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Yvré-l’Évêque. L’abbaye de l’Épau, joyau cistercien... |
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Yvré-l’Évêque, mardi 17 août. L’endroit préféré de Fabien Dumont, la salle capitulaire. © Le Maine Libre
Le Département, qui a racheté l’abbaye royale de l’Épau en 1959, veut en faire un lieu référent de la culture en Sarthe.
Le meilleur moyen pour découvrir ce joyau d’architecture cistercienne, est de se laisser guider par l’un des quatre chargés d’accueil de l’abbaye royale de l’Épau.
Pour cette visite, c’est Fabien Dumont qui nous accompagne. Son enthousiasme et ses anecdotes aiguisent nôtre appétit.

Le cloître de l’abbaye royale de l’Épau. Le Maine Libre
La construction de l’abbaye débute en 1229
S’il retrace le contexte historique, Fabien s’adapte à son auditoire, pas trop long, juste ce qu’il faut. En fait, la Reine Bérengère n’a jamais vu l’abbaye. Il faut savoir qu’elle s’est vraiment battue pour avoir ces terres. Mariée en 1191 à Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, veuve en 1199, le frère du roi, Jean sans terre, refuse de donner à la Reine Bérengère les terres qui lui sont dues. Finalement, après des alliances, elle va finir par recevoir la terre de l’Espal et en prendre possession en 1204 pour y construire une abbaye où elle veut être enterrée. En 1229, elle lance la construction de l’abbaye et meurt un an après.
+ Sarthe. Abbaye de l’Épau : « Bérengère, une reine moderne » selon Dominique Le Mèner
Un lieu de tournage pour « La guerre des Trônes »
Le décor est planté en arrivant devant le cloître. Là , il retrace également l’édification des bâtiments, la construction de l’abbaye va durer jusqu’en 1365, moment où en pleine guerre de Cent Ans, les Manceaux qui ont peur que l’abbaye ne serve de base arrière aux Anglais la brûlent. L’abbatiale va être largement détruite.
Durant une heure, Fabien Dumont sait attiser la curiosité des visiteurs. Il sait aussi revenir au présent. Le scriptorium, là où les moines étaient installés pour copier les manuscrits, a été un lieu de tournage, l’été dernier, pour la série documentaire
La guerre des Trônes
, présentée par Bruno Solo.
+ Sarthe. Patrimoine : le dernier voyage de la reine Bérengère
Jusqu’à 50 moines accueillis
Son endroit préféré ? La salle capitulaire. Déjà d’un point de vue architectural, l’endroit est magnifique avec la clé de voûte centrale qui est ornée de l’agneau mystique. Mais c’est aussi là , où tous les moines se réunissaient et prenaient les grandes décisions concernant le monastère. On pense que l’abbaye, selon la taille du dortoir, a pu accueillir jusqu’à 50 moines à son apogée.
Côté anecdotes, Fabien Dumont, en connaît aussi quelques-unes. Vous saviez que le nez du gisant de la Reine a été refait sept fois, qu’une broche a été posée pour sa main gauche…
S’il y a encore quelques années, les visites se cantonnaient aux bâtiments, désormais, l’extérieur est aussi évoqué. Une abbaye, c’est aussi tout ce qu’il y a autour pour que les moines puissent vivre en autarcie totale avec les bois, le jardin et l’eau.
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Une heure de déambulation dans ce lieu est à peine suffisant pour commencer à se l’approprier. C’est sans doute aussi le but, donner envie aux visiteurs de revenir, de découvrir l’abbaye selon les saisons, la lumière…
>>> Quand l’abbaye s’ouvre au monde
Depuis l’installation de Sarthe Culture en 2016 dans les bâtiments de l’abbaye royale de l’Épau, la mise en valeur et la politique culturelle dynamique ont changé la donne.
80 640 visiteurs en 2019
La preuve par les chiffres, avec un nombre de visiteurs passant de 31 600 visiteurs en 2016 Ã 80 640 en 2019.
Les raisons de ce succès grandissant ? Une programmation culturelle rythmée avec des rendez-vous devenus incontournables comme les festivals (Teriaki, festival de l’Épau…), les expositions photographiques parfois monumentales, la mise en lumière de l’abbaye l’hiver… Mais aussi des expositions ponctuelles comme celle du moment, juste incroyable, « Trésors d’Art Sacré » qui retrace 30 années de restauration de tableaux des églises sarthoises.

Le tunnel immersif de l’exposition « Trésors d’Art Sacré », dans l’abbatiale. Le Maine Libre
Une dynamique verte

Le jardin permacole donne une autre vision de l’abbaye. Le Maine Libre
L’autre raison de ce succès, la mise au vert de l’abbaye avec la création verger conservatoire en 2017, d’un jardin permacole en 2019, l’implantation d’une serre, d’un rucher, d’un poulailler au printemps prochain…
Cette mise en avant de la richesse naturelle de l’abbaye, une façon pédagogique de revenir à l’essentiel comme au temps des moines qui vivaient en totale autarcie.

Des projets sont en cours pour 2022 à la Jumenterie, qui sera bientôt rénovée. CD72
À FAIRE AUTOUR…
L’Arche de la Nature
À quelques encablures de l’abbaye, l’Arche de la Nature, sur 500 hectares, propose un potager, une ferme, des activités natures, des sentiers, des expos, des rencontres, des vélos, des canoës… De quoi occuper tout le monde. Tél. 02 52 60 30 47.
Papéa parc
À moins de deux kilomètres, le parc d’attractions de Florian Sacreste, Papéa parc. Un endroit pour toute la famille avec plus de quarante attractions.
Tarifs : de 19, 5 à 21, 5 €. Ouvert de 10 heures à 18 h 30. Renseignement sur le site internet papeaparc.fr
La cité Plantagenêt
Passage obligé, la cité Plantagenêt, anciennement le Vieux-Mans, avec sa cathédrale, mais aussi une multitude d’animations entre les nombreuses visites guidées de la Maison du Pilier Rouge, le parcours des Chimères, tous les soirs jusqu’au en septembre.
PRATIQUE
Tarifs : de 3 à 5, 5 €. Gratuit pour les -10 ans. Supplément 2 € pour les visites guidées.
Payant : tous les jours de 15 heures à 18 h 30.
Gratuit de 19 heures à 21 heures, les dimanches, lundis, mardis et mercredis et de 19 heures à 23 h 30, les jeudis, vendredis et samedis.
Renseignement au 02 43 84 22 29 – epau.sarthe.fr