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Vibraye. Patrimoine : un passé ravagé par le feu... |
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La visite a débuté au pied de l’église de Vibraye © Le Maine Libre
La commune de Vibraye, au premier coup d’œil, semble relativement moderne. Victime d’un terrible incendie en 1814, son passé semble perdu à jamais… Pourtant, pour Frédérique Caron Lambert, guide conférencière du Pays du Perche Sarthois, le patrimoine de la ville est toujours bien présent. Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, elle a guidé une trentaine de personnes à travers la commune et son histoire.
« L’aspect actuel du centre-ville de Vibraye ne permet pas d’imaginer une origine très ancienne. C’est trompeur ! La première implication humaine à Vibraye date de l’antiquité par la voie romaine reliant Le Mans à Châteaudun. On aurait même découvert un site gaulois… », explique Frédérique Caron Lambert. « Une monnaie avait été frappée durant la période romaine à l’effigie de Vibraye. Nous avons aussi trouvé des monnaies mérovingiennes car nous étions ici dans un ermitage. La zone de la rivière était propice à l’implantation d’habitations. Il y a une histoire très riche ici, il suffit de creuser un peu… ». Explications complétées par les membres du cercle d’histoire locale, intarissables sur le passé de leur commune. « En 1819, le petit-fils du marquis de Vibraye édifie le château de la Justice que tous les Vibraysiens connaissent bien. Il est encore aujourd’hui propriété des descendants du marquis. »
L’incendie de 1814
En avril 1814, un terrible incendie réduit en cendres le passé historique de Vibraye. « Le feu a débuté dans une fabrique de chandelles dans la rue des Sablons. Il s’est propagé dans tout le centre-ville ; la chapelle primitive, l’hôtel de ville, l’église… La majorité du patrimoine est détruite en quelques heures. » Les Vibraysiens ont construit au 19e siècle la physionomie du centre-ville actuel. « Le centre névralgique de la commune est la place de l’hôtel de ville. Ici on a un rayonnement important, les axes routiers s’y croisent. Au XIXe siècle, tous les vendredis déjà, Vibraye accueillait un marché important. Il y avait aussi des foires, sept fois par an. Et les halles qui étaient la propriété du marquis de Vibraye. On voit encore les arcades au rez-de-chaussée de l’actuelle mairie. C’était une ville dynamique. En 1841 il y avait 3 094 habitants à Vibraye, aujourd’hui 2 500. » Frédérique Caron Lambert a aussi mis en lumière le passé industriel de la commune : « Les forges ont un rôle déterminant dans l’accroissement de la population. Il y avait aussi un abattoir dont les portes ont fermé en 1970, il faisait le lien entre les éleveurs et les commerces. Il y avait aussi trois usines de manches à parapluie. »