entraîner des carences.
Le végétarisme ne peut être appliqué de la même manière à tous les âges et tous les sexes. La nutritionniste cite le cas des nourrissons allaités avec des laits végétaux. « Une catastrophe. On en récupère parfois dans des cas de grave dénutrition quand ce n'est pas pire. »
Pour s'assurer une alimentation équilibrée, le meilleur conseil reste de varier au maximum les aliments. En ce qui concerne les protéines, la nutritionniste recommande simplement une « consommation raisonnée ».
Julia DUMONT.