|
Vibraye. Fermeture de Mecachrome : « Quel gros gâchis ! »... |
5
À la fin de la journée, les croix doivent être déposées devant les grilles de l’entreprise. © Le Maine Libre
À l’appel de l’intersyndicale, les salariés du Mécachrome Vibraye se sont réunis ce jeudi 8 octobre pour manifester contre la fermeture d’une entreprise dans laquelle beaucoup travaillent depuis de nombreuses années.
Les salariés du site vibraysien de Mécachrome se sont réunis dès 6 heures à 500 mètres de leurs locaux, ce jeudi 8 octobre en protestation après l’annonce de la fermeture de l’entreprise. Au moins une cinquantaine d’employés étaient présents ainsi que des représentants d’autres entreprises du département. Banderoles et pancartes étaient de sortie. Et 74 croix plantées sur le rond-point, symbole de la mort de l’entreprise qui fait vivre 74 employés depuis parfois plus de 30 ans.
Les salariés de Mecachrome à #Vibraye sont mobilisés depuis ce matin, 6h, à côté de leur entreprise pour manifester leur refus de la fermeture du site. @lemainelibre pic.twitter.com/QJdTyx0t4Q
— Célia Genest (@CeliaGenest) October 8, 2020
« On avait confiance »
Autour du rond-point, tout le monde se connaît. Sur les 74 employés actuels, beaucoup sont là depuis plus de 20 ans et ont connu l’époque JPX et Rtec. Les deux entreprises sont rachetées par Mécachrome en 2003 quand leur patron prépare sa retraite. Christophe est arrivé en 1995 et se souvient de cette époque : Quand l’entreprise a été vendue, on avait confiance… Maintenant on regrette ! J’ai une maison à La Ferté, mes enfants en garde alternée, des études à payer… Je ne peux pas partir, on ne sait pas ce qu’on va faire.
+ À lire aussi : Vibraye. Une délégation de Mécachrome reçue par les élus
Eric fait partie des plus anciens du site. J’ai fait 32 ans ici
, se souvient-il. J’ai un peu la rage… On a tout fait depuis des années pour l’entreprise.
Comme lui, beaucoup de ses collègues ont passé la majorité de leur carrière dans ces locaux. Ce sont 25 années de Mécachrome pour Pascal : Aujourd’hui, j’ai 45 ans et je suis face à une remise en question quasi totale… On voyait bien les carnets de commandes diminuer, on le voyait arriver mais la direction nous disait « Ce n’est pas fini »… Quel gros gâchis !
Des familles installées dans le secteur
Même si l’annonce de la fermeture n’a surpris personne, elle a été vécue comme un choc. Le plan social prévoit une proposition de reclassement pour la moitié des salariés du site de Vibraye, notamment à Sablé-sur-Sarthe, et un licenciement pour les autres. Mais sur place, peu envisagent d’accepter une mutation, comme Pascal, 28 ans de maison : J’ai 56 ans, une maison à Vibraye, une famille… Je ne vais pas m’amuser à bouger maintenant !
Difficile pour eux d’imaginer déménager et emmener avec eux conjoints et enfants.
Même constat chez les salariés arrivés depuis moins longtemps. Lyes est à Vibraye depuis 2016 et la colère est lisible sur la pancarte qu’il tient : Je n’ai pas eu la Covid mais j’ai la rage !
Le trentenaire est arrivé à une époque où l’entreprise fonctionnait. J’ai acheté une maison au Luart, je vais la revendre et me réinstaller chez mes parents à Paris le temps de rebondir.
Christophe, lui, ne repartira pas en région parisienne. L’acheteur industriel a quitté PSA il y a trois ans pour un bon poste
à Vibraye. Je l’ai fait par choix. Je suis installé à Connerré avec ma femme et mes enfants, on ne va pas tout quitter, on est bien dans la région. C’était un vrai projet familial.
Réunis pour manifester, les salariés de Mécachrome sont résignés mais encore souriants. Le plus dur ça va être le jour où ça sera vraiment fini,
poursuit Pascal. Pour l’instant on est tous ensemble, on tient comme ça, mais quand ça s’arrêtera et qu’on sera seuls ça sera plus difficile.